Alger 3

Donc je dois retourner à Alger pour le Festival International de Bandes Dessinées d’Alger, le Fibda quoi.

J’ai raté celui de l’an dernier, l’invité d’honneur c’était Joe Sacco, mais il a fait comme moi, il est pas venu. Alors là, j’y vais, d’autant que je suis censée finir un mémoire sur l’utilisation du darija à l’écrit, que je traîne depuis deux ans…

6/10/11

C’est déjà l’aventure à l’aéroport. Je dois chercher le terminal de départ –c’est Roissy, y a trente terminaux- qui n’est pas inscrit sur mon billet…et je n’ai pas encore eu Rachid au téléphone, bref j’y vais, on verra, au pire je prends un taxi pour le Makam (c’est là où se tient le Fibda,  je tomberai bien sur Rachid).

Juste avant de décoller j’ai eu Rachid au téléphone dans le couloir de l’avion, normalement y’a un gars « du Fibda » qui viendra me chercher en même temps qu’un dessinateur Tunisien.

C’est Sofiane, le chauffeur (pour l’occasion, ils sont quelques étudiants à faire le staff de l’organisation) qui sourit de toutes ses dents –blanches-  et Toufiq, dont le boulot consiste à récupérer tout le monde et les amener où il faut, quand il faut.

Mais on attend le gars tunisien –qui ressemble un peu à mon cousin Lotfallah-, il s’est paumé dans l’aéroport. –en fait il attendait dehors et nous dedans-.

On finit par le trouver au bout d’une heure, (Toufiq en a marre, la veille il a attendu quelqu’un qui n’est jamais arrivé jusqu’à une heure du matin) et on y va dans une Mercedes blanche , Sofiane nous ramène au Makam Echaïd.-que je ne présente plus, il faut lire Alger 1 et 2-

Je remercie Sofiane et Toufiq et je passe l’après-midi dans le Fibda . J’ai d’abord retrouvé mon pote Rachid à une conférence. J’arrive à la fin de l’intervention de Thierry Bellefroid,  (un gars qui est critique de bd, animateur radio, quelque chose d’important dans l’édition belge) juste pour dire salut à Rachid. Je vais dans le festival pour voir les expos et commencer à rencontrer des gens.

  C’est bien ici ! il y’a des petites tentes partout, trois halls d’expo, (dont un énorme) une salle de conférences, un cinéma, plus une grande tente de restauration. Sauf y’a pas vraiment de toilettes, faut aller en sous-sol du Makam, ou alors au cinéma, mais on sent bien que c’est que toléré.

Bendir c’est la revue de BD de la boite d’édition Dalimen où bosse Rachid, c’est un magazine collectif de BD, d’auteurs dessinateurs algériens et de critique de tout ce qui existe.

7/10/11

Première rencontre avec Ibn Youssouf Abbas Kbir.

Il fait des bandes dessinées pédagogiques sur les héros du Magh

reb Indépendant et historique, tout le monde est là : le voyageur Ibn Batuta, Abd el Krim de la révolte du Rif,  l’émir Abd el Kader contre les colons, tout le

monde, mais hélas en Fosha, dommage. (Fosha c’est arabe littéral, et Darija c’est arabe « vulgaire, parlé maghrébin »)

Je rencontre des africains zaïrois, j’achete un mauvais journal fait par 4 jeunes filles « amazone » -ça partait bien pourtant- en français, mais hélas, avec une histoire sur quatre qui a du sens. En revanche, j’achète un bouquin marrant sur un mec qui revient au pays et à qui il arrive un tas d’aventures :  » le retour au pays d’Alphonse madiba, dit Daudet ».

Je vais écouter la conférence de Peters et Schuitten, très pro très intéressante, mais qui ne m’avance en rien sur la question du Darija. Il parait que comme star,  il y a Munoz qui débarque d’Argentine, mais il n’a pas été vraiment attendu car il n’avait pas bien expliqué qu’il venait, et ici personne ne le connaît…alors il paraît qu’il fait la gueule. Moi je  trouve ça marrant, Munoz ici, personne connaît.

