lettre aux (D)jihadistes paumés

Lettre ouverte aux paumés djihadistes

Vous partez en Syrie pour faire le djihad.

Vous voulez aider ces gens maltraités par Bachar.

Vous revendiquez l’islamisme en France et vous vous sentez victime de l’islamophobie.

La guerre sainte sunnite contre Bachar, un alaouite chiite vous semble très justifiée, vous êtes un héros qui vole au secours de la population syrienne, et qui veut installer au pouvoir le sunnisme, la « vraie » branche de l’islam pur.

Alors, vous voilà moujahidin, ou taliban ? c’est là qu’on commence à ne plus trop savoir ce que vous voulez…

Etes-vous certain que ce que veut le peuple de Bachar, c’est installer une république islamique sunnite ?

Finalement, un pouvoir religieux, comme en République islamique d’Iran, sauf que là-bas, ils sont chiites, c’est des ennemis qui d’ailleurs soutiennent Bachar.

En fait c’est juste histoire d’être pas d’accord, la finalité est la même : installons une dictature religieuse, avec un guide suprême,  une chari’a. Mais sunnite.

Je crois que le peuple syrien ne veut plus de dictature, plus de contrainte religieuse, plus de prisons plus de peine de mort…

Vous voilà fin prêt, après avoir interprété le Coran à l’arrache avec des imams peu scrupuleux.

Des imams autoproclamés dans les rangs du FIS ou du GIA dans les années 90 en Algérie.

Vous pensez que tout le monde devait vivre comme en 732, mais vous ne savez plus trop si vous êtes salafiste, fondamentaliste, en tous cas vous êtes très vertueux. Et votre femme est naturellement intégralement voilée, c’est elle qui a choisi, vous êtes « ouvert ».

Je crois que vous confondez islam et islamisme : l’islamiste est barbu, moyen-âgeux, il dit « la yadjouz » , il interdit le blasphème la musique et le vin, il éclate des bébés contre les murs, il enferme les femmes… on ne parle pas du simple musulman qui respecte les 5 piliers dans son coin, on parle du shetan, le vrai, celui qui lapide les gens, coupe les mains, fouette les mécréants, celui qui est d’un autre siècle, au nom d’un djihad décrit dans un livre médiéval, et qui revient l’air de rien un peu partout.

Votre engagement guerrier est d’autant plus étonnant que vous avez été élevé dans un pays où il existe une liberté de penser et d’agir, où l’enseignement est pour tous, où la caisse d’allocation familiale vous a permis de grandir et de partir en vacances, où la caisse d’allocations chômage vous a permis de vivre, où l’assurance maladie vous a permis de vous soigner, tout ça dans un pays avec l’eau au robinet quand on a soif .

Donc, vous choisissez d’abandonner ces choses confortables, mais pour un temps seulement.

Car, quand vous aurez eu l’impression d’avoir suffisamment contribué à la guerre civile qui sévit dans ce pays (d’ailleurs vous allez vous rallier à qui exactement ?) que vous serez blessé par un éclat de bombe (au mieux) ou mort (au pire), vous viendrez vous faire soigner ou rapatrier à grands frais français (puisque ça ne vous plaît pas, mais vous êtes français malgré tout et l’ambassade de France vous ramènera à tout prix).

Partez en Syrie, en Afghanistan ou ailleurs, mais faites votre choix une bonne fois pour toutes, vivez comme les locaux. Laissez derrière vous la Caf, pôle emploi, l’assurance maladie… Et découvrez avec bonheur la vie sans argent, sans soins, sans confort et la guerre.

Rappelons toutefois quelques extraits de sourates qu’on ne peut pas interpréter et qui devraient guider vos pas :

Evitez de tuer :

  • l’interdiction de tuer des innocents (« Épargner les enfants, les fous, les femmes, les prêtres, les vieillards et les infirmes, sauf s’ils ont pris part au combat » 9)49 ; (Cor. V, la Table servie : 31-32) : « Tuer une seule personne (innocente) est comme tuer toute l’humanité ».

Attendez d’être agressé avant de riposter :

  • l’interdiction de provoquer le chaos (al-fitna50(Cor. II, La vache : 190-191) : « Le chaos (fitna) est pire que la guerre. Tant qu’eux ne vous combattront pas dans l’enceinte sacrée, ne leur livrez pas la guerre. Si eux vous déclarent la guerre alors tuez-les. Voilà la fin des infidèles ». Là vous êtes mal, dans le cas de la Syrie ils sont tous fidèles…

et s’il vous prend l’envie de faire le kamikaze :

  •  (Cor. IV, Les femmes : 28-29) : « ne vous donnez pas la mort ».
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mon voisin le barbu

Mon voisin Totoro non le-barbu

Mon voisin-le-barbu  est un récent converti à l’Islam radical. Donc, il est barbu, et fait du prosélytisme le vendredi  auprès des mecs qui servent à rien en bas de l’immeuble,  sa femme voilée à la pakistanaise ne sort que très rarement, et quand il est obligé de me croiser j’ai l’impression d’être le diable en personne. Si on part en même temps et qu on se retrouve tous les deux sur le palier,  il trouve un prétexte pour rentrer chez lui et aller chercher un truc, si on arrive en bas en même temps, soit il se jette dans l’ascenseur et il se dépêche de le faire partir avant que j’arrive, soit si c’est moi qui ai appelé l’ascenseur, il cafouille dans sa boîte aux lettres pendant des plombes pour que je me casse.

Sur mon palier il y a également deux familles juives, enfin c’est la mezouza (le truc en diagonale avec un bout de parchemin de torah) qui nous explique qu’ils sont juifs, sinon pas de kippa et de délire religieux, pas de shabbat, pas de fêtes religieuses,  ils sont très cools. Une famille juive de chaque côté du barbu. En face du barbu il y a une asiatique et son mari pas asiatique, très discrets. Je ne sais pas comment il gère ses autres voisins de palier, mais nous on est vraiment des shetans (diables en arabe), d’autant plus que nos potes arabes qui passent sont pas très halal.

En plus Il ressemble à Landru, et il s’absente des mois entiers en famille… je sais pas ce qu’il fout, ses mômes vont à l’école je suppose, alors je me mets à délirer et à penser qu’il est en camp d’entraînement familial en Afghanistan, ou dans le sud de l’Algérie avec AQMI… en attendant toutes les portes sont repeintes sauf la sienne, et il a pas laissé ses clés au concierge, des fois qu’on découvre tout un arsenal. Un jour il a fait cramer  un truc, il a bien failli foutre le feu. Si ça tombe il faisait des expériences chimiques, un entraînement pour faire diversion chimique à la caisse du casino ? Tiens je vais m’associer. Ah non merde, il s’associe pas au genre opposé.


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les Ardennes

Mon grand-père était le chirurgien de Revin et de la vallée de la Meuse jusque Givet où il avait un associé.

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revin

 

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Ex Hôpital de Givet

 

 

 

 

 

 

C’était avant 1980, quand la vallée regorgeait d’usines et de fonderies, rien qu’à Revin y’avait 12 fonderies, 5 usines (Arthur Martin Porcher…) . Il a opéré les malades, réparé les mains prises dans les machines d’usine et les accidents divers de fonderies… Un jour, il a récupéré la jambe et le pied d’un ouvrier en fonderie qui avait reçu le métal en fusion dans sa botte. Il y a aussi une histoire de chien qu’il a opéré pour lui enlever un os coincé dans sa gorge, le chien venait tous les jours à la même heure le saluer à la clinique de Revin où il bossait.

J’ai habité Charleville en 86 et 87 les usines de la vallée avaient commencé à fermer et chaque week-end quand je prenais le train de la vallée pour aller à Revin, y’avait une usine fermée en plus, à Nouzonville, à Joigny, à Bogny, à Monthermé, à Deville,à Laifour, Anchamps ou Revin…

J’y suis retournée en septembre 2013, c’est toujours aussi beau, mais y’a plus rien,  à Revin il reste Arthur Martin (sur une quinzaine d’usines en 80) qui va peut-être devenir chinois, le site des usines en face d’Orzy (Béroudiaux fonderies) a été rasé, la piscine qui était dans l’usine aussi.

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Friche du site Béroudiaux à Revin

 


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Place Gonzague à Charleville, on voit ça. Et la place Ducale, une ville riche Charleville…  pleine de beaux bâtiments et de portes sculptées.

 

 

 

 

 

et aussi les usines entre la rue de l’abattoir et la rue de l’abreuvoir

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J’ai vu que Deville à Charleville a aussi récemment fermé. Déjà en 86 le site des abattoirs et à côté avait déjà fermé. Mais là y’a carrément plus rien.


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Heureusement dans la vallée, quand ça va mal, on peut s’en remettre à St Antoine. Il faut juste aller à l’église des hauts-buttés.

st antoine

ex voto

Mais j’ai pas l’impression que St Antoine ait réussi à lutter contre la délocalisation des grands groupes.

On peut peut être s’en remettre à la bière ?

brasserie

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klagenfurt / österreich

Quand on arrive en Autriche, ce qui frappe c’est qu’on traverse des stations de ski et des glaciers en autoroute.

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Ensuite, on va à la baignade car il fait 37 degrés à l’ombre et on a pas envie d’escalader les montagnes.(très jolies mais très hautes).

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Comme on voit c’est très organisé, pour 1 euro par enfant et 2.5 par adulte, on peut passer la journée à la plage organisée : des douches, des cabines, des jeux (gratuits) pour enfants, une scène avec des groupes « rock » autrichiens fantastiques (!), des cantines, des cafétérias et même un bar : Bier Insel (l’Île à bières) Miam ! des saucisses frites et des glaces avec de la bière.Et tu peux trimbaler ton plateau à ta place.

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Le bled ressemble à ça avec quatre kebabs dont deux vraiment délicieux.

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La croix dans la lune, c’est un jour que les Ottomans ont perdu contre les chrétiens qui n’ont pas eu la victoire modeste. Et là, incredible ! un magasin de coiffure africaine ! Mais je suis à Strasbourg St Denis ! Par contre je me demande qui y va ; c’est le comté de -feu- Haider le faf, on a vu quatre familles turques (les kebabs) une chinoise qui parlait super bien allemand, et quatre noirs seulement (un ado et deux jeunes filles et un footeux qui cause anglais) en une semaine. Et le « trachten » (voir plus bas) ne va pas avec les tresses africaines.

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Voici les fameux « trachten » que je ne sais pas trop à quelle occase on met.Mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’en toute circonstance, on a pas l’air malin. Et voici un magasin de « trachten » (car chacun a la sien dans son placard)

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Alors on retourne à la baignade mais on change de coin et de point de vue.

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Klagenfurt c’était plutôt comme ça …

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Maintenant, y a des filles en short fluo et des resto japonais….aaaaaaaaaaaaa ça dépoussière.

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Tellement y fait chaud on peut dormir sur la terrasse comme au Maroc…(au fond sur le toit)

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à la télé sur les talk shows y’a des verres à vin, des whisky-coca, des americanos…

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Et les Mac-do ressemblent à ça, y a plein de place

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et c’est confortable.Voilà Komfortable (« bequem ») sera ce qui résume le plus l’Autriche. C’est en train de devenir presque sympa à vivre, début de mix de gens, mix d’idées, mix de bouffe, etc…














 

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Gap Gaspe

Voici quelques bons souvenirs de ma vie gapençaise (de 9 à 15 ans) apparemment certains comme moi avant, ont envie de se barrer :

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Voilà où j ai fait mon Cm2, préau j ai un souvenir ahuri de la carte murale des Hautes Alpes en L inversé, avec les rivières, l’agriculture et un mouton. Le maître ne rigolait pas, je crois qu il s’ennuyait à mort, comme nous tous.

Là c’est le préau où j’ai pris ma première raclée. Un con, hockeyeur de surcroît, m’a plaquée contre le mur et étranglée parce que je ne voulais pas ramasser un truc par terre pour lui. Il m’a mis une baffe ou deux, j’ai pleuré de rage mais j ai quand même pas ramassé le truc et je l’ai insulté à mort, du coup il a continué de me claquer mais un instit’ a fini par venir à mon secours.

Là c’est le collège où j’ai appris la fourberie de mes copines. college lycéeUn jour, y en a une qui m’a téléphoné pour me dire des tas de vacheries sur une autre ;  moi naïve et encouragée par la une, j’ai contribué à la « on dit des saloperies sur l’autre » … et la une m’a passé l’autre qui était à l’écouteur. Après ça, je voulais plus retourner à l’école.

Là, à gauche,

c’est la salle de latin (au rez dechaussée) 17h-18h, où une grosse horloge nous montrait sa grosse aiguille que j’ai cru en panne des tas de fois. Je comptais les secondes et les minutes en espérant ne pas être interrogée.

Juste au dessus il y a la salle de maths, où j’ai eu M.Genin de la sixième à la quatrième, un gars qui savait dès la fin septembre de sixième, qui de ses élèves irait en S ou pas. Ben, j’étais pas dans le lot, après avoir fait une magistrale division au tableau, qui s’était transformée en humiliation publique, les maths ça a toujours été un peu difficile.

sciences

Là c’est la cour du lycée, dans laquelle il y avait la cantine. Au fond le gymnase et l’infirmerie, à côté, ça tombe bien.

sciences…les salles de science au balcon, les permanences au RC les salles d’ emt (travaux manuels / techno quoi…) dans des préfabriqués à l’amiante qui n’existent plus. entrée

Et aussi la salle des pions, où il y avait un fichier avec tous les élèves et leurs photos. Je ne sais plus comment j’ai réussi à y piquer la photo de Nicolas Bonnardel, mon platonique de l’époque. (Il avait la langue des Stones sur sa veste en jean, signe distinctif de haute qualité) Et si je le croisais dans la journée, la journée était tout à fait réussie. J’ai du lui dire timidement « Salut » l’année d’après, mais tous mes espoirs ont été anéantis lorsque ma pote Flox m’a dit un jour qu’il sortait avec « Lapin » (surnommée ainsi injustement à cause de ses dents ;  on s’est beaucoup dépêchées de trouver tous les défauts du monde à Lapin, et pire que tout, sa bêtise crasse, reflétée par son ignorance totale du rockand roll, la pauvre).

Dans ce magasin de la rue Carnot langue étrangère -qui n’était pas encore un Camaieu-j’ai un jour décidé de rentrer en inventant une langue et en faisant la fille perdue. (j’avais 10 ans et pas de langue étrangère au français)

C’était vraiment rigolo de dire des trucs qui n’existent pas et de voir que les adultes font des efforts vains pour trouver ce que tu racontes, et veulent tous s’occuper de toi…mais ça s’est méchamment compliqué quand beaucoup trop d’adultes se sont mis à m’entourer et à décider que puisque j’étais perdue il fallait alerter la police. J’ai réussi à faire comprendre que ma mère m’attendait quelque part « place Djean Marsoualin » et que tout allait bien, et ensuite j’ai évité le rue Carnot (principale à Gap en gros y’a trois rues) pendant 6 mois, de peur qu’on me reconnaisse.

Voici le commissariat police ; un jour que j’avais volé des crayons et des gommes à la con -plein-, je m’y suis retrouvée et c’est ma maman qui a du venir me chercher en sortant du boulot (chouette). Le gérant du monoprix n’avait pas trouvé ça drôle du tout (mes nattes blondes n’attendrissaient plus personne) et nous a livré aux flics : on allait régulièrement piquer avec Estelle Jusseaume des saloperies pour les refiler gratos au collège et se faire des copines, ce qui avait l’air de marcher plus ou moins. Mais le père d’Estelle était avocat et elle n’est pas restée chez les flics. Quant à moi j’ai appris du même coup que la loi n’est pas pareille pour tout le monde et que les gens qui t’aiment beaucoup quand tu leur donnes ce que tu as piqué pour eux, deviennent tes pires ennemis quand c’est l’heure de te traiter de Voleuse.

Voici le mur muretoù j’ai passé des heures de perm avec mon pote Durbec à traduire et échanger des cassettes  des Clash des Damned et des Sex Pistols et à se familiariser avec les Bérus et Gogol 1er (en crachant sur Cure). Tout au fond on voit la porte de la salle d’allemand, où M. Delaye, mon prof de la sixième à la troisième a mis une grande tarte pour rien (des devoirs non faits) à mon pote le fils de la quincaillerie qui est devenue ce magasin.quincailleriee d

 

Ce Yves Rocher était aux parents d’Emmanuelle Dusserre, une grande très populaire (genre Cheerleader) que j’ai pas arrêté d’emmerder toute mon année de troisième. Un jour je l’ai tellement saoulé qu’elle m’a poursuivie dans la cour pour me lancer des poids (on faisait athlétisme) mais j avais appris à courir depuis la cinquième.

Et maintenant Gap a tellement changé que j’emmène Valente boire un coup à l’ancien café des pauvres…rebaptisé le Zen Eat -ohohoh jeu de mots, mais attention, comme dans tout truc à touriste, le jeu de mot est très répandu… avant y avait le Pub pour les « sombres », Diversion » pour les branchouilles et le café des pauvres pour les pauvres…Mais ce qui ne change pas à Gap, c’est que le dimanche c’est ville morte, même les cafés sont fermés.val

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Sayond

OLYMPUS DIGITAL CAMERASayond est arrivée en France à Paris en 2000, en provenance de la Thaïlande via l’Italie en train de nuit . Elle est descendue au petit matin en gare de Lyon, et était attendue par des gens de sa communauté afin de trouver un travail. Mais voilà que, dès la première semaine, elle a été arrêtée et elle a fait deux semaines de centre de rétention. Elle en est ressortie indemne pour vice de forme et a vécu depuis 2000 sans être arrêtée de nouveau.

Je l’ai rencontrée dans un centre social à Belleville où je donnais des cours de français. La moitié de mes élèves étaient sans papiers. Sayond est radieuse, petite et très bien proportionnée, avec un corps en parfaite santé et un sourire quasi permanent. Elle a déjà soixante ans, mais on lui donne à peine cinquante.

Elle parle français avec un accent asiatique terrible (au téléphone on ne comprend rien) et malgré mes brillants cours de français, elle insère dans presque toutes ses phrases un bloc « pouaka » qui n’a pas de sens et ressemble étrangement à un tic de langage. Elle comprend tout ce qu’on dit même quand on parle très vite et entre français.

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Sayond fait des ménages et garde des vieux : elle a habité presque trois ans avec une vieille dame dans le 20ème. Elle avait sa chambre et en échange elle s’occupait chaque jour de la vieille dame qui était gentille avec elle, mais la vieille dame est morte. Le plus souvent son travail consiste à s’occuper de personnes âgées, en échange de pas grand chose, il s’agit de gens qui ne pourraient pas se payer une aide ménagère ou une aide médicale formée, et qui sont bien contents de la trouver.

Elle a aussi fait des ménages, des courses, du gros nettoyage, des lessives, du repassage, prépare des repas, fait la toilette de vieux, et quand les patrons ont besoin d’une servante, elle apporte  les plats…tout ça chez une vieille dame qui a refusé de la payer, et qui l’a menacée de la dénoncer, ou chez des gens sans scrupules (prof à l’ENS tous les deux) qui chipotent et lui retiennent dix euros si elle casse une assiette, ou encore chez une bourgeoise au foyer qui lui explique comment il faut balayer… bref chez des nostalgiques de nos belles colonies du Tonkin.

Sayond a traversé le durcissement anti sans-papiers de Sarkozy miraculeusement, et je l’ai aidé à monter un dossier de régularisation, parce que ça nous semblait évident qu’au bout de douze années de présence en France -qu’on pouvait prouver- Hollande lui lâcherait un permis de séjour de dix ans pour qu’elle ait enfin la paix.

Elle a obtenu deux fois quatre mois de permis de séjour sans autorisation de travailler -autrement dit une incitation au travail au noir- et alors qu’on sentait (prématurément) le vent du permis de séjour d’un an, elle a reçu un refus sans appel. Son seul recours c’est l’aide juridictionnelle, où on sait tous très bien que sans argent, c’est un avocat commis d’office qui lira le dossier dans les couloirs à toute blinde avant de le défendre.

Bref, ça a l’air d’une cause perdue non ?

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Oh !

Valentin a donc réintégré son collège ancien le jour de la rentrée.Le collège -Ravel- l’avait désinscrit si bien qu’il était tout paumé, y’avait pas son nom sur les listes…Finalement ils l’intègrent mercredi dans une classe. Je venais de couvrir le dernier bouquin de classe lundi matin, quand ! le CPE de l’autre collège -Monet- m’appelle et me dit « ben finalement y’a une place ici » …raaagh, oui je lui dis mais je voudrais bien poser la question à Valentin maintenant qu’il est ré-intégré à Ravel depuis 3 jours… »ah non il me faut une réponse dans la journée » me répond-t-il.

Sont gonflés non ? Alors on a dit oui en espérant que ça conviendrait à Valente. Et ça tombe bien, ça lui convient !!!

Alors voilà il est  finalement dans le collège près de la maison et n’a plus d’excuses pour pas bosser. YOUPI !

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Fatras…

Comme on a déménagé, on a demandé à l’Académie que valentin soit dans le collège du quartier, ça semble limpide comme ça, mais en fait, ça ne l’est pas.

On a fait la demande en bonne et due forme en mars.

On a reçu une réponse négative de M. Fatras inspecteur d’académie, en juillet.

J’ai immédiatement écrit à tout le monde, académie, collèges ancien et nouveau, ministère de l’éducation, tant qu’à faire.

J’ai reçu cette réponse de M. Fatras (euh…:-)) en aout, où il me dit ce qu’il faut faire mais que j’ai déjà fait. Merci.

Alors ça m’a agacé, et je lui ai renvoyé ça.

GR.

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Trilok et Ravi

Gopal et Deepsankar à la tour Eiffel

Nko m’a dit « tu viens voir un concert de cithare? »

J’étais pas raviravi, mais ensuite il m’a dit « le tabla, c’est un tueur ».

J’ai dit ok s’il met Trilok à l’amende, et c’était génial !

Le cithare-héros Deepsankar, en joue trop bien, mortel les  riffs presque du Jimmy Page des fois, les solos super speed, il fait ce qu’il veut avec, c’est un peu le Steve Vaï de la cithare. en plus t’as vu toutes ces cordes qu’il ya ? pour faire un accord, faut les 8 mains de Shiva.

Et il est accompagné de Gopal aux Tablas. Aaaah, Gopal, Gopal joue aussi bien sinon mieux que Trilok Gurtu. Bon il chante pas encore, mais ça viendra.

Ils reviennent dans un an.

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petites révoltes

  1. à Choddar -mais on l’a pas imprimé-

J’ai croisé Karl Lagarfeld et son larbin vers la rue de Lille.’.
Comme d’hab’ ses lunettes noires vissées, son catogan impec’, son air de diva qui doit traverser une flaque de merde. Derrière lui un larbin portait ses sacs et sa valise.
J’ai bien vu que mon imper vert pomme et mon gros cul n’étaient pas de son univers, tout le mépris du monde dans sa façon de se tenir et de s’écarter de moi, m’ont rappellée à ma triste condition au mieux de valet, sinon de gueuse pouilleuse.
Bref la Revolution en a oublié quelques uns.

A deauBville on trouve des paires de pompes à 600 euros. Sayond me dit « un salaire, quoi ». Ah oui.

à Charlie hebdo après le score des islamistes en Tunisie

Paris le 15 novembre 2011

Charlie Hebdo, vous voilà bien moralisateurs.
Les Tunisiens ont réussi à virer Ben Ali quoiqu’on en dise, ils ne sont pas tous partisans de En Nahda, enfin, pas plus que nous les français : on n’a pas tous voté Sarko même si c’était majoritaire, hélas.
Et on se retrouve avec des fachos comme Guéant et Hortefeux au pouvoir ; est-ce vraiment pire qu’en Nahda ? je ne vois pas beaucoup de journaux qui en parlent.
Et depuis qu’à France Inter le ménage a été fait…on ne risque plus d’avoir des avis trop tranchés grâce à Val.
Comme a dit Stora, après la révolution française, il a fallu un certain temps pour retrouver de la stabilité, mais heureusement qu’on l’a faite quand même la révolution !
On entend tout un tas de gens philosopher à propos de démocratie, laissons leur le temps de l’organiser et de se débarrasser des anciens cadres.
J’en viens à me demander si tous les gens qui trouvent que « les arabes et leurs révolutions ça fout la merde » ne sont pas jaloux en fait…et je ne serais pas très étonnée que du personnel de Charlie -si vertueux  soit il –  soit allé faire trempette du côté de Djerba au temps de Ben Ali.
Le pire, c’est que les dessins ne sont pas tordants.

à Libé -mais ils s’en foutent-

Paris, le 6 avril 2011

Comment refaire son A.M.E (aide médicale d’état) quand on est sans papiers ?
Le gouvernement nous a prévenus : pour obtenir  l’A.M.E. ça va compliquer.
Au lieu d’aller au centre de sécu comme avant, il faut aller dans un centre de sécu de l’assistance sociale des hôpitaux.
Mais il faut faire un parcours  particulier qu’on ne peut pas connaitre avant de le faire :

On a essayé avec Sayond une copine thaï sans papiers à la Salpêtrière.
Il  faut y être à 5 h du mat au plus tard parce qu il y a déjà 15 personnes ; puis il faut s’inscrire sur une feuille volante accrochée à la porte comme dans les pays sous développés.

Puis il faut attendre 9h 9h30 que le personnel  arrive. –en général un seul gars démotivé qui sait qu’il va passer la journée à recaler des gens énervés qui sont là depuis 4/5h-
Le gars / la fille prend la liste et appelle les 15 premiers inscrits. Il / Elle renvoie tous  les autres et les prie de revenir le lendemain, à 4heures du mat.
Les 15 premiers inscrits attendent dans une salle qui a l’air désertée :  il y a un vieux bureau poussiéreux et un grand plexiglas qui indique qu’un accueil avec du personnel a existé , quand la France était un état  qui ne prenait pas les gens pour des dossiers, et ne ressemblait pas à une dictature. Un bureau où disparait l’employé est au fond de la pièce, les gens se succèdent  entrent et sortent avec parfois une mine dépitée. Il y a des écriteaux comme à la préfecture pour prévenir qu’en cas d’agression du personnel, il y aura des suites judiciaires.

Donc on attend jusqu’à 13h30 parce qu’on est 15ème.
Des gens ressortent du bureau du fond en disant qu’il leur manque tel ou tel papier (bien sûr il n’existe pas de liste préétablie) et qu’ils devront revenir demain. Un monsieur nous explique que lui ça fait trois fois qu’il vient mais que cette fois, c’est la bonne.
Pour nous, il manquait une facture edf récente. Celle qu’on avait était trop vieille. On est reparties avec une adresse, il faut attendre deux mois pour savoir si c‘est bon ou si on est recalés.
Et en attendant, Sayond paiera ses frais de santé plein pot.

Par courrier on peut envoyer à AME CPAM de paris     Cs 70001  75948 paris cedex 19
Voici la liste des papiers qu’on a fourni  mais si ça tombe c’est pas pareil pour tout le monde :

*Une attestation de domicile si  t’es domiciliée chez quelqu’un et il faut son edf récente
*Un papier formulaire de la sécu « justificatif de ressources » qu’on peut avoir sur le net, rempli de salaires sur un an. (attention si t’es trop payé ça va pas, faut être à environ 500 par mois max)
*Document attestant de la  présence en France depuis plus de trois mois (genre livret bancaire)
*Pièces d’identité  mais attention si c’est par courrier il faut toutes les pages du passeport qui montrent que t’es pas parti en voyage touristique de santé.
*Une photo

Et là on en est à un mois sans nouvelles.
Ce qui est un droit, une protection mutuelle, devient une aumône.
Les gens sans papiers  ont pourtant cotisé en bossant quasi gratos chez des gens sans scrupules  à faire des boulots pas marrants
Il faut être méritant et s’en remettre à ? dieu tiens.
Parce que là pour obtenir l’AME on en est à Inch Allah.

à Obama le lendemain de l’éxecution de Troy Davis

(ouais l’anglais c’est pas ça mais on s’en fout)

Paris, 9 / 21 / 2011

Mr Obama,

You are the only one who is able to make the world different.
I really trust you.

We, in Europa, are totally desperate:  riots in England, and each days, demonstrations in Spain and Greece, and in France, with our kind of president, we are thinking about doing something, but what? What for ? there is nothing else,  left wing  is sick and does not know what to do.
The great models of fair, as presidents are Sarko, Berlusconi, Blair… Do they really have an idea about how to lead countries?

I usually worked in management of a youth association but there is no more money and we gave up young people. Now there is no more education, no more public schools, no more public hospitals.
While in Europe we renounce our social benefits that had been won in 1936 in France, I admire you for what you realized with the social security cover in USA. This is against the current from all governments.

I really hope you will be there for four years more, to go further in your convictions, what is not really easy in America. (It is so hard to be more radical.)

I trust you to find the money where it is hiding, to build great publics things for today’s society.
I find it outrageous that people like Bettencourt (and others world fortunes) can earn thousand Euros an hour in doing nothing else than looking the money. Poor impoverish, rich grow rich, and foreigners have no rights, neither the right to exist.

I trust you too, to find a solution in the Israel Palestine conflict, (not the half fast solution from our President)
I do not know how it is possible to leave the big money crisis, if we do not search another way, if we do not share a bit better.
I read somewhere you loved “The Wire”, I have the bad feeling that, even in Paris “The wire”‘s law comes sneakily : where I worked with youth, there is nothing more social since five years, twenty years old  girls get babies, young boys became very violent . I lament the fact that two boys I knew well, stroke the corner grocer until he is in the coma. Now they are in jail, and the grocer lives in fear.

Today I am so sad for Troy Davis’s death. We hoped until the end that you would stop this barbarity. Oh please !  do something about death penalty in U.S.  Civilize America!

Mr Obama ! I really hope you will have time to continue your great job.
We, all civilization’s militants support you.

Best regards, Mr President.

à SNCF cartes enfants famille

Paris le 20 septembre 2010

Madame, Monsieur,

J’ai reçu enfin des cartes de réduction enfant famille que j’attends depuis juillet. J’en avais besoin cet été et ça aurait été plus simple de pouvoir les faire au guichet, comme d’habitude.
Pour l’évolution et le progrès, faisons les plutôt à St Avold, et pour simplifier, d’abord par internet et par courrier ensuite quand même.

Vous avez malheureusement égaré les photos et fait un bonneto avec, si bien que sur nos nouvelles cartes toute la famille est noire. Vive Obama ! C’est sympa, mais je doute que même le contrôleur le plus gentil du monde voudra bien croire qu’il s’agit de nous. Comme vous le constatez sur les photos ci-jointes que je vous renvoie, nous avons la peau légèrement moins pigmentée, autrement dit, nous avons des sacrées têtes de blanc becs, bien loin des cartes que vous nous avez fabriquées.

Puis je espérer obtenir nos cartes de réduction enfant-famille avec les bonnes photos pour les vacances de la Toussaint ?
Je vous serais reconnaissante de bien vouloir faire au mieux, et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur l’expession de mes salutations distinguées.

à Poubelles mairie de Paris

Paris, le 23 octobre 2010

Madame,

J’ai écrit deux fois à Mr François Dagnaud pour lui signifier le manque cruel de poubelles jaunes dans notre quartier.
Il m’a répondu bien gentiment qu’un grand bac serait mis à ,notre disposition, mais on attend toujours.

J’habite square du var, où les locaux poubelles ne sont vraiment pas pratiques : ils sont trop exigus (un mètre sur un mètre cinquante), ils contraignent le personnel à franchir pas moins de quatre portes et trois marches pour sortir les poubelles. Mr Dagnaud était passé avec du personnel pour constater les dégâts, et la concierge a pensé qu’on lui reprochait de mal faire son travail. Or les bacs sont pleins dès le passage du lundi et du jeudi, il faut passer avant midi ou bien il n’y a plus de place.

J’ai demandé à Mr Dagnaud si on ne pouvait pas relever plus fréquemment les bacs jaunes, apparemment ce n’est pas possible.
Des bacs de tri ne pourraient ils alors pas être mis en extérieur à la disposition des habitants à côté des bacs à verre par exemple ?
Pour l’instant, dans le quartier, on ne peut pas dire que le tri soit une priorité : du coup les gens perdent patience et mettent leur tri dans la poubelle verte par dépit ; on trouve aussi encore des sacs plastiques fermés dans les bacs jaunes.

J’ai lu dans le journal qu’une campagne d’explication au tri allait être mise en oeuvre, j’éspère que ça pourrait améliorer les habitudes des usagers ; mais je reste certaine qu’il faut rendre ce tri plus pratique et plus facile d’accès.

Vous remerciant de ce que vous pourrez mettre en oeuvre, je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées.

Au CPE du collège de Valentin

Paris le 4 septembre 2010

Monsieur,

Les aides scolaires qui surveillent les entrées et les sorties du collège ont l’air bien pointilleux au sujet des formalités de type ‘se dépêcher, et montrer son carnet systématiquement et rapidement ».
Ou bien on risque une heure de colle. Valentin Borg se fait reprendre régulièrement. (notamment par un garçon qui a l’air souvent agacé « encore toi? » lui dit il presque chaque jour).

Je peux à la rigueur comprendre cette nouveauté disciplinaire aussi  inutile que militaire, mais j’aimerais qu’elle soit accompagnée de la même rigueur quand il s’agit de bousculades et d’humiliations diverses ou de bagarres dans les couloirs.
Ou dois je me résoudre au fait que tous les surveillants sont à l’entrée et très sporadiquement efficaces dans les couloirs?. Auquel cas, espérons que rien de grave n’arrivera.

Je sais que vous manquez de personnel et que la gestion d’un ensemble scolaire aussi grand est difficile. Je ne veux pas avoir l’air de vous dire comment il faut faire, je n’ai pas cette prétention ;  je souhaite juste un peu plus de souplesse pour les choses sans gravité et un peu plus d’intransigeance pour les choses insupportables. Si possible.

Je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

à SPA contre les plaquettes de colles anti-souris

Paris, le 6 septembre 2010

Madame, Monsieur,

Je suis révoltée par l’utilisation de plaquette à colle à souris.
Ce genre de plaquette est utilisée dans la cantine de mes fils, paradoxe intéressant lorsqu’ils s’occupent de souris blanches en classe ; comment expliquer à un enfant de 5 ans que certaines souris ne sont pas bienvenues et qu’il faut les tuer, alors que certaines souris sont un projet pédagogique. Surtout quand on les tue de façon aussi sordide.

Ces plaquettes sont sadiques, elles ne se contentent pas de tuer l’animal nuisible d’un coup comme peuvent -une fois sur deux au moins- le faire des tapettes à souris, elles torturent l’animal emprisonné dans une sorte de colle empoisonnée : il ingère la colle, qui lui dissout en partie les membres, il étouffe, il souffre et crie,  il est couvert de colle poison, et il finit par mourir lentement.

Ne serait il pas possible de faire abolir ce système au profit d’un autre, un peu plus humain, qui tuerait la souris d’un seul coup ?
Existe t il une instance européenne où un projet de loi visant à interdire la souffrance des animaux pourrait être porté ?
Alors oui, ce ne sont que des souris, on pourrait élargir la souffrance animale aux poulets et aux porcs  élévés en usine et à bien d’autres (je suis bien certaine qu’on arriverait à manger de la viande autrement). Mettre des amendes aux gens qui tabassent leurs chiens…
Ce ne sont que des animaux, des personnes sont torturées, des femmes meurent de lapidation, des gens sont executés en place publique. Mais on pourrait commencer par quelque chose non? Comme supprimer ces pièges à souris. Ça nous rendrait un peu plus humains.

Je vous remercie d’avance des infos et des contacts que vous pourrez me donner.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

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Alger 3

Donc je dois retourner à Alger pour le Festival International de Bandes Dessinées d’Alger, le Fibda quoi.

J’ai raté celui de l’an dernier, l’invité d’honneur c’était Joe Sacco, mais il a fait comme moi, il est pas venu. Alors là, j’y vais, d’autant que je suis censée finir un mémoire sur l’utilisation du darija à l’écrit, que je traîne depuis deux ans…

6/10/11

C’est déjà l’aventure à l’aéroport. Je dois chercher le terminal de départ –c’est Roissy, y a trente terminaux- qui n’est pas inscrit sur mon billet…et je n’ai pas encore eu Rachid au téléphone, bref j’y vais, on verra, au pire je prends un taxi pour le Makam (c’est là où se tient le Fibda,  je tomberai bien sur Rachid).

Juste avant de décoller j’ai eu Rachid au téléphone dans le couloir de l’avion, normalement y’a un gars « du Fibda » qui viendra me chercher en même temps qu’un dessinateur Tunisien.

C’est Sofiane, le chauffeur (pour l’occasion, ils sont quelques étudiants à faire le staff de l’organisation) qui sourit de toutes ses dents –blanches-  et Toufiq, dont le boulot consiste à récupérer tout le monde et les amener où il faut, quand il faut.

Mais on attend le gars tunisien –qui ressemble un peu à mon cousin Lotfallah-, il s’est paumé dans l’aéroport. –en fait il attendait dehors et nous dedans-.

On finit par le trouver au bout d’une heure, (Toufiq en a marre, la veille il a attendu quelqu’un qui n’est jamais arrivé jusqu’à une heure du matin) et on y va dans une Mercedes blanche , Sofiane nous ramène au Makam Echaïd.-que je ne présente plus, il faut lire Alger 1 et 2-

Je remercie Sofiane et Toufiq et je passe l’après-midi dans le Fibda . J’ai d’abord retrouvé mon pote Rachid à une conférence. J’arrive à la fin de l’intervention de Thierry Bellefroid,  (un gars qui est critique de bd, animateur radio, quelque chose d’important dans l’édition belge) juste pour dire salut à Rachid. Je vais dans le festival pour voir les expos et commencer à rencontrer des gens.

  C’est bien ici ! il y’a des petites tentes partout, trois halls d’expo, (dont un énorme) une salle de conférences, un cinéma, plus une grande tente de restauration. Sauf y’a pas vraiment de toilettes, faut aller en sous-sol du Makam, ou alors au cinéma, mais on sent bien que c’est que toléré.

Bendir c’est la revue de BD de la boite d’édition Dalimen où bosse Rachid, c’est un magazine collectif de BD, d’auteurs dessinateurs algériens et de critique de tout ce qui existe.

7/10/11

Première rencontre avec Ibn Youssouf Abbas Kbir.

Il fait des bandes dessinées pédagogiques sur les héros du Magh

reb Indépendant et historique, tout le monde est là : le voyageur Ibn Batuta, Abd el Krim de la révolte du Rif,  l’émir Abd el Kader contre les colons, tout le

monde, mais hélas en Fosha, dommage. (Fosha c’est arabe littéral, et Darija c’est arabe « vulgaire, parlé maghrébin »)

Je rencontre des africains zaïrois, j’achete un mauvais journal fait par 4 jeunes filles « amazone » -ça partait bien pourtant- en français, mais hélas, avec une histoire sur quatre qui a du sens. En revanche, j’achète un bouquin marrant sur un mec qui revient au pays et à qui il arrive un tas d’aventures :  » le retour au pays d’Alphonse madiba, dit Daudet ».

Je vais écouter la conférence de Peters et Schuitten, très pro très intéressante, mais qui ne m’avance en rien sur la question du Darija. Il parait que comme star,  il y a Munoz qui débarque d’Argentine, mais il n’a pas été vraiment attendu car il n’avait pas bien expliqué qu’il venait, et ici personne ne le connaît…alors il paraît qu’il fait la gueule. Moi je  trouve ça marrant, Munoz ici, personne connaît.

Les Bédés des stands ne sont pas chères du tout, en revanche celles de la librairie coûtent le prix occidental. J’ai revu Gyps c’est Karim ! chez qui on a squatté en 93, et Lounis

Gyps et Dahmani

qui se rappelle bien  de moi et de mes considérations sur le mariage. Je suis bien contente et j’achète plein de bédés –qui se révèleront être les choses les plus intéressantes, pour mes potes de Paris.

Le soir un souci d’organisation a créé un vent de panique : tout le gratin du festival était convié à un repas avec Khalida Toumi, la ministre de la culture. Or, y’a eu un bug et des gens étaient « oubliés » au Safir Hotel, en bas d’Alger. Toufiq a du faire en sorte d’amener les oubliés très vite, et comme l’Aurassi était fermé y’en avait au Safir -en bas d’Alger-, y’en avait au St Georges -en haut- .Alors on est passés en vitesse avec Rachid et Toufiq avait l’air déprimé, et Rachid dont le boulot c’est « relations avec les médias » se retrouve à devoir gérer des trucs de rendez-vous foireux. Tu m’étonnes qu’il soit fatigué !

8/10/11

Rachid est parti tôt pour faire des trucs de télé et de radio, son boulot quoi. Il n’est pas repassé par l’appart, alors vers onze heures,  Yasmina m’a expliqué comment prendre un taxi pour le Makam. Et alors là surprise : le chauffeur ne cause qu’arabe. Alors qu’en 93, quand je faisais un effort pour parler « 3atini wahd kilu teffah, la ikhellek » le gars me répondait invariablement « mais oui mademoiselle », limite sans accent, me voilà en 2011, dans Alger arabisé : La police du monument à touristes, ne sait plus m’indiquer la direction du Fibda qu’en arabe, les jeunes qui zonent au Fibda (pour avoir un ticket de bouffe et boisson) ne parlent qu’arabe,  finalement ceux qui parlent français ont mon âge -40- ou plus.

Il y a vraiment beaucoup de monde au festival. Tout le monde est dehors y’a personne dans les salles d’expos…Il y a trois salles d’expos dont celle ci TRES grande.-et très vide-

Un petit hommage à Guerroui.

Je suis allée voir Gyps et Dahmani : je suis arrivée en pleine « vive discussion » entre une dame et Gyps au sujet du titre Algé-rien. La dame trouve que quand même les algériens ne sont pas rien, il lui suggére de justement lire la bédé, elle revient à la charge avec des arguments de pire en pire, jusqu’au moment où elle dit « c’est vrai que c’est des fainéants les algériens » -ce que ne dit pas du tout Gyps, je vous assure. Alors là, ça a fâché Gyps qui est devenu tout rouge –en plus il faisait bien chaud-.
La photo est prise juste après…il a encore les joues roses.

Ensuite j’ai rencontré des égyptiens supers qui font un fanzine en arabe dialectal égyptien ! Ouais j’ai trouvé ! sauf que je travaille sur le maghrébin…GR

J’ai aussi interviewé Denis Martinez, un peintre d’Algerie, à qui j’ai demandé pourquoi un ouvrage de la culture populaire « Nasredine Hodja » est en français. Il m’a refait un cours de politique linguistique, en gros il m’a dit ce que j’ai  écrit en première partie de mon mémoire.

Je suis tombée sur Saïd Hilmi, et qui est un acteur algérien très gentil,  m’a demandé ce que je foutais là. Je lui ai expliqué et on a discuté un peu mais j’ai dû laisser la place aux fans qui voulaient aussi le photographier.

Wa je me suis fait dédicacer plein de bouquins.

J’ai été au café avec Aïder (c’est Aladin) pour lui poser mes éternelles questions sur la non utilisation du maghrébin y compris dans la BD. Il a répondu longuement, il en avait marre d’être au Fibda.

Il pense qu’il faudrait faire des BD en algérien pas en classique, mais dans une langue écrite un peu châtiée quand même.

Puis j’ai pris ces photos, avec Francis Groux, le gars qui a pensé à créer le festival d’Angoulême. Et Hilaire qui représente le Congo.

Francis Groux et Mahfoud Aïder

J’ai trouvé un stand avec une BD marocaine en darija, elle a été traduite en Tifinagh, français et Darija.                       C’est Tajine le lapin. C’est un ? français ? installé à Rabat qui fait la promotion…il ne connait pas ce qui existe en Darija au Maroc et me dit « on est les seuls à éditer en Darija ».

Il y avait aussi Brahim Raïs un marocain qui a remporté le premier prix l’an dernier avec son bouquin contre la guerre ‘les passants ».

Il résout les problèmes de langue, y’a pas de texte. « Comme ça c’est universel » il m’a dit. Brahim est calme, voir timide. J’ai quand même pu le prendre en photo.

