oh non ! la R19

L’autre soir de nuit et de pluie, y’a un fangio qui n’a pas vu que la sortie d’autoroute c’était une sortie. Alors il a percuté tellement fort l’arrière de notre carrosse avec Dimitri à l’arrêt, (bah oui, y’avait un stop avec des voitures arrêtées), qu’il a défoncé le plancher qui a avancé sous la voiture avec les portes et le coffre qui ont fait un saut en avant… tout est déformé, le coffre bombé, les portières ne ferment plus, et la bagnole est rentré dans celle de devant.

Eh ben ça n’a pas l’air comme ça, mais l’assurance a décrété, que comme à l’argus elle vaut 100 balles, tant pis on serait dédommagé 1000 balles un coup de pied au cul et merci pour l’enlèvement, direct à la casse.

Génial, t’as une voiture confortable, qui vient d’enquiller trois fois la traversée de la France cet été, et on te dit en gros que t’as qu’à pas avoir un ravent (une vielle caisse pourrie en langue d’oc) et que va racheter des bagnoles un peu modernes pour que la France vive. Vive la France !

Donc il nous reste nos yeux pour pleurer et le trou du cul qui sait pas conduire, il a un petit malus et voilà. Sur le bon coin des R 19 ça vaut plus de 5000 balles, je les trouve légers à l’assurance. Nous, on a perdu une bonne bagnole confortable, célébrée à chaque feu rouge : « oué la mécanique à l’ancienne y’a rien de mieux ! » …  » eh ! c’était la voiture ministérielle en Algérie dans les années 90 !  » … « oh trop bien, mon père il avait la même! » …

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ACDC toujours vivants !

Ces jours ci, dans Paris, on a croisé des tas de gens avec des tee-shirts d’ACDC.
Parce qu’ils sont passés au stade de France. Deux fois. Et ils le remplissent, c’est dingo !
Dire que c’était pas très populaire, quand on était pré-ado, on était pas bien nombreux, et faire les cornes comme Angus, c’était carrément marginal…
Moi en général je ne vais plus qu’à des concerts à taille humaine, mais j’ai été invitée par Jean, -plus précisément, sa femme Marie, merci Marie!- un vieux copain avec qui on a découvert ACDC autour de nos 12/13 ans, et je dois dire que c’était une bonne idée. Car je pensais qu’ils joueraient les derniers morceaux que je ne connais pas, que l’énergie des 70 ans d’Angus serait moindre, et que la voix de Brian serait usée, que ce serait trop grand et que j’y verrais rien du tout… Que le truc est archi-commercial, et la place très
chère… Que c’est la mode, « the place to be » avec des tas de ringards quinqua dans le stade… et tout très cher partout.


Oui les ringards étaient là, (dont moi) avec tout l’attirail convenu, tee-shirt à 50 balles, tatoos à 100 balles et plus, et les cornes qui brillent à 30 balles, la bière à 9 balles la pinte dans un godet ACDC… (pas moi) j’ai pas de fric pour les goodies, et de toute façon, c’est pas pour me la péter, mais ACDC, c’est dans mon sang, ça m’a construit :
J’ai passé en boucle tout un été les trois mêmes cassettes, j’ai d’abord appris l’anglais avec, j’étais en 5ème, je pigeais pas trop le sens de ce que je braillais « shake a leg », ou « you shook me all niiiiight looong… », « whole lotta Rosie » ensuite j’ai appris la basse avec Cliff, j’étais en seconde, y’a pas trop de notes mais t’apprends à être carré-carré.
Eh bien, je n’ai pas été déçue, c’était un super concert !


De là où j’étais, (tribunes en bas à l’est si on considère que la scène c’est le nord), les musiciens étaient grands comme une phalange de mon index ou de mon auriculaire -comprenne qui peut- mais avec les grands écrans et le son -qui m’a surpris aussi- c’était carrément bien ! Une playlist de tout que ce que je connais, des musiciens au taquet, un Angus égal à lui même, même la fameuse « duckwalk » de Chuck, il nous l’a faite 4 fois !
2 h 30 de concert !

Un peu avant le début il s’est mis à pleuvoir avec un éclair, waw !
Ma voisine de 80 ans m’a dit avec un fort accent belge, « oh ça me rappelle en ? Quand ils ont annulé Johnny ! Il pleuvait tellement que ça a tout trempé, ils ont dû arrêter, j’espère que ça va pas faire pareil ! »

Je lui ai dit « mais non, ACDC, ils craignent pas de mourir
électrocutés sur scène, ou foudroyés, mamie, t’inquiète ! »

Blast d’entrée avec « if you want blood » suivi de « back in black », on est comme des fous, on hurle, on fait le chef d’orchestre, on saute.
Enfin moi surtout, dans les tribunes c’était mollasson, ils étaient d’abord assis, et voulaient pas qu’on se lève, par bonheur au premier riff ça s’est levé devant, ouf! et là chacun filme tout avec son téléphone.
Donc si tu chantes, c’est pas bien, si tu sautes ça fait bouger, si tu fais les deux on te demande de te calmer. J’ai fait comme si je comprends pas en niquant à peu près les trois vidéos autour derrière et à coté.
Mais que tu filmes 6 minutes, okaaaaay, mais plus ça sert à rien, tu le sais que le son va être pourri et l’image floue, -surtout si t’es à côté de moi- mais vis le ton concert ! Crie, chante, saute, montre que t’es content !
Tout était parfait !


Même l’intro de Thunderstruck brouillonnne, c’est rien ! Angus a fait des accords au lieu du détaché habituel, ce qui a fait dire au gros-jacques derrière moi qui essayait de suivre le carton playlist comme à l’opéra, « ah c’est « shot down in flames » -qui venait d’être joué, baltringue!
Enchaînement sur d’autres vieux classiques puis ont suivi Hells bells avec la cloche qui descend sur la scène, et des bonnes surprises, « dirty deeds done dirt cheap » et « riff raff » entre les tubes.
Splendide! j’avais plus de voix pour « whole lotta rosie » pas grave je regardais la
navrante scénographie digne du plus mauvais goût ricain, néon rose et rouge sur des gros seins, des grosses lèvres et un gros cul.

Moi je l’imagine belle Rosie, princesse XL chez les putes, pas si vulgaire ni réduite à que ça !
Heureusement, le magistral « let there be rock » a suivi, et Angus a joué tout seul avec une boucle basse-batterie pendant 40 minutes ? Je pense que les autres étaient sous oxygène, comme à chaque fin de morceau, oui, car ça n’enchaînait pas, mais on ne peut pas leur en vouloir, fallait un petit remontant.
Pendant son solo, il tendait l’oreille pour qu’on crie plus fort à chaque fin de riff.
Ce qui a marché moyen, car les quinquas fatigués s’étaient rassis et commençaient à regarder l’heure. C’est un grand solo. Moi j’étais aux anges, il aurait pu péter dans le micro j’étais à bloc.
Et enfin le rappel TNT et final magistral avec les canons, « for those about to rock » !!!!

Bon j’ai pas vu la première partie, « pretty reckless » on est arrivés pour le rappel, car on avait apéro pendant ce temps, alors je n’en parle pas.

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Qu’est-ce qu’on fait à nos vieux ?

Les vieux, quand ils deviennent malades, fous, et qu’ils déclinent, ça fait flipper. Comme on n’a pas pris le temps de réfléchir aux solutions, on n’anticipe rien, et on les enferme, comme tout ce qui dérange un peu : les fous, les handicapés, les asociaux, les repris de justice… Pour leur bien.

On les enferme, ou on essaie de contrôler tout ce qu’ils font pour les protéger d’eux-mêmes ; parce qu’ils foutent le feu, oublient le gaz, se cassent la gueule, n’arrivent plus à communiquer très bien, ne ressemblent plus à ce qu’ils étaient, alors on flippe. On leur enlève tout des mains, parce qu’on n’a pas le temps, parce qu’on n’a pas la patience, parce que c’est chiant de répéter dix fois et d’aller à leur rythme d’escargot. Ils s’emmerdent mais ça nous rassure.

Le problème c’est que malgré le pognon que ça coûte, ils sont pas forcément mieux. Les institutions fonctionnent mal avec des gens payés au lance-pierre peu empathiques, des journées militaires, sans douche faute de temps, sans protections faute de ? on se demande bien quoi… alors bien sûr c’est moins pire que d’abandonner pépé sur sa chaise roulante dans la grange à bétail, mais sérieux, quand t’as jamais aimé la collectivité, te retrouver d’un coup avec des tas de vieux que tu connais pas, et/ou que t’aimes pas, te retrouver obligé d’attendre que quelqu’un veuille bien t’emmener boire un coup en ville, faire une balade aller au magasin avec ton argent… Même quand ils sont à domicile, leur emploi du temps est soumis aux rendez-vous médicaux divers, et à des habitudes horaires millimétrées censés les maintenir dans une forme relative, qui rassure les proches. Les vieux des pauvres qui restent en famille faute de moyen, s’en sortent peut être un peu mieux, si toute la famille se relaie, et que c’est pas uniquement la belle-fille agacée qui se tape tout. Ou bien ils terminent dans l’étable ou le cagibi.

Quand t’as été indépendant, autonome, voir anti-social, quand t’as milité pour la liberté, te retrouver cornaqué sans autre avenir possible que celui d’attendre la mort, -qui peut en plus mettre un certain temps- peut-être que t’aurais préféré mourir avant avec le gaz ouvert. C’est le cas dans Vortex, le film de Gaspard Noé qui traite du problème d’Azheimer, et curieusement, c’est pas triste, au moins ça respecte le choix de la personne. Mon vieux voisin breton qui se baladait à poil dans son jardin, et mangeait approximativement dans la nuit, et qui risquait de casser la gueule dans l’escalier, ou d’aller en mer se noyer n’a pas eu cette chance : un jour, on l’a emmené, on a tué ses 27 chats et il a terminé salement en EHPAD pas cher.

Alors vu le tas de vieux à venir qui va bientôt nous submerger, on devrait un peu plus réfléchir à des alternatives qui correspondraient un peu mieux aux vieux idéalistes qui le sont restés, et de leur envisager une fin de vie un peu plus rock and roll. J’ai des tas d’idées.

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Un co-voit’ à l’ancienne

Le stop, l’hébergement, faisaient partie des services d’échanges sociaux, et
ça créait des relations humaines minimum même éphémères.
Tout se vend et s’achète, tout est devenu numérique, capitaliste, zarma
pratique, avec son lot de niaiseries à l’américaine, injonction « notez !» avec
des étoiles et un commentaire insipide, bien normé et banal à souhait.
Airbnb au tout début, on allait pas cher dans un appart habité chez quelqu’un,
tu voyais sa tronche, il te filait ses clés, y’avait un côté sympa, parfois il te
laissait une bouteille de bienvenue, tu voyais ses films, ses bouquins, sa
bouffe, le temps d’une loc’ moins chère qu’un hôtel, c’était amical.
Aujourd’hui c’est devenu le plan crevard-échange zéro : tu récupères les clés
dans une boîte à clés, tu te retrouves dans un appart’ aseptisé et cher, vidé
de tout, meublé en blanc au plus strict minimum, on dirait une chambre
d’hôpital. Tu connais même pas la voix de ton hôte et on se note
mutuellement, sur une impression limitée à « t’as pas intérêt d’avoir cassé un
verre ».
Et bien sûr, y’a de plus en plus de propriétaires qui font du fric avec ça, c’est
devenu un bizness.


Le stop c’était bien, mais depuis que des trous du cul américains, ont rendu
le stop achetable (surtout pour leur plateforme qui ramasse deux balles sur
chaque voyage), des conducteurs rentabilisent, le trajet, l’achat de la caisse,
et leur temps de conduite en devenant des pros du blabla car. Et toi, pauvre
con, tu le prends quand même car c’est toujours moins cher et parfois plus
rapide que le train. -Que le TER en tous cas-.
J’utilise de temps à autre des blabla covoit’ Marseille-bled de ma mère, pour
éviter les trois heures et demi de train vs une heure quarante par l’A51.
Y’en a eu des très sympas, mais les derniers, j’avais noté cette tendance à
l’efficacité, l’aseptisation de la relation, la gentrification du service, l’absence
d’authenticité dans l’échange. Échange le plus pertinent concernant le boulot,
(à chaque fois ma réponse n’est pas conforme, je le sens bien), et la raison
du trajet. En un mot on s’emmerde presqu’autant que dans le train, où
chacun se branche avec des écouteurs et dit à peine pardon quand il se
précipite à la sortie du train pour ??? pas être en retard dans le métro.


Mon covoit’ d’hier a été tout l’inverse et c’était super.
C’est un vieux gars, (de mon âge mais il fait plus vieux) qui a une BMW
d’avant. Il me prévient le matin, « ah euh beh c’est grave si on part une heure
plus tard ? » non je m’en fous je me balade dans Marseille, j’aime bien j’ai un
bouquin… Il se pointe à l’heure décalée convenue, avec 13 ,15 mn de
retard… Il sort de la caisse, c’est un grand mec rebeu maigre, marqué par les
aventures marseillaises qu’on peut imaginer et un mini chignon sur le crâne,
comme font les gars bientôt chauves qui ne veulent pas se résoudre à tout
virer. Il sourit, ouvre le coffre, la petite étudiante minette, sympa, à destination
de Grenoble pose sa valoche et monte à l’arrière. Moi devant, le privilège de
l’âge, avec mon ptit sac à dos de rien du tout.


En voiture Simone !
Il nous dit dès l’autoroute, « il devait y avoir un gars pour Péruis, mais il a
annulé, à cause de l’heure de départ tardive. Et je sais pas où c’est Aspres, là
où vous allez, moi je vais à Annecy, je vais mettre waze, mais c’est chiant
pour mettre la musique alors si vous connaissez… »
« Ah oui pas de problème, faut aller à Grenoble par l’A51 et Aspres c’est sur
la route » « ok… la musique ça vous va si je mets du rap ? Ah je devine que
Sidonie pas trop, vous inquiétez pas j’ai du rock aussi, BB King et d’autres,
ah mais vous Claire (la petite jeune) de toute façon c’est pas votre époque
hein ? » Là il fait un trafic tout en conduisant de mettre waze sur son
téléphone, et de farfouiller dans son sac pour trouver la clé USB et ses
clopes, comme la voiture zigzague un peu, Claire se propose de lui installer
waze pendant qu’il récupère le volant . « ah c’est gentil ça, vous inquiétez
pas hein, c’est pas pour me vanter mais la voiture je connais, je conduis bien,
j’ai jamais d’accident »… « ça vous ennuie pas que je fume dans la voiture ?
Pas du shit hein ahah !! » Là, tout en jetant un œil sur le cendrier plein à
craquer de mégots de divers matériel, je lui montre l’embranchement à droite
pour l’A51, « ah ouais ? On peut aller à Grenoble comme ça ? Moi d’hab’ je
passe par Valence, vers Lyon et Grenoble, et Annecy »…
Là je pige que le gars, il a même pas regardé c’est où qu’on va quand.


C’est marrant, en fait je suis pas pressée, la gamine non plus, elle rentre
chez ses parents, c’est détendu, y’a pas de lézard.
On roule jusqu’à Manosque bien comme il faut c’est une BMW y’a 6 vitesses,
du coup on s’en sert «ah merde, z’avez pas vu un flash là ? » bah non j’ai
rien vu j’ai même pas fait gaffe qu’on va un peu vite, c’est confort la BMW.
« oh les filles ça vous ennuie pas qu’on s’arrête ? Je dois faire de l’essence,
faut que j’appelle mon gamin, c’est son anniv’ il a 24 ans… pis j’ai envie d’un
café, vous voulez pas un café, c’est pour moi si vous avez faim aussi,
n’hésitez pas hein ? »
Trop cool, on prend le temps d’un café dans le soleil rasant, (ça n’arrive pas
ça en blablacar, c’est d’un point A à un point B, rapido, tout en conversations
le plus lisse possible ) il nous montre les arbres qu’il a plantés dans son carré
de jardin d’une petite baraque qu’il loue derrière l’Estaque. « ah vous voyez,
y’a un figuier, un citronnier, un mandarinier, et j’ai récupéré du fumier, y’a des
trucs qui poussent tout seul, regarde y’a un avocat et un arbuste je ne sais
pas ce que c’est… »
Ensuite, il appelle son petit « bah alors t’as récupéré le gâteau à la pâtisserie
du coin ? t’as vu il est bien hein ?ah… ah oui… Ben fallait me dire si tu
voulais de la viande ! » Y’a le son on entend le fiston remercier et dire
« t’inquiète papa, on a tout ce qu’il faut, bonne route ! À mardi ! ». Le temps
de la clope, du sandwich, du pipi, on reprend la route. On comprend que c’est
un bon papa, après il nous dit « à la prochaine pause je vous montre une
photo de lui, il est trop beau, c’est tout sa mère hein, heureusement, pasque
moi ahah ! »
En route il appelle un gars au milieu d’une musique hard-core de Booba,
-peut être qu’il a conscience que les paroles nous indisposent, nous les
meufs- « allo ! oh gars ! c’est toi qui est sur Annecy, t’es bien…machin à qui je
dois filer heu…le truc… ouais, là je te rappelle taleur? … ah non t’es pas
machin ? Ah ben ok d’accord j’ai dû me gourer de gars » et à nous « ouais,
je vais chez des potes, j’ai fait une formation de pâtissier à Annecy l’an
dernier, et ce soir on fait un weekend avec des anciens de la formation ».
On est presque à Château Arnoux, on écoute en vrac, BB king « ah j’ai voulu
le voir à Juan les pins, il venait tous les ans, j’ai jamais réussi à y aller, et
maintenant il est mort » playlist de Booba (berk), Mister You (rap mieux)
Supertramp (?) Cock Robin, les Stones, Jul (wa), Lou Reed, et autres
entrecoupés de coups de fils de rencarts foireux à venir.


Là il me demande ce que je vais bricoler dans un bled pareil, on a quitté
l’autoroute à Sisteron, on attaque la route des petits bleds du Buëch, celle qui
va l’emmener à Lus la croix Haute et le Trièves beau, mais dans le noir c’est
juste long, Grenoble enfin, et il va encore se fader une heure et demi pour
Annecy. Il est content même si ça tourne dans la montagne car le péage c’est
carrément moins cher que par l’A7. Donc je répond que je vais vois ma
maman, le gars, il retient ses larmes, et sa voix se casse « ah les mamans
c’est important ! La mienne aussi elle a Alzheimer, ah làlà, c’est terrible cette
maladie, ça me démonte à chaque fois que j’y vais, parce qu’elle est en
maison, j’y vais dès que je peux, je sors, je pleure ».


Encore deux trois petits bleds et on arrive à Aspres « tu veux pas que je te
rapproche du bled de ta famille ? Si ça dérange pas Claire (qui comme moi
n’en a plus rien à foutre du temps que ça prend, on a deux heures dans le
nez par rapport à l’heure indiquée sur blabla mon cul) ma parole, je te
rapproche ! »
« T’inquiète je suis attendue à Aspres et c’est ta route va pas te détourner,
peut être que Claire aimerait manger à table à une heure conventionnelle
avec ses parents ce soir ».
Encore quelques bons petits morceaux de tout, et je termine mon voyage
avec l’équipe sympa et Little Richard sur le parking de la gare d’Aspres.
J’ai rejoint mes parents qui -faute de troquet ouvert- avaient eu le temps de
visiter chaque maison, la gare et la poste d’Aspres, mais c’est de loin même
avec du retard, le trajet le plus authentique et sincère jamais effectué en
blabla.


Sur l’appli il était noté comme le gars foutraque, qui n‘assure pas, toujours en
retard et tout.
Je lui ai mis plein d’étoiles je préfère de loin un humain sympa en retard
qu’un froid connard de flic de la PAF -car ça m’est arrivé- à l’heure

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Chambre 666

La dernière personne que t’as vue avant de mourir c’est moi.
Je suis arrivée dans cet hosto-mouroir où des vieux zombies déambulaient.
L’odeur est mieux que ce à quoi je m’attendais, c’est relativement propre, mais y’a
pas de personnel qui se précipite.
En entrant je vois une dame à quatre pattes qui lèche par terre, sa fille la suppliant
de se relever… J’entends quelqu’un crier « je veux sortir, laissez moi, nan ! »…
Un gros bonhomme chauve en slip pousse un déambulateur en souriant au vent…


Je demande à une infirmière qui fait des trucs en même temps qu’elle te répond, où
tu te trouves, « chambre 666 ». Je me dis «waw, porte de l’enfer, 666 the number
of the beast dit Iron Maiden », c’est un labyrinthe, la 666 est tout au fond d’un
couloir vide. Je frappe à la porte pas de réponse, j’entre. Je dis « oh pardon
Monsieur, je me suis trompée ».


Je retourne en arrière dans le labyrinthe je retrouve l’unique infirmière qui fait
toujours des trucs sur un écran à qui je redemande où t’es, que je me suis
certainement trompée. Ah ! elle me redit toute vénère « la 666 je viens de vous le
dire ». Ah ben merde je t’ai pas reconnu, faut dire que t’y mets pas du tien aussi,
t’es tout jaune, perfusé de partout, sans lunettes, et t’as un respirateur sur la face,
qui te donne un air de plongeur sous-marin.
Vu qu’en plus tu parles pas, bonjour la communication. J’y retourne, « pardon mon
vieux t’a vraiment une sale gueule. » Pas de réponse.
J’essaie un truc, je te dis, « bon ben quand je te cause, si c’est oui tu serres mes
doigts » Ah que je suis con t’es paralysé des avant-bras et des mains… on essaie
un autre truc ? « Si c’est non tu clignes des yeux ok ? » Là non plus rien du tout :
t’as la tête penchée sur le côté les yeux vides à demi-fermés, qui clignent pas…

Tu respires mécaniquement avec un masque à oxygène et un truc qui se gonfle sur ta poitrine quand tu expires, ça fait le bruit de Dark Vador.
Je t’ai apporté une compote et une crème au chocolat, tes amis m’ont dit que c’est
le seul petit plaisir qui te reste. T’as une perf de je me demande quoi, qui a l’air vide depuis un bail, je ne sais pas quoi faire, alors je te donne des nouvelles du quartier, du troquet où on se croisait souvent à l’apéro.

La télé diffuse en boucle, l’élection de Trump, l’inquiétude ukrainienne, la joie de
Nethaniaou, normalement ça devrait te faire plaisir vu que t’es de droite.
Aucune expression, je me demande même si t’es conscient, de ma présence de la
télé, de l’endroit où tu te trouves.
Tu me rappelles ce pauvre pigeon presque mort, qui ouvrait le bec péniblement en attendant la mort, et que j’avais achevé avec un gros sac de gravas sur la tronche.


Je te demande si, puisque t’as bien l’air d’être dans le cas de ce pigeon, tu préfères
pas que je te sorte de là, pour revenir mourir chez toi entre ton chien ton chat et ton
connard de mec royaliste, que t’aimes bien quand même.
C’est la télé qui me répond.
Je ne sais pas trop quoi faire, tout en continuant de bavasser des banalités, j’ouvre
la crème au chocolat, pour te faire téter un peu de mon doigt sous ton masque
respiratoire.
Tu sais même plus téter, pourtant quand on naît, c’est un truc inné, ça devrait pas
s’oublier.

C’est le moment que choisit l’infirmière -qui a lâché son écran-pour faire irruption
dans la chambre… je range mes doigts au chocolat, je fais semblant de « oh t’as
vu son masque était pas bien mis », je te remets bien en essuyant le barbouillage
au chocolat du mieux que je peux.
Je lui pose quelques questions qui ont bien l’air de la saouler, auxquelles elle
répond froidement sans une once d’empathie. Pendant ce temps elle te secoue
dans tous les sens pour te rasseoir bien en face de la télé.
« … non c’est pas de la morphine, c’est des antibios, non on le débranche pas, oui il
a fait une fausse route (avalé de traviole) la veille, non on lui donne rien à manger,
surtout pas, puis je viens lui changer le compte goutte vide… » pour obtenir ces
réponses, je suis obligée d’insister, je la fais super chier, je suis une vraie casse-couilles, ça se voit dans son regard réprobateur.


J’insiste « des antibios ? Mais là, il est en train de mourir non ? Il meurt ou pas ?
Ça n’a pas l’air génial ? Donc s’il meurt, je peux bien lui donner sa petite crème au
chocolat ? » « Non, c’est absolument interdit sinon il va mourir !!! »
???!!!??? et elle se barre pour aller secouer d’autres vieux inertes.
Je te rassieds confortablement, un peu moins assis, sinon ta scoliose va en prendre
un coup, et en te touchant je vois que tu transpires à mort.
Je vais chercher des petites serviettes mouillées et je te les passe sur la figure,
sous le masque, dans le cou, sur le tas d’os de ton torse.
Puis je te dis, « bon à lundi j’espère que ça ira mieux et qu’on pourra terminer cette petite crème au chocolat ».


J’essaie les lumières non c’est sinistre ou ça fait salle d’op’, je choisis d’éteindre
de toute façon, il fera bientôt nuit.
Je referme la porte des enfers.
Je me casse de ce sinistre endroit, il est 17h.


T’es mort à 5 h du mat, tout seul, dans le noir dans une chambre surchauffée avec
la gueule de Trump comme décor.
Je regrette de ne pas avoir eu le courage de te débrancher, je t’aurais donné toute
ta crème au chocolat à en crever, mais je t’aurais épargné 12 heures d’agonie.


Te voilà enfin libéré, mon vieux con de droite, j’espère.

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Métal l’exposition son et images (mais surtout images)

L’exposition Metal à la Villette, a le mérite d’exister : c’est déjà pas mal, mais comme le professeur Rollin, j’ai toujours quelque chose à dire.

On entre et Robert Plant (Led Zeppelin) nous accueille dans un concert de 73 sur un grand écran, suivi de Black Sabbath qui joue « black sab' » justement.
C’est pour montrer que tout vient de là, ça commence pédagogique : Le triton, l’accord du diable et hop avec une bonne vieille Gibson SG et une pédale de saturation, c’est parti, on fait du hard rock.

Puis c’est suivi d’ une grande salle pleines d’objets « cultes », la batterie de Bonham -de Led Zep’- la basse de Lemmy (Motorhead), un Alien tout chromé, des vitraux moches avec les morts du métal représentés comme des saints.


Le choix artistique de l’expo, c’est de nous plonger dans un univers qui serait « cher aux métalleux » (un parti pris à la légère, parce qu’on est plusieurs à ne pas adhérer au délire religieux avec vitraux moches qui servent d’écrans dans une salle en forme d’abside… ça se veut gothique…


On nous explique rapido dans des mini paragraphe et quelques exemples, les 7 chapelles du hard rock principales, heavy, hard core… -que 7-
Là je me dis « tiens y’a pas glam ?  » « tiens y’a pas thrash? » donc adieu la pédagogie, les vitraux moches servent à diffuser pêle-mêle, des extraits trop courts de concerts, une intro de Metallica, un mini Sepultura « Roots bloody rien », un Axl Rose qui se dandine sur scène, même pas un refrain entier, une phrase de Soulfly, une image de Behemoth…
Un son et lumière tik tok.

Sur cette salle principale censée nous donner des tuyaux sur la suite des événements, y’ rien de concret, trois notes d’ Iron Maiden (emblématique quand même ! ça méritait un peu plus) ACDC ? tombé dans l’oubli, rien sur la fusion (à part le masque utilisé par Infectious Groove), rien sur le stoner, rien sur le grunge, rien sur l’indus… oubliés les Queens of The Stone Age, Living colors, Nirvana, Fishbone, Rage Against the machine, Foo fighters, Rammstein, Anthrax… à part des objets (la guillotine d’Alice Cooper, l’arbalète de Rammstein, des costumes et des accessoires…) et des minutes coupées de gros son.

Et !!! aucun groupe de filles, on peut pas oublier les Runaways !!! Joan Jett, Lita Ford , ni -même si j’étais pas fan- Doro, Vixen, les Donnas, Pat Benatar, Lee Aron, et les protégées de Lemmy ! (au sujet de Lemmy y’a tout un culte, du blabla des objets, là encore, pas une chanson entière de Motorhead), Girlschool, Wendy o’ Williams, rien sur Nashville Pussy (bien copains avec Lemmy), même pas une photo de Ruyter Suys, (on dit d’elle que c’est la version féminine d’Angus Young).

Dans la salle « métal français », ils ont oublié Vulcain !!! cité vite fait les noms, même pas montré les démos qu’on s’échangeait début 90, non à la place, y’a un juke-box moderne avec des gars qui viennent de passer au Hellfest dont tu connais pas le nom, donc en fin de compte à part Lofofora, Mass Hystéria, Loudblast, Gojira et Trust, tu peux toujours chercher un son de Blasphème ou d’ADX, de No return, de MST, Killers, Satan Jokers, Warning, rien. (…et bien sûr pas Witches, mais ça, c’est une autre histoire…)

On aurait pu, par exemple, mettre des casques avec une petit encadré pour montrer le style (pour les gens pas spécialistes), et des anecdotes un peu sympas, et de sons représentatifs des styles… laisser couler un concert entier dans une salle, des longs extraits de Hellfest, bref de la musique puisque c’est bien ça qu’on et venus voir/écouter.

Reste une salle avec des tee-shirts, et une reconstruction de chambre typique de métalleux, riche par contre : y’a un frigo Marshall, une guitare BC rich à 10 000 francs à l’époque, la PS des années 90, un truc cher Black Sabbath, et tout est bien rangé les vinyles, les places de concerts… on était d’accord avec les copains pour dire que chez nous c’était pas comme ça : on avait des démos K7, on dessinait nous même les logos de groupes sur nos vestes en jean, on pouvait pas se payer autre chose, que des instruments Yamaha et Charvel.

On trouve aussi quelques photos avec des métalleux africains et asiatiques pour dire que c’est mondial, mais y’a pas de sons, du coup on se demande à quoi peut bien ressembler du métal africain…

Le truc le mieux réussi finalement, c’est la fresque quand tu sors avec les ramifications explicatives

La prochaine fois faites appel à moi, y’aura du gros son qu’on a le temps d’écouter.


(Au moins l’expo sur Fela on avait deux salles avec des concerts d’une heure si on voulait.)

Runaways

tee-shirt le plus drôle

Batterie de Bonham -Led Zep-

Chapeau de Buckethead et masque d’Infectious groove

On nous signale la mort de Cliff Burton et celle de Lemmy… -choix artistique discutable-

…suivi des vitraux qui deviennent des écrans ; ici, l’écran avec Selputura qui a à peine le temps de dire « bloody roo/ »… de Lofofora seul représentant audio des métalleux français, (avec Trust « antisocial) les autres groupes sont récents, on a zappé les anciens …

Avant de sortir on revient à la pédagogie, voilà comment ça s’est passé. C’est marrant de voir tous ces objets de l’exposition, mais on reste sur notre fin en ce qui concerne les genres et les sons. Ce serait bien d’avoir un groupe fondamental et ses petits, représentatifs de chaque sous-genre.

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« Mobilités »

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A l’aube des jeux olympiques et paralympiques, se déplacer dans Paris, en situation de handicap, relève d’un effort équivalent aux épreuves athlétiques à venir, pourtant le réseau de transports parisien s’appelle « Mobilités »

Un trajet simple avec une personne vieillissante, qui marche bien mais lentement avec une canne se transforme en marathon, prenons l’exemple Olympiades- Gare de Lyon :
Si le premier ascenseur fonctionne, le portillon normal, se refermant trop vite, nous tentons le portillon-poussette, qui à peine ouvert se referme déjà sur la personne en train d’avancer. (Parfois, la valise reste de l’autre côté).

Le second ascenseur qui permet l’accès aux quais, fonctionne aléatoirement, il faut souvent revenir en arrière et utiliser les escalators. Ce n’est pas évident pour les personnes lentes ou bancales de choper le train en marche, et difficulté supplémentaire, l’escalator ne descend pas jusqu’au bout.
Malgré la construction récente de la ligne 14, il reste toujours une volée de 12 marches en bas (???) peut être qu’il n‘y avait plus de sous, ou bien, ils ont creusé plus profond que prévu. (« ah zut, on a déjà commandé les escalators ! »).

L’alternative du bus, c’est pas mieux, au mieux quatre places accessibles, toujours occupées, et des marches de 20 cm compliquent l’accès aux autres sièges.
Tant pis pour les hanches douloureuses, les ligaments fragiles, les chevilles tordues, les Charcot, les Parkinson, et les sclérosés en plaques. Quant aux chaises roulantes, elles s’en remettront au bon vouloir des voyageurs pas trop pressés et costauds.

Nous voici dans le métro, par bonheur, comme c’est le terminus, on a une place assise.
Arrivée Gare de Lyon, (350 000 voyageurs par jour), nous voici à la recherche d’un ascenseur (raté car en construction depuis deux ans) pour aller aux quais d’embarquement SNCF.
En remplacement de l’ascenseur en construction, deux escalators étroits (dont un en panne), 350 mètres de couloirs pour trouver un autre escalator.
Si c’est l’heure de pointe, grandes chances de se faire bousculer plusieurs fois.

Nous voici enfin Hall 1. Des panneaux indiquent que « pour notre confort, la SNCF fait plein d’efforts pendant les travaux d’amélioration». La preuve, il y a quatre chaises occupées par des encore plus bancals que nous, en plein courant d’air, au milieu des bruits de marteau-piqueur.
Nous nous précipitons dans un simili bar bio qui communique beaucoup pour vendre des cafés plus chers que bons, et qui prétend faire travailler des « baristas passionnés », bar sans toilettes. (J’ai pensé au personnel).

Les personnes âgées qui viennent d’affronter les transports et n’ont eu qu’un petit répit assises devant un mauvais café tiède, repartent en expédition pour se soulager.
Car l’unique toilette de la gare de Lyon (j’insiste, 350 000 voyageurs par jour) se trouve Hall 3 sur le quai tout à gauche, c’est à dire qu’il faut traverser toute la gare, avec canne et valise, au milieu d’un tas de gens pressés de ne pas rater leur train. Train, dont le quai vient d’être indiqué 10 mn avant le départ, bonjour si on est pas dans le bon Hall.

Pour finir, le quai du train est indiqué 10 mn avant, et par bonheur on était voiture 3, ce qui fait qu’on a eu le temps de monter dedans à la bonne place.
Heureusement, on était pas voiture 25, sinon on aurait voyagé debout en voiture 5, le max que tu peux atteindre avant le départ, si t’es à 2km/h…

Voilà, ça leur fait des bonnes journées aux bancals et aux vieux quand ils prennent les transports publics privés.

Deux marches pour s’asseoir dans le bus 27

Un bar chic mais sans toilettes

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Lettre à Attal

Monsieur Attal,

Je suis consternée de voir que ce qui vous tient à cœur est en premier lieu est d’augmenter la paye des vôtres, et pour nous achever, dans « le même temps », (cher à votre camarade d’école président), de nous retirer l’ASS, un choix de vie de bohème (vous devez en être convaincu) pour beaucoup d’entre nous – ?200 000 sur 67 millions-. Enfin, c’est votre point de vue, je vous propose de nous dire combien de temps v ous mettez à dépenser 455 euros, maigre substitut de survie pour les bénéficiaires de l’ASS.

Également il faut faire travailler les RSA rien ne justifie à vos yeux l’oisiveté et la joie de vivre d’un jean-foutre trop heureux.

Pour votre information, il n’y a pas beaucoup de personnes qui choisissent le RSA par plaisir, je suis certaine que si vous leur proposiez un siège au sénat ou à l’assemblée, ils n’hésiteraient pas une seconde.

Pourtant, vous piétinez sans cesse les valeurs de la république : l’égalité via la solidarité acquise en 36, l’accès aux droits que vous mettez à mal, en écrasant les restes du l’aide sociale (il faut la mériter comme en Amérique)… 

Et la fraternité, également, que vous attaquez avec la loi immigration, et enfin la liberté.

Ah ça, la liberté c’est un vrai problème pour les gouvernements successifs : de plus en plus surveillé, tracé par les cartes à puces, transport, paiement, santé, technologies, téléphonie, toute inscription est dans un data quelconque… le système France connect un splendide outil de surveillance générale, pour bien regarder qui fait quoi quand et qui gagne quoi, qui va où, je suis étonnée qu’autant de fraude fiscale nous file sous le nez avec un système aussi parfait.

Y aurait il deux poids deux mesures ? 

Ce qui me navre par dessus tout, c’est que vous n’avez pas réalisé (je l’espère, sinon cela risquerait de ressembler à du cynisme) que les jeunes générations sont encore plus en galère que leur parents, aucune perspective de travail fixe et enrichissant, impossible d’accéder aux logements, à moins d’être bien nés, naturellement comme vos pairs du gouvernement. Réactionnaire à ce point, à votre âge, il me semblait que ça n’avait pas existé depuis Sarkozy.

Une maison et une voiture sont déjà prévus et l’entre soi favorise l’accès aux ministères.

Nous, nos enfants de RSA et ASS vont au mieux à la fac, et trouvent s’ils le peuvent des boulots de smicards à vie, qui leur permettront tout juste de payer un loyer s’ils sont en couple sinon, ils dépendent… Des ASS et du RSA. Et vont devoir travailler 20 heures pour le mériter au lieu de chercher un vrai travail (si tenté qu’il en existe encore en dehors des métiers sécuritaires ou guerriers).

« Les français » dont vous nous rabattez les oreilles ne votent pas pour vous, les vieux votent Le Pen les jeunes ne votent plus. Ou Le Pen aussi par désespoir.