Les Bédés des stands ne sont pas chères du tout, en revanche celles de la librairie coûtent le prix occidental. J’ai revu Gyps c’est Karim ! chez qui on a squatté en 93, et Lounis

Gyps et Dahmani

qui se rappelle bien  de moi et de mes considérations sur le mariage. Je suis bien contente et j’achète plein de bédés –qui se révèleront être les choses les plus intéressantes, pour mes potes de Paris.

Le soir un souci d’organisation a créé un vent de panique : tout le gratin du festival était convié à un repas avec Khalida Toumi, la ministre de la culture. Or, y’a eu un bug et des gens étaient « oubliés » au Safir Hotel, en bas d’Alger. Toufiq a du faire en sorte d’amener les oubliés très vite, et comme l’Aurassi était fermé y’en avait au Safir -en bas d’Alger-, y’en avait au St Georges -en haut- .Alors on est passés en vitesse avec Rachid et Toufiq avait l’air déprimé, et Rachid dont le boulot c’est « relations avec les médias » se retrouve à devoir gérer des trucs de rendez-vous foireux. Tu m’étonnes qu’il soit fatigué !

8/10/11

Rachid est parti tôt pour faire des trucs de télé et de radio, son boulot quoi. Il n’est pas repassé par l’appart, alors vers onze heures,  Yasmina m’a expliqué comment prendre un taxi pour le Makam. Et alors là surprise : le chauffeur ne cause qu’arabe. Alors qu’en 93, quand je faisais un effort pour parler « 3atini wahd kilu teffah, la ikhellek » le gars me répondait invariablement « mais oui mademoiselle », limite sans accent, me voilà en 2011, dans Alger arabisé : La police du monument à touristes, ne sait plus m’indiquer la direction du Fibda qu’en arabe, les jeunes qui zonent au Fibda (pour avoir un ticket de bouffe et boisson) ne parlent qu’arabe,  finalement ceux qui parlent français ont mon âge -40- ou plus.

Il y a vraiment beaucoup de monde au festival. Tout le monde est dehors y’a personne dans les salles d’expos…Il y a trois salles d’expos dont celle ci TRES grande.-et très vide-

Un petit hommage à Guerroui.

Je suis allée voir Gyps et Dahmani : je suis arrivée en pleine « vive discussion » entre une dame et Gyps au sujet du titre Algé-rien. La dame trouve que quand même les algériens ne sont pas rien, il lui suggére de justement lire la bédé, elle revient à la charge avec des arguments de pire en pire, jusqu’au moment où elle dit « c’est vrai que c’est des fainéants les algériens » -ce que ne dit pas du tout Gyps, je vous assure. Alors là, ça a fâché Gyps qui est devenu tout rouge –en plus il faisait bien chaud-.
La photo est prise juste après…il a encore les joues roses.

Ensuite j’ai rencontré des égyptiens supers qui font un fanzine en arabe dialectal égyptien ! Ouais j’ai trouvé ! sauf que je travaille sur le maghrébin…GR

J’ai aussi interviewé Denis Martinez, un peintre d’Algerie, à qui j’ai demandé pourquoi un ouvrage de la culture populaire « Nasredine Hodja » est en français. Il m’a refait un cours de politique linguistique, en gros il m’a dit ce que j’ai  écrit en première partie de mon mémoire.

Je suis tombée sur Saïd Hilmi, et qui est un acteur algérien très gentil,  m’a demandé ce que je foutais là. Je lui ai expliqué et on a discuté un peu mais j’ai dû laisser la place aux fans qui voulaient aussi le photographier.

Wa je me suis fait dédicacer plein de bouquins.

J’ai été au café avec Aïder (c’est Aladin) pour lui poser mes éternelles questions sur la non utilisation du maghrébin y compris dans la BD. Il a répondu longuement, il en avait marre d’être au Fibda.

Il pense qu’il faudrait faire des BD en algérien pas en classique, mais dans une langue écrite un peu châtiée quand même.