                                                                                                                                                                            Le soir, il y a eu ce concert de jazz mou, un groupe belge qui faisait comme la bande son du film « the party » mais sans la voix. Heureusement il fallait partir. Finalement j’ai récupéré Rachid qui avait un pneu crevé. Et le pneu de rechange aussi était crevé. On est rentré sur la jante, ce qui n’avait pas l’air d’être un problème. -y compris dans les barrages Sharata Bolis-

9/10/11

Rachid a changé le pneu ce matin chez un vulcanisateur – j’adore ce mot. Changer le pneu, c’était physique apparemment, il est revenu presque mort d’avoir porté le pneu au magasin. Puis, on est retourné au Fibda où on a petit déjeuné avec Schreder. Rachid et lui se sont immédiatement pris la tête à propos de l’invitation du gars directeur du musée de la BD à Bruxelles. Schreder trouvait que c’était, je cite, « une vraie merde à conso » -le musée- et Rachid disait que vu le contexte il fallait bien faire de la vulgarisation voire être un peu démago. Moi j’étais d’accord avec Rachid mais j’avais pas mon mot à dire, et je me risque que maintenant, à dire que Schreder est un sale con misogyne. Donc j’ai fait profil bas tant que Schreder n’était pas loin.

                                                                                                                                                                                                               Puis Els et les belges, il s’agit d’une journaliste et du gars qui organise le festival de Turnhout vers Anvers, sont arrivés et c’était plus détendu, puis le Hic est venu boire aussi un café et m’a fait mon dessin. Merci Hicham !

                                                                                                                                                     Puis, j’ai discuté un petit moment avec Haroun, qui faisait M’quidech, un petit héros algérien seul contre tous. Et qui est là, réédité-. Voilà j’ai vu tous les « vieux », me manque plus que Slim. Gyps et Dahmani je les verrai à Paris.

Haroun dessine

couverture de Toktok dessin de M.Shenawy

                                                                                                                                                                  Je suis retournée discuter avec les égyptiens de TOKTOK et Shenawi, LE gars qui assure (et qui parle super bien algérien d’après Rachid et super bien français d’après moi) m’a longuement expliqué le journal TOKTOK, me l’a traduit en « maghrébin » -ce qui n’avait pas l’air de lui poser problème- et on a bien discuté une heure. Et ! VICTOIRE, Mohamed Shenawi m’a dit clairement que « les langues arabes dialectales avaient des passerelles et que c’est pas très compliqué de passer de l’une à l’autre. » je lui ai dit « un peu comme le français parisien, le belge, le marseillais et le français du Québec, non ? » eh ben OUI il m’a dit OUI. Je l’aurais bien embrassé, tiens !

Parce que c’est ce qui m’attire les foudres de tous les gens qui parlent UNE sorte d’arabe, et ils sont TRES revendicatifs : les maghrébins –qui ont les séries égyptiennes depuis vingt ans et qui les comprennent bien à force- me disent « ah non c’est pas du tout le même chose ». Les orientaux ne font aucun effort pour comprendre les marocains et disent « ah non, on comprend rien à ce qu’ils racontent ». N’empêche que KITAB –livre- c’est kitab partout, et presque tout le lexique est semblable. Et Allah c’est Allah aussi, même en farsi. -ok c’est pour faire un peu de provoc- Une fois que t’as capté les différences grammaticales (y’en a pas des masses), et que t’as compris que poisson : Hut –maroc-c’est Samak –égypte- et pareil pour quelques mots, ça roule. C’est  pareil que « une serviette » parisienne et « un essuie » belge. La première qu’on te dit « passes moi l’essuie » tu cherches un torchon. C’est comme les différences régionales et les accents y’en a partout mais j’ai jamais vu un Lillois dire « je ne comprends pas ce Toulousain ».

J’ai aussi vu Slim, mais il n’avait pas très envie de répondre à des questions chiantes.Alors je l’ai regardé en train de faire des dédicaces.

                                                                                                                                                              Bon là, c’est la remise des prix, c’est absolument pas intéressant. En plus il semble qu’ils ont chacun un prix. Rachid me dira plus tard « c’est comme en colo, tout le monde un bonbon, c’est pas sérieux ». Non pas très. Du coup, je prends en photo les petites mains qui tiennent les stands, les démontent, sans eux y’aurait rien, on leur doit bien ça.

                                                                                                                                                   Nous voici au repas de clôture du Fibda à Cherraga. Quelle chance, on est dans un ou LE meilleur resto d’Alger « l’auberge du moulin ». C’est un super resto, avec des poutres, des fourches et des pelles en bois, des cuivres, des peintures et des tapisseries.

Devant nous, une grande tapisserie avec une troupe de guerriers à dos de chameaux arrive dans un douar en bas de la montagne. Des moutons forment un troupeau vraisemblablement mené par les gars en chameau. Y’a aussi d’autres peintures, une princesse du désert, une nature morte avec des pommes et du raisin, un couple de jeunes « du Sud » qui s’embrassent turbans et folklore. Et des trucs français, une gravure de quelque chose qui ressembles à la Loire, un bâtiment qui ressemble au Louvre ? Et là super Haram ! y’a plein d’alcools forts, bières et tout. Je suis avec Ridwane un pote journaliste de Rachid.

Le Hic et Ridwane -un peu flou-

Tant mieux parce que je ne sais pas trop à qui causer. Il me raconte les « bonnes années » du journalisme avant (à Liberté et au Matin), là il travaille au Jeune Indépendant qui n’est ni l’un, ni l’autre si j’ai bien compris.

On mange des délicieux méchouis –y a pas moins de huit moutons entiers-  (faut faire bouffer plus de 80 personnes) de la semoule avec du miel du khobs et des salades, du thé et des gâteaux.

J’ai dit à un serveur « c’est délicieux » le gars, il était étonné, il m’a dit « les gens disent toujours quand ça va pas, mais ne disent jamais quand c’est bon ».

Après manger on devait dire au revoir et aller au Safir boire des coups avec les belges et les toulousains, mais Dalila –la boss de Rachid- a dit « attendez » à son équipe et ils sont restés à débriefer du festival puis avec Ridwane on a attendu et on a fini par être invités à la table du staff, où ça ne discutait plus très sérieusement l’alcool aidant …de cul d’abord, merci Thierry Bellefroid, et on est arrivés à un moment où ça causait du Printemps Arabe. Et là ça déconnait sec, les gars à la table se sont sentis très algériens patriotes d’un seul coup, voilà que c’est « la révolte en octobre 88 qui a fait 500 morts » qui serait la VRAIE révolution arabe, pas les tunisiens, pas les égyptiens. Alors le Hic a dit un truc très censé –seul contre tous- « je rappelle qu’on a viré personne du gouvernement et qu’on a toujours les mêmes » . (en tous cas j’étais grave de son avis mais je l’ai pas ramené, je ne suis que la gaouria en vacances).

Puis on a dit au revoir et on est allés au Safir boire des coups en terrasse.

Voici le Safir, c’est un hôtel qui date des colons, et qui a eu sa période grandiose avec colonnes tapisseries, couloirs géants etc…

couloir du Safir -on dirait Shining-

la terasse du Safir

la réception

                                                                     On a causé encore avec Ridwane et les toulousains, et Rimka, qui est un des toulousains marrants –mais très bavard- et qui voudrait exporter son ouvrage didactique sur les énergies renouvelables ici. Aucune chance pour le moment. Rimka c’est aussi le gars marrant avec qui on était en terrasse tout à l’heure, et quand une mendiante est venue lui demander de la thune, il a dit Saha saha (merci). Il n’a jamais vraiment causé en arabe, mais il revendique « avoir ça dans le sang ». C’est Rachid qui l’a sauvé de son souci avec la dame.

On est encore à la terrasse du Safir à 4h25 et je regarde la rue : la circulation reprend peu à peu, Alger la nuit c’est mort y a personne.

Alger la nuit

On raccompagné Thierry Bellefroid, quand il a terminé de poser avec les filles, au Saint Georges  –c’est le Djazaïr- que j’ai pas arrêté d’appeler le Georges V. Les VIP du festival sont logés là.-à 200 euros la nuit la chambre simple-

9/10/11

Aujourd’hui on est un peu nazes. On est descendus manger une pizza « en bas » (centre-ville), on a traîné un peu quelques-uns du  festival restent encore un peu et Rimka cherche un hôtel moins cher que le Safir.

On se ballade pour chercher un hotel à Rimka

Puis le soir on a rejoint les belges, et Paul pour aller manger encore au resto. C’était encore délicieux et pas cher, j’ai mangé une dorade fondante, le poisson ici ça vaut vraiment le coup. Paul est un espagnol né au Maroc, qui de retour en Espagne adolescent, a fui Franco en train à seize ans. Ah! Mais depuis Paul a rectifié en m envoyant ceci :

« J’ai effectivement traversé l’Espagne en train et sans billet, en 1971, du temps de Franco, mais c’était au retour d’un voyage en stop au Maroc. Je n’ai pas une goutte de sang espagnol, je suis né au Maroc, où j’ai passé mes dix premières années, mais mon père était d’origine normande et ma mère franc-comtoise… :-)) »

Paul et une des belges

Là il s’occupe de la BD à Hamburg. Il raconte plein de trucs hilarants, son voyage en stop pour aller aux Indes dans sa jeunesse mais finalement il s’est arrêté avant (vraiment avant en Allemagne)…Il part demain c’est dommage, j’aurais bien écouté encore ses histoires.

