La fête des goémoniers

Les bretons, ils font des trucs pour se rappeler des temps difficiles et faire plaisir aux touristes -que nous sommes-.
Aujourd’hui, spectacle : la vie des goémoniers au XIX ème siècle.
Les gens à l’époque, ils avaient tellement rien à bouffer qu’ils partaient au large ramasser le goémon -des algues boursouflées avec des grosses verrues- le rapportaient à terre avec des charrettes tirées par des chevaux à marée basse. Puis, ils les faisaient sécher au soleil (enfin ça, ça pouvait être long en Finistère nord), et cuire dans des fours pour que ça devienne de la soude. Après, ils allaient vendre les pains de soude en ville, et ils pouvaient acheter un bout de lard pour mettre dans les patates. La vie était dure.
Chaque année à St Michel une presqu’île de Plouguerneau, ils nous font une journée folklorique, pour faire revivre les jours éprouvés lors d’un ramassage de goémon.
Beaucoup de monde vient voir ça, il y’a de la bière du cidre, des crêpes, des bretons en costume d’époque, des sabots (sur le sable ça n’a pas l’air facile), du bignou et des chansons traditionnelles, et bien sûr ça a l’air amusant. Ils dansent et chantent autour du four qui consume les algues. C’est pas certain, qu’à l’époque le ventre vide et sous la pluie, ils chantaient et riaient de la sorte.
En général ils font ça fin août, le temps est incertain.
Parmi la foule on croise des locaux qui mettent aussi le costume tradi, ça fait exotique.


On croise papi harmonica on regarde une farandole petits doigts en l’air faire deux grands pas à droite un 6 avec les bras, trois petits pas à gauche un 9 avec les bras. Ils ont l’air content. Voilà, on sait danser le breton. Si on veut perfectionner, faut des sabots en bois et un torchon de bécassine sur la tête.
Cette fois il y’avait un vent du nord de force 7, bien fort avec du sable qui fouettait le visage, qui se mettait dans les crêpes et la bière, et qui murmurait à l’oreille des chevaux de ne plus avancer. Alors les barques, chargées de goémon sont arrivées pleine bourre en vent arrière et du coup c’était trop rapide, sont reparties et revenues le temps que la foule s’installe, les chevaux n’avaient pas vraiment envie d’avancer sur le sable, et les chanteurs sur le chariot s’époumonaient à chanter des trucs bretons, pour qu’on comprenne, mais de toute façon, on pige pas le breton.
On s’est lassé assez vite, le cheval récalcitrant ne voulait plus avancer du tout, les gens essayaient de le convaincre -en français, c’est moins fun, le cheval il comprend pas le breton comme nous-, la bière croustillait, les crêpes aussi, la fumée des fours à goémon nous revenait dans la poire, le public n’a pas traîné. Heureusement y’a un troquet pas loin.
Avec de la bière aux algues, mouais.
Pauvre cheval, tout ça pour faire semblant qu’on savait bien s’amuser à l’époque.
Y’avait un petit côté Gotlib, « lou pescadou no pas fraîchou ».

Cet article a été publié dans journaux choddar. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire