Procès 13/11 les accusés et la religion (2)

Comme Asufi était covid la semaine dernière on a repris que mardi 25 janvier avec Usman. Je n’y étais pas, d’après le compte rendu de Charlie, assez fidèle, Usman (le type arrêté en Autriche en compagnie d’Hadadi l’Algérien, veut juste rentrer au Pakistan, n’a pas participé, aux attentats. En effet, il était en prison en Autriche, heureusement, parce qu’il était sur la route… Nous entendrons une dame du QER
quartier d’évaluation de la radicalisation (groupe de personnes qui essaient de déceler parmi les détenus, leur niveau de radicalisation) à son sujet demain.

Mercredi 26, Bakkali


Il est rasé de près, la tête, pas la barbe, et dit « je ne suis pas en capacité de vous répondre, j’ai eu un procès hier (le Thalys) je ne suis plus en capacité de répondre, parce que quoique je dise, je suis déjà jugé , je suis fatigué démoralisé ».

Donc il a été condamné hier pour peut-être avoir ramené en voiture des terroristes (Khazzani le gars du Thalys , toujours vivant et Abaoud qu’on ne présente pus) de la Hongrie, et de l’Allemagne en Belgique.
Bien que Khazzani qui tire sur les gens dans les trains, dise ne pas le reconnaître comme chauffeur, vu qu’il a loué des voitures à son nom et que les terroristes se sont retrouvés à Verviers, justement son patelin en Belgique, il a pris 25 ans de prison ferme. Donc ça l’a séché le jugement d’hier, normal alors il ne parle plus.

Périès essaie de le motiver, « vous pouvez faire appel, tentez votre chance» Bakkali répond « dans des affaires de terrorisme aussi graves ? » la salle d’audience rit. (aucune pitié). « de toutes façons, ce qu’on vit actuellement, ici on ne voit que ce qui est apparent, je suis pas bien, ce que je vais dire sera interprété».
Périès temporise ; « on va évoquer ce qui a été dit, puis si vous voulez intervenir, vous pourrez, n’hésitez pas à demander la parole ».
Mais Bakkali se tait.

Périès le cite d’après les dépositions successives, « je ne suis pas d’accord avec les actes terroristes, je les condamne » mais comme on a retrouvé des tas de chosestelles que mécréants alliés du diable, jihad moujahidins récompensés, ténèbres et désordre, bienfaits de la charia, dans l’ordinateur chez ses parents, il dit « on aurait bien aimé vous entendre à ce sujet plutôt que le silence…Vous connaissez ces Pdfs ?
Bakkali ne dit rien.
Péries continue  » …vous fréquentiez les trois mosquées de Verviers ( !!! pour 50 000 habitants, sont fous les belges), collectes pour la Syrie, l’état islamique ? l’humanitaire ? Échanges téléphoniques avec les frères Bakhraoui (les 2 explosés à l’aéroport de Bruxelles), faux papiers, location d’un appartement pour Brahim Bakraoui… et dossiers clairement radicaux dans l’ordinateur, alors dites nous y’a Abaoud aussi ? « 

On ne le saura pas.
La cour (assesseurs, ministère public,) les avocats, tout le monde insiste, « venez nous dire par respect pour les parties civiles qui veulent comprendre »… RIEN.
Les avocats de la défense essaient de sauver leur client respectif ; « …dans l’intérêt d’Atar, vous avez dit que c’est un musulman très assidu, en fait non hein, alors ? ». Toujours rien.