Il serait vraiment temps de retrouver une politique qui nous rend ce qui faisait bon vivre en France, les congés payés, la santé, l’éducation, la fraternité :  on n’est pas exigeant, on veut vivre notre vie paisiblement, sans yachts, sans luxe, sans pognon de dingue, sans dents s’il le faut.

On s’accommoderait bien de 7/8000 euros mensuels, bon je comprends que notre éloquence ne vaut pas celle d’un premier ministre, alors disons 2500 par personne, en guise de geste solidaire ? 

Le pognon de dingue se trouve dans le sous-sol de la banque de France, à moins que Sarko n’aie distribué toute la caisse en 2007, mais si vous voulez un tuyau, y’en a plein dans les comptes offshore des riches.

Dans l’attente de votre démonstration de reconquête des valeurs de la France (avant qu’elles ne partent trop à droite droite) je ne vous remercie pas pour vos annonces totalement inquiétantes pour la France d’en bas que nous sommes.

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Gardien de prison, un métier d’avenir

A la vitesse où on sur-remplit les prisons, avec le plus souvent, des petits dealers, des petits voleurs, des petits arnaqueurs, beaucoup de fous, une majorité de hors société plus que hors la loi, y’a du boulot à venir !

L’état va construire encore des prisons neuves pour désengorger le trop plein, au lieu de réfléchir à de la prévention, et de l’éducation, rien de nouveau, plus une société est débile, plus on enferme les gens.

C’est encore mieux, ça procure des emplois à des gens qui ne savent rien faire d’autre, et donc on retrouve du côté des matons, le même genre de population qu’à l’intérieur des prisons.

Tout est bien qui finit bien : au lieu de s’occuper d’élever le niveau des personnes on les enferme ensemble, les bandits et les pauvres cons. C’est économique, la formation pour ouvrir des portes avec des clés est très rapide, et le mépris corrélé à l’abus de pouvoir est quasi-inné, en particulier chez des gens en manque de reconnaissance.

Voilà pourquoi, quand on va rendre visite ou déposer des objets à un proche en prison, on devient inévitablement humble et docile, en un mot on fait pas le malin. Depuis les tentatives téléphoniques répétées pour un simple rendez-vous (compter en moyenne deux heures d’essais) jusqu’au dépôt de vêtement, c’est le parcours du combattant :

Au téléphone, quand ça décroche enfin, on est sur le qui-vive, si par malheur ça raccroche, pour un mot d’agacement, une incompréhension… on devient d’entrée le jouet de l’interlocuteur procédurier. Bref c’est l’angoisse, parfois, on obtient une date qu’on ose à peine faire répéter à l’agacé(e), de peur de faire s’effondrer tout le travail précédent en un raccrochage fatal.

Une fois le sésame en main, pour aller porter un pauvre sac, avec des restrictions dignes d’un aéroport en zone de guerre, (couleur taille et formes à respecter), il faut se rendre une heure avant le rendez-vous, donc la plupart des prisons n’étant pas au centre-ville, compter la demi-journée. La plupart des gens prennent une journée de congé.

Quand on arrive devant, il faut attendre à l’extérieur jusqu’à ce que le gardien décide d’ouvrir, et nous contrôle un par un, carte d’identité et rendez-vous.

Parfois, il arrive qu’un parent vienne sans rendez-vous porter un sac en urgence, c’est au bon vouloir du maton n° 1 qui va demander au maton n°2 qui va demander au supérieur, qui acquiescera ou pas selon ce qu’il aura mangé à la cantine. Sinon, le parent repart avec un n° de téléphone, le même que trois paragraphes au dessus.

Les permis de visite, c ‘est plus compliqué, il faut d’abord envoyer tout un tas de trucs administratifs au tribunal, qui, s’il dit oui, (compter trois semaines minimum) renvoie les personnes sur la même plateforme téléphonique ci dessus. Par bonheur ils sont en train de dématérialiser la prise de rendez-vous, on peut réserver un créneau de visite sur le net, mais pas pour les vêtements. Et naturellement, on a pas le droit d’apporter des vêtements le jour du parloir, sinon, c’est trop simple.

Le personnel des prisons qui s’ennuie, n’est pas réellement sympathique : d’abord comme des cons, ils ont choisi de s’enfermer tout seul, et puis il faut toujours garder son mini pouvoir de faire chier le monde, c’est tout ce qui leur reste dans leur vie de con qui s’est enfermé tout seul. De façon générale, on a constaté que le service public n’existe plus vraiment, et qu’on est très souvent à la merci du bon vouloir des administratifs, comme si c’était une faveur.

Par exemple, s’il vous arrive de ne pas vous rappeler du numéro de casier (comme à la piscine) où tout entrant dans l’enceinte de la prison est prié de déposer ses effets personnels, ou bien d’en oublier le code, con que vous êtes à vous préoccuper de la suite du chemin tortueux qui vous mènera jusqu’au graal du dépôt de vêtements, tant pis. Le maton responsable des casiers pourra à son bon vouloir tenter de vous ouvrir ou pas avec son passe, ou vous prier de rester bien sage jusqu’à ce que tous les parloirs et tous les dépôts aient évacué.

Pour terminer cette morne aventure, il vous faudra reprendre le bus, vos pieds, le RER et le métro pour rentrer chez vous, avec le soulagement que votre proche aura ce soir un peu de réconfort, grâce à ce tout petit quelque chose de l’extérieur que vous lui aurez apporté, envers et contre tout.

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Concert de Rival Sons à l’Olympia

Rival Sons est un groupe de rock pur, qui réunit tout ce qui fait un grand groupe de rock : des excellents musiciens, des riffs efficaces, un chanteur hors pair, des influences qui font penser aux grands groupes, sans les copier.

On y entend des riffs sombres à la Black Sabbath, des envolées lyriques et des guitares dignes de Led Zep’, du pur rock à la Animals ou Status Quo, du blues simple saturé, des moments divins à la Pink Floyd…

Beaucoup penseront à plein d’autres références, le mieux, c’est d’écouter les 8 albums et de se laisser transcender par tous les tableaux. Quelques morceaux peuvent sembler un peu niais ou inutiles, mais sur la totalité de leur production, c’est très rare.

Le concert d’hier c’était deux heures de très bonne musique, alternant des morceaux du dernier et des anciens qui nous transportaient déjà il y’a cinq ans. J’ai adoré !

… donc en vrac, Mirrors, Do your worst, All over the road, Darkside, Nobody wants to die, Rapture, Redemption, Sweet Life, Feral Roots, Darkfighter, Pressure and Time, You want to, Jordan, etc…

Il faut faire abstraction du public de quinquas pas marrants, personne ne vit le concert, si on braille les paroles on nous dit chut, si on bouge un peu trop on nous recale, ça devient chiant les concerts, on dirait la messe. Heureusement que c’était rock, ni sex ni drugs, no fun.

Ce que je déteste dans les fans-clubs, c’est cette adhésion quasi religieuse* qui fait d’un amateur, un neuneu incapable de critiques, pouvant s’infliger quatre heures sous la pluie en attendant l’ouverture des portes. Du coup il est tout énervé quand il entre enfin, et il ne veut pas céder sa place aux petites personnes, arguant qu’il était là depuis trois heures. Certains sont même venus avec des petits enfants, tout devant du coup, les minots avaient des casques anti-bruit sur les oreilles, on est à un concert de rock bordel, pas au jardin d’enfants.

*Voilà comment le très moyen album des Stones sorti le même jour que Lightbringer, (le petit dernier des Rival Sons), est en tête des ventes car personne n’ose être franc, parce que voilà, c’est les Stones, par contre,écoutez le vraiment une fois et vous éviterez certainement de l’acheter.

J’avais à ma gauche, une dame qui n’a absolument pas bougé et manifestait son amour du groupe par un cri unique et rauque à la fin de chaque chanson (et parfois au milieu des morceaux, dans les « respirations » entre deux couplets.) Étrange. Nous étions quelques énervés à bouger, au milieu d’une forêt de troncs d’arbres immobiles, inexpressifs, et armés de leurs téléphones pour filmer, sans bouger sinon c’est flou. Mais c’est du « live » !!! il faut le vivre pleinement ce moment, entrer en transe et laisser parler tes émotions.

Du coup on s’est adaptées et on a fait aussi quelques photos.

On y retourne quand même la prochaine fois ?

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L’E.P.I (espace parisien d’insertion) cherche du travail à faire

Ce matin, convocation à Pôle emploi, sous la pluie, on est 25 quinquas à patienter, blasés mais résignés à l’idée de conserver notre allocation.

Une dame de l’E.P.I (espace parisien d’insertion, qui sert à occuper les travailleurs sociaux qui ne servent plus à grand-chose) vient nous présenter deux diapositives sur un powerpoint bâclé : 4 phrases longues de 4 lignes sur la première, que la dame nous lit à toute blinde, et comme on plisse les yeux, elle nous explique.

Il s’agit d’intégrer l’E.P.I. car comme chômeur longue durée, on a forcément des problèmes puisqu’on n’a pas trouvé de de travail depuis tout ce temps. Elle appelle ça « des freins » et puis elle nous montre une autre diapositive, avec le mot « travail » au milieu et autour du mot, en rond les mots « logement » « santé » «  »famille »(? c’est un frein ? » etc… Ensuite elle explique que chacun d’entre nous sera appelé individuellement pour un entretien et elle disparait en nous plantant dans le noir sans café ni rien…

Commence une attente de plusieurs heures, ils sont trois formateurs à appeler les gens : un babacool rock et deux vieilles profs. Je me dis « avec la chance que j’ai, je vais jamais tomber sur le babacool rock ».