                                                                                                                                                    10/10/11

Le FIBDA, c’est fini mais je reste encore quelques jours. Ce matin, Rachid m’a posé au St Georges Djazaïr et son tonton Boualem qui y travaille m’a fait une visite guidée.

Le Djazaïr est un ancien palais du Dey d’Alger au temps des Ottomans, plein de faïences, de mosaïques, de sculptures, d’objets d’art. Eisenhower y est venu en 42 en vacances, -non il bossait quand même un peu pour préparer le débarquement allié- alors, il y a toujours sa suite. Avec le même mobilier, m’a dit Boualem. Bon ils ont ajouté un jacuzzi par chambre, et dans certaines chambres y a des lits où on peut se mettre à 6 sans se déranger.

le resto chinois

la salle de conf

la mosaïque de Tipaza

les plafonds laqués et sculptés

C’était super, il m’a emmené dans les suites, la salle de conf, les salons privés, les chambres, les jardins, la salle de sport, la piscine, partout ! y’a même un restaurant chinois pour satisfaire les caprices des clients qui veulent bouffer chinois en Algérie.

les jardins

Boualem m’explique que la semaine dernière Cheb Khaled en personne était là…et avec, moins prestigieux Smaïn, mais si ! le gars pas drôle des années 80.

Ensuite je suis redescendue rejoindre les autres au Safir –rue Mohamed V rue Didouche Grande Poste Rue derrière la poste qui va au Safir- et on est allés tous manger au Tyrolien –ça ne s’invente pas-Le Tyrolien est un mini resto où on est assis en carré –comme chez les japonais- autour d’un grill : le principe est simple, tu manges tout en brochettes cuites sur le grill, on a pris un peu de toutes les viandes : poulet mariné, du steak de la kefta, des merguez, du foie ; le tout avec des olives de la salade et une sorte de Cherchouka  pimentée. Et Rachid et Yasmina ont voulu absolument payer pour tout le monde mais il me semble que pour le coup c’était pas donné, en plus on a bien bu. Comme c’est un endroit où on sert de l’alcool l’entrée est bizarre c’est fermé tu toques et un malabar vient ouvrir (limite avec une barre de fer, welcome) et referme le verrou aussitôt derrière toi. Et ça donne une ambiance Prohibition à l’américaine. On a pas pu retourner à la Madrague, où deux semaines avant des énervés avaient tout pété et planté un jeune gars, parce qu’on y sert de l’alcool…Ambiance.

Ah oui, c’est aussi ça l’Algérie, je me rappelais plus -on est en 2011- mais dans les hôtels, si t’es pas marié avec la personne qui veut partager ta chambre, tu peux pas prendre une chambre mixte. –comme dans tous les pays musulmans Sigh !- D’où les stratégies invraisemblables développées par la jeunesse…

                                                                                                                                               11/10/11

Tout le monde est reparti.Rachid avait un truc pas marrant à faire et m’a déposé en haut de la Casbah, à côté de l’hôpital. J’ai pas vraiment descendu dans la casbah, je suis allée trop à gauche vers Bab el Oued où je retrouvais Yasmina pour acheter des bons gâteaux.

Alger c'est bleu

J‘ai quand même quelques photos que j’ai faites avec l’appareil de Rachid- un truc énorme qui dit tout de suite « c’est moi, la gaouria pleine de fric avec l’appareil énorme et du cash dans mon sac, venez donc me dépouiller ! »

                                                                                   Après avoir acheté les gâteaux avec Yas, je suis repartie vers la Casbah mais en bas, avec l’idée de remonter…mais des gars où j’ai acheté des dattes au marché m’ont dit de « surtout pas y aller toute seule mademoiselle ! ».

J’ai dit « oui » et j’ai quand même essayé, j’allai monter et j’ai vu une petite boutique de tailleur –qui me faisait penser au conte « le vaillant petit Tailleur » et j’ai discuté un peu avec le Monsieur très gentil.

Mais un gars de la Hanut aux cigarettes à côté des dattes du marché, est revenu spécialement me chercher dans le magasin. Et a expliqué qu’une fille russe s’était fait dépouiller la veille dans la Casbah et pire ! Taper dessus. Bon là, j’ai abandonné, je veux encore bien filer mes sous mes gâteaux et l’appareil de Rachid, mais pas me faire taper dessus en plus. Du coup je ne sais pas à quoi ressemble aujourd’hui la Casbah. Déjà que le gros flic sympa était venu me mettre en garde à Bab el Oued… J’enregistrais dans la rue « les bruits de la rue » alors j’ai ce qu’il m’a dit. Cliquer ici pour entendre 

à Bab el Oued

Ensuite on avait rencart chez les parents de Rachid le soir, j’ai retraversé Alger d’Ouest en Est. Un gars dans la rue a trouvé le moyen de me dire « Fôk » en arrivant à ma hauteur. Je suppose que c’était une proposition, à moins que ce ne soit une insulte.

C'est notre Zebda à nous?

Alors Alger j’adore, sinon je ne reviendrais pas, par contre, ça me fait une impression encore plus dure qu’en 93 : y’a une sorte de pression morale et d’ingérence omniprésente. C’est fatigant à la longue. Pis y’a que des mecs. Et ça doit être minant pour les gens qui vivent ça tout le temps. Chez les parents de Rachid, ça nous a fait un peu de calme enfin.

la vache riante -je prends toujours la photo-

             Puis le lendemain je suis rentrée à Paris.

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Alger 2

Je vais demander à des éditeurs et des écrivains à Alger pourquoi c’est tellement rare de ne pas écrire en arabe maghrébin? pourquoi faut il toujours faire du français, ou de l’arabe littéral ?

Naturellement je suis chez mon pote Rachid qui bosse pour Dalimen éditions, le tout nouvel éditeur en bandes dessinées, et qui va me faire rencontrer des tas de gens dans l’édition, quelle chance !

6/5/10

L’aéroport d’Alger est tout neuf, plastique et goudron. Rachid vient me chercher et on passe poser les sacs à sa maison. C’est un HLM à l’est d’Alger vers Kouba, gué de Constantine. Puis on va faire un tour sur la « nouvelle » plage de Bab el oued avant d’aller chercher Yas au boulot. C’est la plage construite sur les gravats du torrent de boue de 2001. Mais ça a bien changé : y a presque plus de plage, on a tout de suite les pieds dans l’eau, alors qu’en 93 c’était comme ça :

Le 7/5/10 on a fait un tour à la madrague pour manger du bon poisson.

Les petites maisons qu’on voit sont les « cabanons » construites par les pieds noirs. C’est la sortie en famille du week-end pour les Algérois après la prière du vendredi.

Le canal du port de pêche, des pêcheurs dans une barque, et des maisons secondaires de pieds -noirs.

Ensuite samedi on est allées au jardin d’essai avec Yasmina.

Il a été fermé pendant les « événements » disent les algériens c’est comme ça qu’on parle de la guerre civile (qui aurait fait selon les ONG et les observateurs 200 000 morts c’est le chiffre le plus crédible ) ; là il a été remis en service récemment, le temps de se refaire une beauté. Voyez plutôt :  ce sont des ficus avec leur racines immenses qui font des lianes.

à l'entrée

 

 

 

 

 

 

 

On s’est baladées dans le parc dans l’allée des ficus c’est comme un pont. J’ai du bol je l’ai vu en 93 juste avant que ça ferme et je le revois l’année de sa réouverture.

Avant y’avait des animaux du Zoo mais là ils en ont pas encore remis.

 

 

Puis on a rejoint Karim (le frère de Rachid) et Rachid pour acheter des boucles d’oreilles pour l’anniv de la maman de Rachid. Après quoi, nous sommes allés chez les parents de Rachid qui ont un chouette appart au dessus de la gare de l’Agha . Je m’en rappelais vaguement j’étais passée en 93 avec Rbi3a la sœurette de Rachid.Voici ce qu’on voit du balcon -en haut-. On a super bien mangé des tas de choses servies par la sœur de Rachid -qui est tout de même au service de tout le monde, elle avait qu’à pas être une fille- puis on est rentrés : y a personne la nuit à Alger. Trois bagnoles cinq barrages…en même temps les barrages ça a l’air efficace.

jardin d'essai vu d'en haut

z'avez vu on voit le monument des martyrs au fond

      Dimanche  9/5/10                                                                                                                       Wah ! on a vu le Hic en vrai! c’est un pote de Rachid. On est allés au café tennis, décidément c’est un bon plan -c’est là que Mimo nous avait emmené en 93-On a bu un coup et puis on est retourné au centre d’Alger puis à Dalimen éditions où bosse Rachid. On cause dans la voiture y’a plein d’embouteillages le jour. Le tremblement de terre de 2003 a fait 50 000 morts. Franchement les Algériens ils ont pas de pot, avec les « événements », le torrent de boue en 2001 et le tremblement de terre en 2003…

10/5/10

On mange avec Yasmina et je vais faire un tour à Shihab éditions. Il n’y a que de la littérature francophone, ou en arabe littéral et surtout des manuels scolaires en arabe littéral, donc. Rachid me dit qu’il n’y a pas vraiment de livres pour le plaisir chez les gens, et du coup c’est forcément un ouvrage littéraire en « belle langue » donc.