Ensuite, à la lecture des dépositions de sa femme, on comprend que c’est un gentil papa, honnête et investi, et très religieux quand même. Et là à force d’être à l’isolement, il a des crises d’angoisse.
Ok pause, puis on a son frère Abdelmajid, qui vient témoigner. Il a la même voix que Mohamed Bakkali. Alors son frère est une personne calme, empathique, intelligente, qui ne fait rien d’illégal. Qu’en plus Verviers est à 100 km de Bruxelles, et que c’est une petite ville sans histoires par rapport à Bruxelles, c’est là bas que t’as de mauvaises fréquentations ».
Périès demande « et à propos de la radicalisation ? » il répond « on a pas la même perception de la radicalisation, 5 prières et les piliers de l’islam, normal quoi… »
Il explique qu’il est parti au Maroc en mai 2014, monter une affaire et qu’il a laissé les clés de son ancien appart chez ses parents pour le courrier, pour quand il revient en famille de temps en temps, avant son installation définitive au bled… et que Mohamed a dépanné un des frères Bakhraoui dedans sans le lui dire. Par gentillesse… « il a mis quelqu’un dans mon appart sans que je le sache, c’est interdit ça, quand je suis rentré en septembre 2015 pour quitter définitivement l’appartement, mon frère était mal à l‘aise quand il est venu me chercher à l’aéroport ».

Encore une occasion de déceler le fossé de classe sociale… avec les questions de la cour : « …donc vous avez touché le chômage et gardé votre appartement en Belgique pendant tout ce temps ? » (tu les vois venir?)

« ben c’est pas facile de partir hein, faut être sûr de son coup, en famille en plus… c’est pas pour profiter du système hein, je le payais mon appartement, et le chômage j’y avais droit.» (non mais)

« …des dépositions de voisins disent que vous avez déménagé 7 matelas » « ah non c’est la déposition de Monsieur Boncart, un bon raciste (avec l’accent belge), parce que comme j’ai fait le déménagement avec mon équipe de foot après un match, on a fait ça le soir, on a tout sorti en 20 minutes, il a dit qu’on a fait vite, comme si j’avais essayé de fouir. » (fuir en belge)
(celui là je trouve ça bien jusqu’au moment où il dit « …parce que ma femme avait un niqab, alors on était pas bien vus ». Ben tiens.)

Et les avocats de la défense « … Comment interprétez vous le silence de votre frère ? » « il est jugé d’avance, on a un sentiment d’injustice, par exemple, dans l’affaire du Thalys, son ami le plus proche n’a pas été interrogé, tout est déjà joué, je ne sais pas pour qui il a loué les voitures . Il a rendu service» .

Jeudi Madame Cade directrice du QER (quartier d’évaluation de la radicalisation) à Fleury. Et témoin d’Usman.
Aujourd’hui, « en l’occurence » versus « takya ».

Périès resitue l’accusé, qui a été 5 ans en madrasa (école coranique) au Pakistan, élevé dans une famille et un environnement super musulmans. Parti en Syrie très jeune avec un religieux de son bled, « quelqu’un m’a retourné le cerveau » s’est retrouvé en Syrie embarque par un cadre…
Puis mandaté pour venir se faire exploser en Europe. Madame Cade qui utilise l’expression « en l’occurrence » au moins 20 fois, dit que les observations menées pendant plusieurs mois par l’équipe, ont conclu à une non-radicalisation, il est d’ailleurs en détention normale. Il a évité les contacts avec les
musulmans, s’est désengagé de l’État islamique, les fouilles régulières n’ont montré aucun texte islamique…

Questions de la défense, « est-il possible de dissimuler quand on est expertisé par le QER ? « la dame dit « non, c’est très difficile, car nous sommes plusieurs à évaluer, à base d’entretiens, d’observations, de réinsertion dans des activités collectives avec des éducateurs, échanges informels observés, et contacts en prison… »


Question de parties civiles (soupir)


Maktouf (double soupir)

« qu’est ce qui dit que vous n’êtes pas la proie de la takya de Monsieur Usman » attention le mot takya va revenir 10/12 fois dans les débats du jour, donc ça veut dire « art de la dissimulation ».
(Usman a l’air plus crétin que fourbe, mais ça aussi ça fait peut-être partie du jeu) Madame Cade répond « je ne suis pas toute seule, ce sont de regards croisés, nous faisons exprès de ne pas avoir toutes les informations du passé des personnes observées pour rester objectifs » (ça a l’air pas mal ce QER).
Une autre « comment pouvez vous affirmer qu’il a une faible connaissance de l’islam alors qu’il a 5 ans de madrasa derrière lui, l’organe de formation des talibans, c’est un homme très pieux ?» (y’a plein de gens qui sont mauvais à l’école non ?)
Elle répond « ce sont les observations de l’imam de la prison de Fleury»…