Puis j’ai pris ces photos, avec Francis Groux, le gars qui a pensé à créer le festival d’Angoulême. Et Hilaire qui représente le Congo.

Francis Groux et Mahfoud Aïder

J’ai trouvé un stand avec une BD marocaine en darija, elle a été traduite en Tifinagh, français et Darija.                       C’est Tajine le lapin. C’est un ? français ? installé à Rabat qui fait la promotion…il ne connait pas ce qui existe en Darija au Maroc et me dit « on est les seuls à éditer en Darija ».

Il y avait aussi Brahim Raïs un marocain qui a remporté le premier prix l’an dernier avec son bouquin contre la guerre ‘les passants ».

Il résout les problèmes de langue, y’a pas de texte. « Comme ça c’est universel » il m’a dit. Brahim est calme, voir timide. J’ai quand même pu le prendre en photo.

                                                                                                                                                                            Le soir, il y a eu ce concert de jazz mou, un groupe belge qui faisait comme la bande son du film « the party » mais sans la voix. Heureusement il fallait partir. Finalement j’ai récupéré Rachid qui avait un pneu crevé. Et le pneu de rechange aussi était crevé. On est rentré sur la jante, ce qui n’avait pas l’air d’être un problème. -y compris dans les barrages Sharata Bolis-

9/10/11

Rachid a changé le pneu ce matin chez un vulcanisateur – j’adore ce mot. Changer le pneu, c’était physique apparemment, il est revenu presque mort d’avoir porté le pneu au magasin. Puis, on est retourné au Fibda où on a petit déjeuné avec Schreder. Rachid et lui se sont immédiatement pris la tête à propos de l’invitation du gars directeur du musée de la BD à Bruxelles. Schreder trouvait que c’était, je cite, « une vraie merde à conso » -le musée- et Rachid disait que vu le contexte il fallait bien faire de la vulgarisation voire être un peu démago. Moi j’étais d’accord avec Rachid mais j’avais pas mon mot à dire, et je me risque que maintenant, à dire que Schreder est un sale con misogyne. Donc j’ai fait profil bas tant que Schreder n’était pas loin.

                                                                                                                                                                                                               Puis Els et les belges, il s’agit d’une journaliste et du gars qui organise le festival de Turnhout vers Anvers, sont arrivés et c’était plus détendu, puis le Hic est venu boire aussi un café et m’a fait mon dessin. Merci Hicham !

                                                                                                                                                     Puis, j’ai discuté un petit moment avec Haroun, qui faisait M’quidech, un petit héros algérien seul contre tous. Et qui est là, réédité-. Voilà j’ai vu tous les « vieux », me manque plus que Slim. Gyps et Dahmani je les verrai à Paris.

Haroun dessine

couverture de Toktok dessin de M.Shenawy

                                                                                                                                                                  Je suis retournée discuter avec les égyptiens de TOKTOK et Shenawi, LE gars qui assure (et qui parle super bien algérien d’après Rachid et super bien français d’après moi) m’a longuement expliqué le journal TOKTOK, me l’a traduit en « maghrébin » -ce qui n’avait pas l’air de lui poser problème- et on a bien discuté une heure. Et ! VICTOIRE, Mohamed Shenawi m’a dit clairement que « les langues arabes dialectales avaient des passerelles et que c’est pas très compliqué de passer de l’une à l’autre. » je lui ai dit « un peu comme le français parisien, le belge, le marseillais et le français du Québec, non ? » eh ben OUI il m’a dit OUI. Je l’aurais bien embrassé, tiens !