Je reprends mes mots-croisés, j’ai le temps de lire un chapitre de l’excellent bouquin de Slimane Zeghidour, « sors la route t’attend », (vraiment il faut lire ce bouquin) je refais un mots-croisé, et j’entends une voix d’homme m’appeler, oh !!! le vieux rocker !

Le vieux rocker sympa me demande si j’ai besoin d’une assistante sociale, si tout va bien dans ma vie, je lui explique rapido que oui, je me débrouille pas mal comme assistée sociale, AAH HLM Transports gratuits, et que le vrai souci c’est de trouver une emploi adapté à ma maladie, un mi-temps payé correct, car quand tu travailles, tes aides sautent.

Alors il comprend vite et me suggère de contacter ma référente pôle emploi (qui m’a orienté sur ce truc del’E.P.I) afin qu’elle me mettre en relation avec un spécialiste du handicap, et me parle de boulots nouveaux à l’éducation nationale, qui ont l’air de correspondre à ce que je cherche. Au revoir Monsieur le babacool rock, je fais un mail dans la foulée à ma référente. Dont voici la réponse.

Bonjour,

Je suis votre conseillère référente handicap et me tiens à votre disposition pour toute question relative à votre recherche d’emploi. Vous pouvez consulter la liste des ateliers disponibles dans Mes services à la carte dans votre Profil de compétences.

Cordialement,

Votre conseillère Pôle emploi

Bon ben voilà, j’ai fait des mots croisés et lu un peu au calme.

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Orange

Madame, Monsieur,
Nous avons un problème de connexion pour notre contrat orange open pro. Qui n’est ni open, ni pro.
Nous avons téléphoné plusieurs fois au 3901 afin de résoudre les problèmes de connexion, qui nous impactent particulièrement, étant donné qu’en cas de coupure, nous n’avons plus, ni internet, ni la télévision, ni la carte bleue.
Ce qui a été un gros problème tout le mois de décembre, plus de connexion CB en fin de soirée, lorsque tous les clients doivent payer, pas de télévision fiable à la retransmission des matchs de coupe du monde, wi-fi quasi inexistante.
Royal, pour un bar rempli de jeunes, les jours de matchs importants ; nous avons eu la désagréable surprise d’interruption de connexion, lors du matche France Angleterre, au moment des buts français, image figée , puis plus rien. Re-belote au match de finale. C’est tragi-comique, et par bonheur, nos sympathiques clients ne nous ont pas lynchés.
En urgence j’ai fait un partage de connexion avec mon téléphone personnel, et j’ai éclaté mon forfait, si bien, que je n’ai plus de 4 G jusque la fin du mois, c’est génial, j’ai un téléphone avec lequel je ne peux plus appeler… Et le chiffre d’affaire mensuel du bar a souffert des non-matchs et de la non-CB. On estime la perte à plus de mille euros.
Les différents appels, n’ont rien donné, on nous a conseillé de « brancher débrancher, attendre, recommencer l’opération, et attendre à nouveau » pour un résultat quasi-nul ; on nous a fait acheter une « airbox » qui sert ? À quoi en fait ? avec pour finir, enfin un interlocuteur sérieux qui nous envoie un technicien le 20 décembre.
Le technicien constate que la ligne de l’ADSL est défectueuse et nous informe que la live box est branchée, sur la fibre, (????) donc, nous lui demandons de tout mettre sur la fibre. Il ne peut pas, car dit-il, il est « technicien ADSL ». Il faut reprendre RV avec un technicien fibre. (Facturé 40 euros?)
A la suite de quoi, je reçois un texto résumé, « votre ligne ADSL est défectueuse, c’est à vos frais de la remettre en état ». Très bien, nous passons dans une boutique orange ce matin, pour découvrir que ce n’est que la partie commerciale, et que personne ne peut nous aider.
Pour finir, devant nos explications agitées, une vendeuse ayant pitié prend RV téléphonique pour nous demain (notez bien que ça, on maîtrise l’opération, car j’ai bien compté, on a déjà fait ça 12 fois depuis le début de notre engagement chez orange). Et nous affirme qu’il n’y a pas de fibre au 65 rue du faubourg saint Denis. Pourtant le technicien d’hier est allé voir à la cave, et si, il y’a bien la fibre. (C’est free qui l’a installée).
La gardienne le confirme aussi, les habitants du passage 65 pour la plupart, nos clients, également.
Nous voilà donc au point de départ, nous avons RV téléphonique demain à 16h . Et je parie qu’on va nous dire de débrancher éteindre, rebrancher rallumer.
Alors voilà ce que je propose avant d’aller chez le concurrent, qui ne sera pas mieux malheureusement, alors à priori on reste fidèles à Orange.
1) Vous envoyez un technicien fibre gratuitement rapidement qui vient remettre tout en fibre comme pour nos voisins et qui ne part pas avant d’avoir fait fonctionner TOUT en fibre.
2) Vous faites un généreux geste commercial, conséquent et au regard de la perte de notre chiffre d’affaire.
Espérant que cette lettre aura pour conséquence une issue satisfaisante pour tout le monde, je vous prie d’agréer Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.


PS : changez la musique d’attente de la plateforme téléphonique, elle rend les gens fous

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Prague

A Prague, on peut voir des choses que chaque touriste est obligé de croiser, injonction touristique oblige… jeu pour ceux qui connaissent « trouve le titre de la photo »

En vrac, pont Charles portes et place vieille ville, maison déglingo, synagogues,cimetière juif médiéval, horloge astrologique, gare centrale, théâtre de la première de Don Giovanni de Mozart, parc et château…

Et on peut aussi s’immerger dans leur style de vie très autrichien, bouffe architecture, détails… les pavés sont décorés en croix aux abords des églises et en étoile aux abords des synagogues, ou des ? sens de circulation, mais j’ai pas vu de croissant de lune…ni trop d’immigrés d’ailleurs, y’a bien quelques cousins kabyles en cuisine et des vendeurs vietnamiens dans les mini-markets mais il parlent tchèque très bien. Y’a aussi des murs déco Vasarely dans le métro…

Tout, les trams, le métro impec, la bouffe; les maisons, les supermarchés, tout fait penser aux allemands et aux autrichiens, à part la langue, j’étais pas trop dépaysée…

Et alors pour rien gâcher on avait un super hôtel de l’ère soviet-suprême, que je vous recommande, pti déj compris, 35 euros la nuit :

On a aussi trouvé un bar qui ressemble au Mouton, sauf qu’il y a une scène… et on a vu des timbres rigolos avec le lion qui fait du sax, des belles portes cloutées, et des produits locaux… Kafka est en musée, en statue, en monument… ah ils aiment bien utiliser leur monnaie, du coup la bouffe reste moins chère, faut diviser par 21 ou 23 pour avoir des euros, la bière est vraiment donnée…C’était cool ! l’année prochaine Bratislava, ça doit manger à la même cantine non? comme les langues slaves, qui sont drôlement proches les unes des autres, en gros, à l’est-est du Rhin, c’est Nasdrovia tout partout.

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Killing in the name of… or not

Lundi 27 mai à la toute fin, les accusés ont eu une dernière occasion de s’exprimer. Je remercie Anne de m’avoir sténographié les dernières paroles que voici :

Attou (le plus jeune) dit « j’ai confiance en la justice, j’ai fait tout ce qu’on m’a demandé, (expertises psychiatriques etc… Je condamne les attentats terroristes, je remercie les victimes qui sont venues vers moi (y’a moi dedans !). J’espère qu’ils seront justes. »

Chouaa très ému : « j’ai très peur de votre décision, j’ai très peur que vous fassiez une erreur. Je suis innocent, je ne suis pas un terroriste, j’ai accompagné Abrini à l’aéroport, mais je n’ai jamais su ce qu’il avait en tête. Je suis innocent, j’en souffre depuis le début, je resterai toujours un accusé de ce procès, j’en souffre. Je remercie les parties civiles qui sont venues vers moi, ils m’ont soutenu, le procès a été très difficile pour moi.

Je t’en veux Mohamed, je t’en veux frère, tu as détruit ma vie, je ne sais pas si un jour, je pourrai te pardonner, mais j’en souffre…j’ai vu mes enfants ce week-end je n’ai pas eu le courage de lui dire la vérité.

Il y a trois semaines, j’ai perdu toute confiance au palais, je remercie mes avocats, vous m’avez dit, quoiqu’il arrive, je ne vous lâcherai jamais. J’aime protéger la vie de mes enfants. »

Oulkadi « C’est difficile de trouver les derniers mots. Il y aura un avant et un après cette histoire. Comme tout le monde, il va falloir que j’explique à mes enfants. Je leur ai menti, je leur montrerai mes notes.

Le témoignage des victimes m’a bouleversé, j’espère que ce fléau sera éradiqué, je ne comprends pas comment on peut adhérer à ces idées, qui ont sèmé la mort. Merci aux professionnels de la salle, à leurs sourires et leur bienveillance. »

Usman « Je remercie mes avocats ».