Ensuite le attaques s’enchaînent, ça vise à discréditer les dires de Madame Cade, c’est pas facile pour elle, « Pas de doute ? « « Victime de manipulation « vous l’avez cru »… elle répète « ce n’est qu’une hypothèse »…
Un dernier trou du cul l’achève avec un hautain « je suppose que vous avez appris beaucoup de choses aujourd’hui ».
Périès intervient « c’est un outil de gestion de la radicalisation, on va pas revenir là-dessus… »

Madame Cade dit « je ne peux pas revenir sur une synthèse réduite de 2020, on ne parle pas de sortie de prison…ce sot des faits observés sur une période, son implication, les attitudes surveillées, les liens avec la famille… en l’occurence c’est une hypothèse ».


Les avocats de la défense essaient de savoir quid du QER et de leur client ;
Celui d’Attar demande pourquoi il n’a pas pu bénéficer du QER, celui de Karkach martèle que son client a été considéré comme pas du tout radicalisé, et celui de Bakkali demande ce qu’on en a pensé.
Madame Cade répond au sujet de Bakkali qu’il était concentré sur la licence qu’il a validé en prison, et dit que les échanges menés ont surtout montré son inquiétude quant aux jugements qui l’attendaient.
C’est la pause, on remercie Madame Cade.


On s’énerve de l’absence de Mme Grégoire, juge belge, qui ne veut pas venir.

La reprise, c’est Jawad Benhattal témoin pour Bakkali ; cousin (pas de chance) de Yacine Atar et des Bakhraoui ; il dit que Bakkali n’est pas concerné. Que son cousin Bakhraoui était en relation avec Bakkali 3/4 fois pour des histoires de fringues de contrefaçon.
Il est plutôt surpris de la radicalisation des uns et des autres puisqu’il faisaient des braquages (et plusieurs condamnations) à droite à gauche… Il s’est retrouvé en prison en même temps que Bakhraoui, Attar…
Périès demande « vous avez appelé 35 fois Ibrahim Bakhraoui… »
Lui « non non les flics belges ils font n’importe quoi, (on a déjà entendu ça, curieux), c’était pas mon téléphone, en plus j’étais en prison à ce moment là »
(le boulet on note, il sort il y retourne il sort il y retourne…)
Il dit qu’il n’a vu aucune radicalisation chez ses cousins, juste des prières, et a juste acheté une voiture à Bakkali.et à chaque fois il est calme, posé, avec sa fille souvent…« je ne sais pas vous dire, Bakkali, il avait une BMoué -BMW en belge- Il est doux, facile à arnaquer, il s’est fait avoir, utiliser. »
Un avocat de la défense d’Asufi, revient sur les flics belges « la DR3 ils menacent facilement, comme les écoutes dans la voiture n’ont pas donné grand-chose, à l’interrogatoire, il s’est passé quoi ? »
Benhattal répond « oui ils m’ont dit de tout dire et que je serai libéré le jour même, sauf que je savais rien, moi c’est les braquages, je pensais pas du tout qu’ils feraient ça mes cousins, et Asufi il fait rien lui, c’est pas une personne qui braque, non violent, il fume du shit, il aime la rigolade, c’est pas le mec dont t’as besoin pour une kalach’, les frères Bakhraoui, ils en avaient déjà. ».

Vendredi C’est Amri


Celui là il est allé chercher Salah Abdeslam, la nuit du 13 en aller-retour avec Attou.
Bruxelles-Paris, dans une bagnole fraîchement vendue par Brahim Abdeslam.
D’abord des gens en vidéo-conférence depuis Bruxelles, le papa explique que c’est
un bon garçon qui est arrivé en Bekgique à l’âge de 17 ans, et qu’il est gentil et rend
des services.La preuve il aime travailler au samu social. Son seul problème c’est le
shit, mais jamais il aurait imaginé qu’il soit condamné pour terrorisme.