Parce que c’est ce qui m’attire les foudres de tous les gens qui parlent UNE sorte d’arabe, et ils sont TRES revendicatifs : les maghrébins –qui ont les séries égyptiennes depuis vingt ans et qui les comprennent bien à force- me disent « ah non c’est pas du tout le même chose ». Les orientaux ne font aucun effort pour comprendre les marocains et disent « ah non, on comprend rien à ce qu’ils racontent ». N’empêche que KITAB –livre- c’est kitab partout, et presque tout le lexique est semblable. Et Allah c’est Allah aussi, même en farsi. -ok c’est pour faire un peu de provoc- Une fois que t’as capté les différences grammaticales (y’en a pas des masses), et que t’as compris que poisson : Hut –maroc-c’est Samak –égypte- et pareil pour quelques mots, ça roule. C’est  pareil que « une serviette » parisienne et « un essuie » belge. La première qu’on te dit « passes moi l’essuie » tu cherches un torchon. C’est comme les différences régionales et les accents y’en a partout mais j’ai jamais vu un Lillois dire « je ne comprends pas ce Toulousain ».

J’ai aussi vu Slim, mais il n’avait pas très envie de répondre à des questions chiantes.Alors je l’ai regardé en train de faire des dédicaces.

                                                                                                                                                              Bon là, c’est la remise des prix, c’est absolument pas intéressant. En plus il semble qu’ils ont chacun un prix. Rachid me dira plus tard « c’est comme en colo, tout le monde un bonbon, c’est pas sérieux ». Non pas très. Du coup, je prends en photo les petites mains qui tiennent les stands, les démontent, sans eux y’aurait rien, on leur doit bien ça.

                                                                                                                                                   Nous voici au repas de clôture du Fibda à Cherraga. Quelle chance, on est dans un ou LE meilleur resto d’Alger « l’auberge du moulin ». C’est un super resto, avec des poutres, des fourches et des pelles en bois, des cuivres, des peintures et des tapisseries.

Devant nous, une grande tapisserie avec une troupe de guerriers à dos de chameaux arrive dans un douar en bas de la montagne. Des moutons forment un troupeau vraisemblablement mené par les gars en chameau. Y’a aussi d’autres peintures, une princesse du désert, une nature morte avec des pommes et du raisin, un couple de jeunes « du Sud » qui s’embrassent turbans et folklore. Et des trucs français, une gravure de quelque chose qui ressembles à la Loire, un bâtiment qui ressemble au Louvre ? Et là super Haram ! y’a plein d’alcools forts, bières et tout. Je suis avec Ridwane un pote journaliste de Rachid.

Le Hic et Ridwane -un peu flou-

Tant mieux parce que je ne sais pas trop à qui causer. Il me raconte les « bonnes années » du journalisme avant (à Liberté et au Matin), là il travaille au Jeune Indépendant qui n’est ni l’un, ni l’autre si j’ai bien compris.

On mange des délicieux méchouis –y a pas moins de huit moutons entiers-  (faut faire bouffer plus de 80 personnes) de la semoule avec du miel du khobs et des salades, du thé et des gâteaux.

J’ai dit à un serveur « c’est délicieux » le gars, il était étonné, il m’a dit « les gens disent toujours quand ça va pas, mais ne disent jamais quand c’est bon ».

Après manger on devait dire au revoir et aller au Safir boire des coups avec les belges et les toulousains, mais Dalila –la boss de Rachid- a dit « attendez » à son équipe et ils sont restés à débriefer du festival puis avec Ridwane on a attendu et on a fini par être invités à la table du staff, où ça ne discutait plus très sérieusement l’alcool aidant …de cul d’abord, merci Thierry Bellefroid, et on est arrivés à un moment où ça causait du Printemps Arabe. Et là ça déconnait sec, les gars à la table se sont sentis très algériens patriotes d’un seul coup, voilà que c’est « la révolte en octobre 88 qui a fait 500 morts » qui serait la VRAIE révolution arabe, pas les tunisiens, pas les égyptiens. Alors le Hic a dit un truc très censé –seul contre tous- « je rappelle qu’on a viré personne du gouvernement et qu’on a toujours les mêmes » . (en tous cas j’étais grave de son avis mais je l’ai pas ramené, je ne suis que la gaouria en vacances).

Puis on a dit au revoir et on est allés au Safir boire des coups en terrasse.