Abrini « j’ai pas attendu le procès pour avoir des remords et des regrets j’ai vu le visage des victimes, j’ai conscience que ce qui est arrivé est immonde. A cause de moi, Abdellah (Chouaa) a fait de la prison, ça a été très difficile pour moi de regarder les victimes, tout ça n’aurait jamais dû arriver, j’éspère que les victimes vont se reconstruire. »

Karkach « Je remercie les avocats de m’avoir traité avec respect, quant aux parties civiles, vos témoignages m’ont beaucoup touché. Ils m’ont appris le courage, le respect, l’humilité, le pardon. La prison était une épreuve pour moi, On dit que j’étais lâche et que je savais qu’il (Brahim Abdeslam) était dangereux, non en aucun cas ; je ne savais pas qu’il était terroriste, dangereux, et radicalisé. Cette étiquette de terroriste est en train de me bouffer de l’intérieur. »

Amri « Ces derniers mois ont été difficiles. Voilà des années que j’attends ce procès. J’ai le sentiment d’avoir été entendu. Je suis désolé d’avoir ramené Abdeslam, j’aurais dû le dégager de la voiture. Je ne le referais pas, si c’était à refaire, j’ai été ému par les parties civiles. »

Haddad el Asufi « Je n’aurais jamais accepté de préparer des attentats, j’ai toujours condamné ces attentats, et clamé mon innocence. Voilà 6 ans que j’attends beaucoup de votre verdict. Je ne suis pas un terroriste. »

Hadadi « Je sais que j’ai fait des fautes et des mauvais choix. J’ai beaucoup travaillé sur moi-même depuis 6 ans. »

Ayari « Je ne sais pas quoi dire. Si on se défend, c’est une défense de vendeur de shit, si on se tait c’est irrespectueux, je ne sais pas quelle attitude adopter. Quoiqu’on fasse ou dise, il y a toujours à redire.

J’ai expliqué, je me suis tu, puis je me suis senti redevable pour une victime ; j’ai expliqué pourquoi j’ai combattu, pourquoi je suis parti. Si on explique les choses, cela permettrait de résoudre ce problème dans le monde. J’ai entendu parler de frustration sexuelle, de fanatisme absolu, je ne comprends pas, c’est leur vision de la religion. On oublie tout le contexte, on préfère le balayer, on serait juste des fanatiques, mais ce n’est pas ce que j’ai vécu.Pour les parties civiles, on ne peut pas leur dire d’oublier, ce n’est pas possible, je leur souhgaite de pouvoir tourner la page.Dans ma vie, j’ai aimé, j’ai détesté, je n’ai jamais ressenti de mépris, il n’y a pas pire pour moi. »

Krayem ne dit rien.

Bakkali « je n’ai riuen à dire pour ma défense, je veux condamnerles attentats et présenter mes excuses aux victimes. »

Atar « je vais essayer de ne pas trop parler (la salle se marre), je n’ai strictement rien à voir avec ces attentats, je n’ai jamais apporté d’aide aux terroristes, je ne savais même pas qu’ils l’étaient. J’ai confiance en la justice, je dois être acquitté. »

Abdeslam «  mes premiers mots sont pour les victimes, je vous ai présenté mes excuses, certains diront que c’est une stratégie…Mon évolution pendant ce procès n’a échappé à personne ; Je ne veux pas me plaindre, mais la police belge, ont été violents, m’ont harcelé jour et nuit, j’avais des maux de ventre j’ai cru qu’on m’empoisonnait. (c’est ce que la police belge lui a fait croire qu’en effet ils l’empoisonnaient, finalement il a été hospitalisé pour une appendicite).

Les soignants ont été bienveillants, heureusement, la police m’a fait attendre des heures sur un brancard avec une cagoule.

Ici, je n’avais pas vu autant de monde depuis longtemps, alors j’ai été dur au début dans mes paroles, je le regrette.

Aujourd’hui, je me sens apaisé, car j’ai retrouvé ce semblant de vie sociale, c’est avec l’épée du parquet sur le cou, que je m’adresse à vous. L’opinion publique pense que j’étais au Bataclan, et que j’ai tué des gens, vous savez maintenant que c’est autrement. La France perd ses valeurs petit à petit, pour laisser place à son contraire ( ?). Le président de la cour n’a cessé de dire que les assassins nesontpas dans le box des accusés. J’ai fait des erreurs, mais je ne suis pas un assassin. Vous commettrez une injustice si vous me condamnez pour assassinat. »

Le verdict du mercredi 29 mai, où une foule inhabituelle s’est compactée et m’a volé ma place de choix, c’est qu’ils sont tous reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroristes.

Sauf Karkach qui est coupable d’escroquerie.

On a eu un concours inhabituel de tee shirts pour dire « eh moi aussi je suis un rocker ! » (Lynyrd Skynyrd, Clash, Molly Hatchett, Deep purple, Iron Maiden, Rage against the machine etc wahou ! Et des tatoos en masse « 13/11 » pour pas oublier).

Mais en fait le plus rocker là, c’est moi ! j’ai pas de tatoos et ni de tee shirts, mais par contre j’ai fait des groupes avec des Cds, j’aurais pu faire un stand pour vendre Witches, Walou, et le Bourgeoisie… vu que le procès des fois ça ressemblait à une salle de concert.

Et les punitions sont très lourdes :

Abdeslam perpétuité incompressible jusqu’à la mort.

La même peine que les présumés morts à Raqqa, Oussama Atar, Dibo, les frères Klein, Darif.

Abrini perpétuité avec 22 ans de sûreté (ferme)

Ensuite ils ont tous 20 ans ferme :

Bakkali 30 ans avec période de sûreté des 2/3 ( ça veut dire 20 ans)

Krayem et Ayari, 30 ans avec période de sûreté des 2/3

Dahmani (actuellement en prison enTurquie) 30 ans avec période de sûreté des 2/3

Usman 18 ans avec période de sûreté des 2/3 (ça fait 12 ans)

Hadadi 18ans ans avec période de sûreté des 2/3

El Hadad Asufi 1/0 ans avec période de sûreté des 2/3 (c’est pas un chiffre rond 6.5 à peu près)

Les suivants devraient sortir dans pas trop longtemps :

Atar 8 ans avec période de sûreté des 2/3 (2/3 ans quoi donc c’est fait)

Amri 8 ans avec période de sûreté des 2/3

Et ceux qui comparaissaient libres, sont libres (parce que vu qu’ilq se sont farci déjà quelques années de prison).

Oulkadi 5 ans dont trois de sursis

Chouaa 4 ans dont 3 de sursis

Attou 4 ans dont 2 de sursis

Karkach 2 ans

Alors la conclusion de tout ça, c’est que ce très long procès a été comme le dit Ronen, une vaste fumisterie. C’est un procès exemplaire disent les journaux…je ne vois pas ce qu’il y a d’exemplaire à condamner un gars qui n’a tué personne à une peine équivalente à une peine de mort, à celle des fous qui nous ont tiré dessus et se sont fait exploser.

Et en comparaison, un salopard qui tue sa femme prend 15 ans et sort au bout de 8, et tiens, en tue une autre, ça semble juste ?

C’est fou, on a l’impression qu’ils n’ont rien entendu.

Il fallait un coupable, puisqu’on ne trouvait pas, car les vrais coupables sont morts. Abrini et Abdeslam n’ont pas tué. Ils se sont bien fourvoyés, y ont cru, puis ils ont douté puis renoncé.

Procès dans lequel à la fin, on progressait vraiment vers une sorte de raison, et d’humanité, d’échanges respectueux et productifs ; où on a réussi à recoller presque tous les morceaux de l’histoire, raison pour laquelle j’aimais y aller.

On a fini par comprendre, qu’au lieu d’un projet d’ampleur très bien organisé, le petit chef Abaaoud a plus ou moins échoué, il n’a pas eu les effectifs souhaités (par chance), il y a eu des défections, et une organisation assez déconnante…au point de se retrouver dans un fourré, c’est pas très pro…

J’ai rencontré les accusés libres, ils sont très sympas, ça pourrait être des potes, des voisins, des gens à qui tu rends service sans poser de question, à peu près j’en suis sûre, comme leur anciens amis et voisins, Abdeslam, Abrini…Atar n’a pas de chance, il est à la mauvaise place, mauvaise famille.

Les autres aussi (Bakkali, Asufi…) sont tombés dans une nébuleuse qui les a dépassés, peut être que la secte islamique d’Abaaoud les a emportés dans le tourbillon, cependant, eux non plus n’ont tué personne.

Mais après autant de fric dépensé, autant de mise en scène, d’heures et de papier gaspillés, il fallait un coupable, un symbole, pour rassurer le peuple, pour ne pas contrarier les médias, et pour faire oublier la redoutable incompétence (dit niko) des services secrets européens, des politiques en place, de la misère intellectuelle générale. Par contre, rien n’est envisagé pour à l’avenir éviter l’embrigadement de jeunes recrues dans les rangs des milices armées de type état islamique.

Quand je pense à Abdeslam ou Abrini, je pense à la chanson « killing in the name of » de Rage against the machine, la fin, c’est « Fuck you I won’t do what you tell me ! »

C’est ce qu’ils ont fait, ils n’ont pas été jusqu’au bout, et pourtant ils prennent pour tous les autres qui n’ont pas renoncé.

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Dernières plaidoiries de défense

Le second avocat pour la défense d’Abrini

Maître Eskenazi, explique pendant longtemps, les choix guidés dans les quartiers « arabes » par la politique occidentale anti islam :

« …il y a eu Abou Ghraïb, la Palestine, les révolutions arabes, la passivité à l’égard des régime totalitaires, comme en Syrie, et aussi en Arabie saoudite, qui, rappelle-t-il, est ambiguë, à financer la propagande islamique, Al Jazira, et achète les armes occidentales… il rappelle aussi la passivité des états, qui ont été d’une grande tolérance avec les imams douteux partout en Europe, avant les attentats. Il rappelle qu’Abrini était un délinquant non-violent, qu’il évite de croiser les gens dans les cambriolages, et qu’il est toujours sans arme.