Alors à l’attaque !
Makhtouf « bdn;sbcbhdbjc… »
Périès lassé « dans le micro Maître Maktouf »
Maktouf « vraies relations père-fils, comment cela se manifeste-t-il ? vous habitez à 30 km ? »
« oui au téléphone très souvent, de temps en temps les week-ends… »


Zwart « loin de la radicalisation ? Mais il fréquente les béguines ! »
(Pour la centième fois) « oui ben c’est un café normal, personne ne savait à l’époque … »
Zwart « vous n’avez pas d’ élements concrets en réalité ».

Truong « pas radicalisé ? Pourquoi arrêté ? »
le papa « …il a fréquenté ces gens sans savoir, lui il est gentil, il rend service volontiers »
« au point de faire Bruxelles-Paris en voiture après une nuit de travail ? »
« il peut rendre ce genre de service oui, si un copain lui dit qu’il est en panne … vous savez il les connaît pas très bien, il travaille au café, c’est petit, toujours les mêmes, on finit par devenir copain… lui c’est pas un criminel comme Abdeslam»

La défense Ronen l’avocate d’Abdeslam
« pouvez-vous confirmer que mon client est un tueur ? c’est fondé ? c’est dans les journaux, ou vous le connaissez ? »
le papa « son frère s’est fait exploser, lui non, mais c’est prévu…c’est des tueurs, des criminels »
« oui c’est de la rancœur naturelle » ( !!!! oui on a un peu de rancœur, permettez)
« Mohamed (Amri) il n’a tué personne, il n’avait pas de ceinture explosive, sa mère souffre … »
« …ça vous le savez des médias » (en fait elle va finir par nous faire croire qu’Abdeslam était venu à Paris complètement par hasard et qu’il n’a rien à voir avec les attentats)
«… oui »


Nogueras, son avocat, conclut en insistant sur le fait qu’il n’est pas radicalisé, que sa femme ne porte pas de foulard, qu’il ne prie pas toujours, et que la voiture qui a servi à rapatrier Abdeslam, et qu’il avait achetée à Brahim Abdeslam auparavant, n’a coûté presque rien.


Sa femme témoigne : (une belge néo-convertie, c’est pas malin)

Donc, Amri travaille au samu social de nuit, entre octobre et mars.
Ce jour là, vendredi 13, il travaille, et appelle sa femme pur lui dire qu’il va bosser jusqu’au matin.et revient claqué le lendemain midi.
Il lui dit qu’il est allé chercher un copain, (pas où) et va dormir.
Ils se connaissent depuis 2009, mariés en 2013, elle dit qu’il est gentil, serviable tourné vers les autres, pas très causant.


Ensuite la cour l’interroge au sujet des clés USB contenant des anashids, de traces de recherches état islamique dans un téléphone et d’une Mercedes dans le garage.
« la Mercedes en fin de vie, cadeau du beau père, et les clés elle ne sait pas s’en souvenir. »


Nogueras intervient pour dire que les fichiers étaient anciens et les recherches supposées islamistes, sont générées par certains moteurs de recherche automatiquement.


La cour demande des précisions au sujet du caractère gentil, parce qu’un voisin le décrit comme irritable.
« aaaah oui celui là, un casse-pieds que mon mari remet en place… »

Les parties civiles (déchaînées)


Chemla (qui dit « en soi » tout le temps), insiste beaucoup sur la nature de leur relation, pourquoi il ne lui a rien dit au téléphone ? »
elle répond « parce que je lui aurais dit non, ça aurait discuté, parce que moi je savais qu’à Paris c’était le chaos, lui il a bossé toute la nuit… »
« quelle vision avez vous du mari dissimulateur ? (allez il ressort le mot takya) vous êtes un couple uni ou conflictuel ? Pourquoi il ne vous a rien dit ? «et utilisé votre
voiture ? »
« «… déjà la voiture c‘est à lui pas à moi, à cette époque je n’avais pas le permis… »
Elle pleure. « il m’a préservée pour que je n’aie pas peur, pas de peine »