Voici le Safir, c’est un hôtel qui date des colons, et qui a eu sa période grandiose avec colonnes tapisseries, couloirs géants etc…

couloir du Safir -on dirait Shining-

la terasse du Safir

la réception

                                                                     On a causé encore avec Ridwane et les toulousains, et Rimka, qui est un des toulousains marrants –mais très bavard- et qui voudrait exporter son ouvrage didactique sur les énergies renouvelables ici. Aucune chance pour le moment. Rimka c’est aussi le gars marrant avec qui on était en terrasse tout à l’heure, et quand une mendiante est venue lui demander de la thune, il a dit Saha saha (merci). Il n’a jamais vraiment causé en arabe, mais il revendique « avoir ça dans le sang ». C’est Rachid qui l’a sauvé de son souci avec la dame.

On est encore à la terrasse du Safir à 4h25 et je regarde la rue : la circulation reprend peu à peu, Alger la nuit c’est mort y a personne.

Alger la nuit

On raccompagné Thierry Bellefroid, quand il a terminé de poser avec les filles, au Saint Georges  –c’est le Djazaïr- que j’ai pas arrêté d’appeler le Georges V. Les VIP du festival sont logés là.-à 200 euros la nuit la chambre simple-

9/10/11

Aujourd’hui on est un peu nazes. On est descendus manger une pizza « en bas » (centre-ville), on a traîné un peu quelques-uns du  festival restent encore un peu et Rimka cherche un hôtel moins cher que le Safir.

On se ballade pour chercher un hotel à Rimka

Puis le soir on a rejoint les belges, et Paul pour aller manger encore au resto. C’était encore délicieux et pas cher, j’ai mangé une dorade fondante, le poisson ici ça vaut vraiment le coup. Paul est un espagnol né au Maroc, qui de retour en Espagne adolescent, a fui Franco en train à seize ans. Ah! Mais depuis Paul a rectifié en m envoyant ceci :

« J’ai effectivement traversé l’Espagne en train et sans billet, en 1971, du temps de Franco, mais c’était au retour d’un voyage en stop au Maroc. Je n’ai pas une goutte de sang espagnol, je suis né au Maroc, où j’ai passé mes dix premières années, mais mon père était d’origine normande et ma mère franc-comtoise… :-)) »

Paul et une des belges

Là il s’occupe de la BD à Hamburg. Il raconte plein de trucs hilarants, son voyage en stop pour aller aux Indes dans sa jeunesse mais finalement il s’est arrêté avant (vraiment avant en Allemagne)…Il part demain c’est dommage, j’aurais bien écouté encore ses histoires.

                                                                                                                                                    10/10/11

Le FIBDA, c’est fini mais je reste encore quelques jours. Ce matin, Rachid m’a posé au St Georges Djazaïr et son tonton Boualem qui y travaille m’a fait une visite guidée.

Le Djazaïr est un ancien palais du Dey d’Alger au temps des Ottomans, plein de faïences, de mosaïques, de sculptures, d’objets d’art. Eisenhower y est venu en 42 en vacances, -non il bossait quand même un peu pour préparer le débarquement allié- alors, il y a toujours sa suite. Avec le même mobilier, m’a dit Boualem. Bon ils ont ajouté un jacuzzi par chambre, et dans certaines chambres y a des lits où on peut se mettre à 6 sans se déranger.

le resto chinois

la salle de conf

la mosaïque de Tipaza

les plafonds laqués et sculptés

C’était super, il m’a emmené dans les suites, la salle de conf, les salons privés, les chambres, les jardins, la salle de sport, la piscine, partout ! y’a même un restaurant chinois pour satisfaire les caprices des clients qui veulent bouffer chinois en Algérie.

les jardins

Boualem m’explique que la semaine dernière Cheb Khaled en personne était là…et avec, moins prestigieux Smaïn, mais si ! le gars pas drôle des années 80.