Il rappelle également sa douleur « …lorsqu’il apprend la mort de son frère, dix mois avant sa sortie de prison, Mohamed Abrini part directement en Syrie à sa sortie ; là bas il s’adresse à ceux qu’il connaît, Abaaoud, son voisin direct à Molenbeek…

« Son implication dans les attentats, c’est qu’il part de l’appartement dans lequel se tient la réunion de préparation du 13 novembre, il n’y participera pas, renonce une première fois. « Il renoncera encore à Zaventem, où Abaaoud l’avait convaincu, en lui disant que vu son niveau d’implication, «il vaut mieux mourir que de finir ses jours en prison. »

Abrini, il doute.  « Gardez en tête le renoncement, faites barrage à la vengeance, il encourt les même peines que les terroristes morts, donnez tort à Abaoud. »

Défense d’Abdeslam

Maître Vettes en préambule demande « comment on va pouvoir juger sereinement une affaire avec autant de protections, avec une cour d’assises protegée, une justice frileuse, repliée, recroquevillée… « …Je remercie la dignité, la délicatesse des victimes. Beaucoup sont arrivées avec des certitudes, notre travail a été de les contrer. Les peines demandées sont lourdes, très lourdes, trop lourdes. »

« A quoi sert ce procès ? Ce ne sont pas les états généraux de la radicalisation, ni une commission parlementaire, ni une cérémonie mémorielle » « Ce procès se veut historique, or Salah n’est ni barbare, ni fanatique, ni définitivement irrécupérable … Il est non violent. » « Ce n’est pas un tribunal militaire non plus, quoiqu’en dise M Hollande, faire la guerre à la guerre »…

«Trévidic pense qu’un seul procès franco-belge suffisait, oui mais les égos… » « …Par ailleurs, il existe des failles dans les enquêtes, ici c’est la justice des hommes pas celle de Dieu. Salah a eu des débuts tonitruants au procès, provocateurs, très médiatisés, ils se sont régalés de ses paroles , mais il a dit aussi « c’est une image fausse qu’on se fait de moi » ; on ne juge pas une posture, mais un homme pour ses actes » « …on a l’idée qu’il savait tout, non, il a appris beaucoup sur la cellule le temps du procès, personne ne savait grand chose, les commanditaires cloisonnent les préparations, les intervenants sont les derniers à savoir comment ils seront utilisés »

« … Les enquêteurs nous ont bien expliqué ce cloisonnement, la sélection des individus, et passage à l’acte au dernier moment. , on ne révèle à chacun que ce qu’il a besoin de savoir au dernier moment, cette cellule a réussi à tenir en échec l’ensemble des services secrets occidentaux. Salah n’est pas un délinquant, il a certes un intérêt pour les Syrie, et il est proche de son frère Brahim… »

« …En couple avec Yasmina Cajou depuis 8 ans ils avaient prévu de se marier, elle a témoigné, « un garçon plutôt calme, sans histoires, quelques disputes sur la fin, à cause des entrevues avec Abaaoud. » Il ne s’est pas radicalisé non plus ; il a été sensibilisé à la mort de civils syriens, par son frère Brahim, qui visionne la propagande de l’état islamique…

« …Beaucoup de jeunes partent en silence en 2015 en Syrie, pas lui. Il n’a pas fait allégeance, n’a pas de kounya, il dit ne pas avoir accompagné son frère Brahim au départ, confirmé par d’autres accusés.

…A l’été 2015 il devient intérimaire de l’état islamique : effectue des missions ponctuelles (5 voyafges de rapatriement de gens en provenance de la Syrie) sans savoir qu’Abaaoud est revenu. Il va chercher les Bakhraoui en son nom propre, preuve qu’il ignore les enjeux à ce moment là. Il n’existe aucune preuve d’un achat de détonateur, l’accusation ne tient pas compte des contradictions des enquêtes… » Il n’est pas là par hasard, mais on a la preuve, que son engagement à l’état islamique n’est pas de longue date. Son silence a laissé place aux hypothèses, qui ont joué contre lui. Il ne s’est pas fait exploser, il n’a touché aucune arme. »

« …pour bien juger, c’est difficile, il faut beaucoup de courage, celui d’affronter la foudre de l’opinion publique, l’incompréhension des médias. Juger à la hauteur de la souffrance, c’est appliquer la loi du Tallion. La barbarie contre la civilisation. Je reprends Romain Gary, « est ce que la peine que vous allez prononcer nous rendra meilleurs ? » … Oui nous avons une salle d’audience magnifique, un beau procès, malgré tout ce décorum quelque soit l’écrin, la justice n’est rendue que lorsqu’elle est ??? » (pas entendue, à cause d’une rumeur dans la salle).

Voici la brillante Maître Ronen

Après une introduction sur la complication abyssale du procès des enquêtes et la douleur incommensurable des victimes, elle présente la lourdeur de la sanction retenue pour Abdeslam. « …il a accepté de faire partie du commando, il a déposé trois hommes, voilà les faits. Comme si tout cela n’avait servi à rien, 9 mois de procès pendant lesquels, il a parlé. Il faut considérer son recrutement tardif, son renoncement, alors on dit qu’il n’a rien dit ! C’est faux. Il s’est senti piégé, à la réunion du 11 novembre Abaaoud et son frère Brahim, le persuadent de participer, il a déjà tout abandonné (y compris Yasmina) pour partir en Syrie, où finalement il ne se rendra jamais.

« …Auparavant, tout est tellement cloisonné, qu’aucune information claire ne lui est parvenue. C’est le seul qui n’est pas allé en Syrie, qui n’a pas de kounya, il a remplacé Abrini (qui a renoncé aussi) au dernier moment. Il a prêté allégeance 24 heures avant. Il a parlé, il a donné des explications assez claires, au sujet de sa mission : il devait aller se faire exploser dans un café du 18ème vers Simplon, après avoir déposé les iralkiens au stade. En voyant des jeunes plein le café, il a dit à la cour «J’ai renoncé. Je n’ai pas voulu les tuer » ce qui a été tout à fait raillé. Puis on a dit qu’il était lâche, et enfin qu’il mentait puisque la ceinture était défectueuse.

« Non, il n’a pas appuyé, il a renoncé « par humanité ». Puis, il est reparti avec la Clio, qui est tombée en panne Place Albert Kahn ; il a pris un taxi pour Montrouge d’où il a appelé la Belgique pour qu’on vienne le chercher.

« …La thèse du dysfonctionnement du gilet est remise en cause par l’accusation, or les expertises l’ont montré, Salah Abdeslam a arraché les détonateurs, et on sait qu’en cas de défection du bouton poussoir, on peut exploser avec un briquet. Là encore, on ignore le témoignage d’Abrini, (répété trois fois) qui explique qu’une discussion a eu lieu entre Abdeslam et Bakhraoui dans la planque à Bruxelles, à son retour en Belgique, à ce sujet « pourquoi t’as pas utilisé le briquet ? »

« …Amri dit aussi qu’il a dit que la ceinture n’a pas marché. Abdeslam n’a pas le cerveau gangrené par une idéologie ! Il faut en tenir compte c’est un élément fondamental. Amri et Attou sont en dehors de tout ça,ils n’ont aucun lien avec propre avec le réseau, ni avec aucun coordinateur.

Amri et Attou (qui l’ont ramené en Belgique), ont noté qu’il était bouleversé, seul, isolé, la cellule lui en veut, se méfie de lui, il a fait marche arrière.. « On lui met tout sur le dos, il est sanctionné comme un symbole. Il a été à l’isolement pendant 6 ans : l’isolement c’est 9 mètres carrés, 2 heures de socialisation avec avocats… le manque de stimuli physique et mental, ça peut rendre violent, on entre en décompensation, l’état psychique s’appauvrit, c’est de la déshumanisation, on revient à l’état animal…pas de sport, pas de contact social… même un rongeur a droit à sa roue.. C’est ça l’état de droit ?

Au point que c’est la direction de la prison elle-même, qui a demandé un assouplissement pour sa détention. Pas d’intimité, deux caméras en permanence, et d’un seul coup, le 8 septembre, 600 paires d’yeux le fixent, ceci pourrait expliquer ses premières réactions… »

« Il faut bien punir quelqu’un à la hauteur de nos souffrances, et puisqu’on a personne, ils sont morts, par une ironie tragique, puisqu’il s’est désisté, mais d’un côté ça fera un exemple, de l’autre de nombreux candidats au djihad. « C’est un odieux chantage » selon le ministère public, mais foutu pour foutu, le prochain candidat s’explosera. Où étiez vous depuis septembre, n’avez vous pas vu son armure se fendiller ? … Il existe une dimension émotionnelle de ce procès…

… Salah Abdeslam, qui n’avait qu’un seul costume dans son placard, trop grand pour lui, celui du soldat djihadiste, il a trouvé pendant tout ce temps,de quoi s’habiller autrement. » « Peut-on lui donner la même peine, que les cadres de l’état islamique présumés morts ? Que la peine de sûreté appliquée à Michel Fourniret, dangereux psychopathe?

… On est partis de loin, il a mentionné des explications, des remords, des excuses…il a formulé « en fait, je ne suis pas exactement comme ça ». La sûreté c’est la mort blanche. Elle crée des fauves, pas de possibilité d’avenir, on a aboli la peine de mort en 1981. Pourtant, la mort lente, on la requiert aujourd’hui…

« Entendons nous bien, je vous demande d’appliquer le droit avec rigueur, si vous suivez le parquet, le terrorisme a gagné.et nous n’aurons plus qu’à comprendre que tout ça n’était qu’une farce. »

Magistral.

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