Zwart (jamais sympa, je l’ai entendu causer avec ses clients devant moi, pour elle, y’a rien à faire tous en perpète… j’avais envie de lui demander si ça vaut le coup de faire un procès aussi long dans ce cas…)
« alors il rentre de son trajet, il mange des œufs et il va se coucher… »
« oui c’est normal il a pas dormi de 24heures… »
« ..et vos disputes c’est à quel sujet ? »
« au sujet des stups, de ses sorties tardives, de ce que je l’ai surpris une fois traîner aux béguines »…

« ah il ne vous a pas dit qu’il y travaillait ? »… « mais il n’est pas calme puisque des coups dans les meubles ont été notés pendant les perquisitions , une porte, le lit… »
« ben ça peut arriver, quand on est énervé vaut mieux taper dans les meubles que sur les gens , euh c’est un lit ikéa… »
La salle se marre. (moi aussi j’ai un lit ikéa y’a quoi? moi aussi ça m’est arrivé de casser une chaise au lieu de l’adolescent réfractaire qui m’énervait)


« vous parlez de l’islam, des attentats entre vous ? »
« non, on est pas très intéressés, mais en ce qui concerne l’islam, s’il aurait cette otique là (hiiiii) , vous croyez que je serais habillée comme ça, que je travaillerais, que je sortirais avec mes copines, que j’aurais le permis ? »
« vous avez un compte FB au nom de ? Iman ? »
« oui je me suis convertie avant mon mariage … »


Maktouf revient sur l’ordi avec les anashid…
« ce sont des anashid de mariage, que j’avais cherchés en 2013, c’est moins cher qu’un orchestre pour se marier. »


Et un avocat putassier glisse, « saviez vous qu’il a dit, lorsqu’on lui a demandé ce qu’il est allé faire à Aix la Chapelle avec Attou, être allé aux putes ? »
« …euh oui »

(J’espère que de ma vie, je n’aurai jamais à faire à ce genre de connard.)


La défense


D’abord l’avocat d’Abrini « Bruxelles, n’est pas un lieu de radicalisation, si ? »
« non pas que je sache, y’a ptet des quartiers, Molenbeek, bon ben y’a beaucoup d’arabes ? »
« on vous reproche de ne pas avoir parlé des attentas ce jour là, pourtant moi je n’en ai pas non plus parlé, on aurait dû obligatoirement ? »
« ça a une certaine place, mais y’a pas que ça. ..on est pas intéressés à la géopolitique, ni à
la politique »
« vous ne portez pas de voile ? «
« non c’est comme on veut, un choix personnel, il m’est arrivé de le mettre dans sa famille avec les autres, mais il m’a laissé le choix de le porter ou pas ».


Nogueras enfin (qui défend Amri) revient sur le côté festif (ahah, musicalement c’est marrant comme une bourrée provençale), des anashid de mariage, dit que sa langue d’origine c’est le rifain, pas l’arabe classique, et que donc, c’est pour la musicalité. Il dit « moi même j’écoute du rock anglais je ne comprends pas tout ».


On remercie le témoin.


Ronen (avocate d’Abdeslam) intervient pour dire que ce serait bien de ne pas rudoyer les témoins, de ne pas les considérer comme des accusés, et de veiller à maintenir un climat serein, si on veut qu’ils continuent de témoigner.
Periès renchérit « on n’est pas des politiques ni des parlementaires, ce serait bien qu’on ne s’invective pas de part et d’autre et qu’on respecte un climat digne ou la contradiction est possible.
Un peu de pause avant d’entendre Amri en personne.