Ensuite je suis redescendue rejoindre les autres au Safir –rue Mohamed V rue Didouche Grande Poste Rue derrière la poste qui va au Safir- et on est allés tous manger au Tyrolien –ça ne s’invente pas-Le Tyrolien est un mini resto où on est assis en carré –comme chez les japonais- autour d’un grill : le principe est simple, tu manges tout en brochettes cuites sur le grill, on a pris un peu de toutes les viandes : poulet mariné, du steak de la kefta, des merguez, du foie ; le tout avec des olives de la salade et une sorte de Cherchouka  pimentée. Et Rachid et Yasmina ont voulu absolument payer pour tout le monde mais il me semble que pour le coup c’était pas donné, en plus on a bien bu. Comme c’est un endroit où on sert de l’alcool l’entrée est bizarre c’est fermé tu toques et un malabar vient ouvrir (limite avec une barre de fer, welcome) et referme le verrou aussitôt derrière toi. Et ça donne une ambiance Prohibition à l’américaine. On a pas pu retourner à la Madrague, où deux semaines avant des énervés avaient tout pété et planté un jeune gars, parce qu’on y sert de l’alcool…Ambiance.

Ah oui, c’est aussi ça l’Algérie, je me rappelais plus -on est en 2011- mais dans les hôtels, si t’es pas marié avec la personne qui veut partager ta chambre, tu peux pas prendre une chambre mixte. –comme dans tous les pays musulmans Sigh !- D’où les stratégies invraisemblables développées par la jeunesse…

                                                                                                                                               11/10/11

Tout le monde est reparti.Rachid avait un truc pas marrant à faire et m’a déposé en haut de la Casbah, à côté de l’hôpital. J’ai pas vraiment descendu dans la casbah, je suis allée trop à gauche vers Bab el Oued où je retrouvais Yasmina pour acheter des bons gâteaux.

Alger c'est bleu

J‘ai quand même quelques photos que j’ai faites avec l’appareil de Rachid- un truc énorme qui dit tout de suite « c’est moi, la gaouria pleine de fric avec l’appareil énorme et du cash dans mon sac, venez donc me dépouiller ! »

                                                                                   Après avoir acheté les gâteaux avec Yas, je suis repartie vers la Casbah mais en bas, avec l’idée de remonter…mais des gars où j’ai acheté des dattes au marché m’ont dit de « surtout pas y aller toute seule mademoiselle ! ».

J’ai dit « oui » et j’ai quand même essayé, j’allai monter et j’ai vu une petite boutique de tailleur –qui me faisait penser au conte « le vaillant petit Tailleur » et j’ai discuté un peu avec le Monsieur très gentil.

Mais un gars de la Hanut aux cigarettes à côté des dattes du marché, est revenu spécialement me chercher dans le magasin. Et a expliqué qu’une fille russe s’était fait dépouiller la veille dans la Casbah et pire ! Taper dessus. Bon là, j’ai abandonné, je veux encore bien filer mes sous mes gâteaux et l’appareil de Rachid, mais pas me faire taper dessus en plus. Du coup je ne sais pas à quoi ressemble aujourd’hui la Casbah. Déjà que le gros flic sympa était venu me mettre en garde à Bab el Oued… J’enregistrais dans la rue « les bruits de la rue » alors j’ai ce qu’il m’a dit. Cliquer ici pour entendre 

à Bab el Oued

Ensuite on avait rencart chez les parents de Rachid le soir, j’ai retraversé Alger d’Ouest en Est. Un gars dans la rue a trouvé le moyen de me dire « Fôk » en arrivant à ma hauteur. Je suppose que c’était une proposition, à moins que ce ne soit une insulte.

C'est notre Zebda à nous?

Alors Alger j’adore, sinon je ne reviendrais pas, par contre, ça me fait une impression encore plus dure qu’en 93 : y’a une sorte de pression morale et d’ingérence omniprésente. C’est fatigant à la longue. Pis y’a que des mecs. Et ça doit être minant pour les gens qui vivent ça tout le temps. Chez les parents de Rachid, ça nous a fait un peu de calme enfin.

la vache riante -je prends toujours la photo-

             Puis le lendemain je suis rentrée à Paris.

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