Avant la reprise je recroise la journaliste de France 24 qui est venue pointer deux heures, parce que là, elle va se barrer, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un avis tranché sur la question. Elle me demande « vous en pensez quoi ? » Et répond à ma place. (des trucs que j’entends tous les jours et qui me saoulent, comme, tous en perpèt’, à la guillotine, en général de la part de gens qui ne savent pas du tout ce qui se passe au procès)…


Puis dring l’audience est reprise.
Amri tête rasée chemise blanche, répond à Périès.
On apprend que personne n’était radical, (ben tiens) il allait au casino avec Salah Abdeslam, et Brahim Abdeslam, (son patron un peu, quelques mois au café) fume du shit et boit.
Il voit bien que Brahim regarde des vidéos de temps en temps mais discrètement, même si le café fait 15 mètres carrés.
Il dit ne jamais s’être intéressé au jihad, ni à la Syrie, et lorsque les autre partaient en Syrie, c’était pas connu, on le cache ça, plutôt et on est au courant bien plus tard.
Et à force de fréquenter Salah qui passe de temps en temps au café, c’est « quelqu’un de bien », ils vont en vadrouille ensemble, casino etc…mais Salah ne fume pas. (Amri dit « la vérité » tout le temps, au point que le gars du ministère public lui dit désagréablement, « eh bien dites la , la vérité ! ».


Du coup, il n’a plus rien à dire, à part qu’Oulkadi dit plein de conneries, notamment au sujet de Brahim Abdeslam qui ne serrait soi-disant plus la main aux femmes.
« …euh la vérité euh non ». (Quelques-uns ressortent la takya).


Périès reprend une avocate des parties civiles qui l’agresse, « ne soyez pas agressive »
et cette nouille d’Amri dit « la vérité, elle est agressive mais gentille ». Eh oui c’est pas gagné…


Encore un téléphone qui sonne « c’est un véritable standard téléphonique » dit Périès …bref on
se déconcentre il est tard, On lui demande s’il protège le frères Abdeslam, il répond « je comprends pas votre question , je mes suis fait avoir par les frères Abdeslam, et en plus je suis en prison, c’est la double peine. »


Un autre avocat demande si on peut parler des trajets en voiture , Périès dit « ah non sauf si on veut y passer la nuit », Truong pose une question à tiroirs au sujet de sa tolérance à l’islamisme, il répond « ohlàlà mais vous dites quoi ? « Périès dit « oui moi aussi je vous ai un peu perdue Maitre Truong, je reformule… » il rdit la phrase en compréhensible.
Truong « c’est tout à fait ça »
Périès « ben demandez moi la prochaine fois », (on se marre)


Bref au sujet de la radicalisation, il a rien vu venir, pas branché Syrie, « on en parle que quand quelqu’un y est parti, après son départ ».
Maktouf veut des précisions horaires, il répond laconique et fatigué « quoi quelle heure ?12h31
… je sais pas moi » Un dernier lui dit « alors Salah Abdeslam, maintenant c’est toujours quelqu’un de bien ? »
« je lui en veux, la vérité, mais chuis content qu’il soit encore en vie… »
« Mais c’est encore un ami ? »
« c’est compliqué, c’est compliqué »

La défense s’évertue à confirmer qu’il n’y a pas de radicalisation…
L’avocate de Karkach (qui dit « afin de purger ce point » tout le temps) lui fait dire qu’il préfère le rap aux anashids, que la clé USB avec les fichiers terros étaient à Salah Abdeslam, mais il est fatigué, il pige pas qu’elle lui tend une perche et répond « en vérité j’ai pas de souvenirs, j’ai rien à dire… » pas facile.
Elle insiste « si c’était à refaire, vous n’iriez pas chercher Salah ? » « hein ? Heu oui je comprends pas…euh non … mais je peux même ajouter que pendant le retour quand Salah nous a dit ce qu’ils avaient fait, je lui ai dit que c’est mal, Attou confirmera. Il m’a répondu ta gueule, et que je connaissais rien à la religion. »


Et pour finir, Nogueras nous amuse un peu en disant « pour rebondir au sujet de Maître Maktouf et des téléchargements du 21 juin 2015, en plus des recherches suspectes mais qui étaient effacées, vous avez également téléchargé « moi moche et méchant » et « le transporteur » …où en étiez vous de la radicalisation à ce moment là ? Vous savez que vous êtes poursuivi au sujet de votre radicalisation, mais qu’on a que de faibles indices. Vous en avez conscience ? » « ? … » Amri est fatigué.
Et l’audience est levée. À 20h40, on est tous exténués.

Et voilà… ça reprend mardi 1 février.

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