Puis on fait un tour aux Tagaras un quartier détruit par les français quand ils sont partis (ils ont tout pété) c’est en haut de la casbah, on a pris plein de photos  et on est allés faire un tour à l’Aurassi : de la terrasse on peut boire un coup en voyant tout Alger c’est superbe. En plus l’Hôtel est très James Bond c’est marrant. Je crois que c’est le truc à droite de la photo.

Voici l’intérieur

les ascenseurs                                                   wa!  et la vue de la terrasse

Et Rachid devait un peu aller bosser alors je suis allée avec lui chez Dalimen éditions. J’ai rencontré Dalila, sa boss, qui est très chouette et qui entrevoit une possibilité d’utiliser la darija en bandes dessinées. Il n’y a que Noun qui fait tout en arabe -maghrébin- en existe-t-il d’autres ? Il y en a déjà des mélanges de langues dans ce qui existe déjà, chez tous les dessinateurs algériens, Slim, Aïder, Haroun, le Hic,  Gyps, Dahmani, Dilem, -et j’en oublie- utilisent des expressions en darija. Bref il faut venir au FIBDA, le festival de BD d’Alger. Puis elle me cause d’Obama (!!!)  à qui elle a serré la main je ne sais plus dans quel cadre. Je lui ai aussi serré la main, alors hein, si A+B=AB…

Mardi 11/5/10

J’ai rencontré Bachir Mefti de l’association el Ikhtilef (la différence). Ils éditent surtout en arabe et en français.On a rendez vous à la grande poste et on va dans un café  à côté -rue ben H’midi-Il est là avec un pote écrivain francophone, Abd el Krim Chellal. Les deux m’expliquent que ce n’est pas possible d’utiliser la langue dialectale pour écrire, ils auraient l’impression de dire des gros mots.

on boit de la hamoud et ben laden menace le mondial

Je dis « oui mais quand ta mère t’as parlé quand t’étais enfant en arabe, elle t’a pas dit de gros mots ? » Je note leurs réticences et leur adoration de la langue des lettres (français ou arabe littéraire) et je bois mon Hamoud  -de loin la meilleure limonade du bled- Donc pour eux c’est impensable d’écrire en dialecte, l’algérien c’est pour la rue.(j’avais pourtant pas l’impression que mes voisins « les arabes »* passent leur temps à s’insulter).

*c’est juste du politiquement pas correct pour aller plus vite. Puis on est rentrés se faire une bonne bouffe « bukhat  et cherchuka », avec du vin Koutoubia (qui envoie). Il vient de la région d’Oran, je comprends mieux pourquoi le Raï.

Mercredi 12/5/10

Rachid va m’emmener voir Selma de Barzakh éditions. La maison (grande) qui appartient aux éditeurs est dans Hydra, une banlieue pas abordable.(l’équivalent du Vésinet-le Pecq -Châtou). Le rez de chaussée de la maison sert à travailler. C’est donc là que j’ai rendez-vous. Selma m’explique qu’il y a des résistances pour écrire en maghrébin.(j’ai vu, oui) Elle est très chouette, me file un tas de bouquins et m’explique qu’une sœur -y’a encore des écoles chrétiennes en algérie?- a fait un ouvrage didactique en « vieux » maghrébin littéraire genre Chââbi, et c’est un petit Prince de St Saint-Exupéry. Sigh !-tu vas pas me dire qu’en littérature jeunesses y’a pas plus récent? . En plus, il semble que finalement ça se vend pas très bien, les gosses ne reconnaissent pas leur langue.Puis, c’est une journée remplie, on redescend à Bab el oued, où j’ai rendez vous  avec Rachid Mokhtari, un ancien collègue de Rachid et Yasmina, quand ils bossaient à Liberté.Il est très intéressant, il a été linguiste et me recommande de lire Abdou Elimam, qui est très revendicatif et pour l’utilisation du Darija (arabe maghrébin). J’ai trouvé le bouquin à la librairie du tiers Monde.(y a que des mecs sur la photo)

Puis on est allés au Makam (l’espèce de mall sous le monument canadien) qui est vide depuis les « événements ». Y’a plein de boutiques mais pas grand monde.

un café vide

Et pendant que Rachid bossait,  j’ai fait des courses à Messoniers, c’est les puces en neuf et pas cher. C’est la fête du foot, juste avant la coupe du monded’Afrique.On voit dans le quartier, des superbes bâtiments que les colons s’étaient fait construire. (ah ben ouais, ça a du les faire chier de laisser ça).

on dirait la louisiane

Je suis aussi retournée voir la  maison de Karim qui nous avait hébergé en Juillet 93, ça n’a pas changé.

on était comme des reines dans un de ces apparts

Naturellement, je me suis fait brancher par un gars qui est linguiste connait 5 langues et va m’apprendre l’Histoire du Maghreb. (Stora fait ça mieux que toi je pense) Il a redescendu tout Didouche -qui n’était pas sa direction initiale- avec moi. Heureusement en bas y’avait Rachid à la grande Poste.                                 Je mets aussi une photo de la boîte aux lettres, même si c’est la photo de tous les touristes. et là c’est le plafond de la poste.

Puis on est allés chez les parents de Rachid incruster pour manger des choses très bonnes -comme d’habitude- et Oh ! Une bouteille en verre de selecto a explosé, c’est dangereux le selecto ! et Karim m’a montré plein de vielles photos d’Alger. Mais ça n’a pas tellement changé.

Je n’ai pas pris le cimetière El kettar en photo pourtant ça vaut le coup. Mais à la place j’en ai quelques une en vrac .

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Alger juillet 93

La Gaouria à Alger 1

C’est des extraits de mon cahier tel qu’il a été écrit en 93. J’avais 23 ans, j’étais avec ma copine Flox, voici ce que j’avais noté :

Y’a quelques dessins de Flox que j’ai scanné, et des notes en petit pour aider la compréhension.

Rachid est mon pote en France. Au dernier moment -on avait déjà les billets- alors qu’on devait aller chez lui, il a fallu trouver un plan B car il voyage dans les Pyrénées…doit y avoir une fille.

On est arrivées lundi en avion.

On a attendu une heure au passeport et encore une demie heure aux bagages.

Après on a cherché Karim. On va être chez lui, Redha nous a dépanné chez son pote Ka

voici ce qu'on voit de la terrasse chez les parents de Karim

rim,  vu que Rachid devait venir mais a un autre truc à faire en France.

Il y avait des résidus de colons, barbe en collier, costume et canne à pommeau d’argent.Des flics partout et des nanas qui criaient. C’est deux potes de Karim qui viennent car Karim travaille. Mimo et Smaïl nous laissent nous installer, et ensuite ils viennent nous chercher pour aller bouffer dans un resto à l’est d’Alger avec Karim.

On dirait le self de la biblio de Beaubourg en mieux :  y’a un petit port de pêche, des maisons comme au Mexique (comme dans Lucky Luke) on a mangé des crevettes en sauce, du merlan frit, et des rougets grillés. ! Drôlement frais, vachement bons.

Mimo et Smail nous ont invitées en plus ! ensuite fallait rentrer avant le couvre-feu. Les barrages sont impressionnants : faut ralentir, lever la main droite, allumer la petite lampe sous le rétro, passer dans la chicane. Avec des mecs armés jusqu’aux dents, qui ont la trouille, ils rigolent pas, faut pas déconner  sinon y tirent dans le tas.

Mardi

Le lendemain, on se lève un peu tard, et on cherche un plan d’Alger, ce qui n’est pas une mince affaire. On voulait changer du fric, se ballader, on a tourné pas mal en rond avant de se retrouver.

On a fini par trouver une carte  et on est allées tremper nos pieds à la plage sous Bab el oued.

la plage où on ne se baigne pas

C’est complètement à l’autre bout, mais pas de problème, il fait 38 degrès, pas de problème…on tombe sur la plage un peu cracra, y’avait deux ivrognes, 3 paumés, et un gosse qui est venu nous dire « faut pas rester là, vous êtes sur une plage qui craint ». On a dit OK et est reparties ; en plus, on pouvait pas se baigner, y’avait une espèce de terrain vague, et des rouleaux  terrifiants sur une pente assez raide. Et trente mecs un peu louches qui avaient un regard de hyène affamée.

Alors on a voulu traverser la casbah mais  on s’est gouré, ça tombait bien, on nous a dit plus tard que « si t’habites pas la casbah, tout seul, tu te fais dépouiller. »

Ensuite on avait rencart avec Karim fallait rentrer, on est repassées par la place Abd el Kader et par la grande Poste. Mais entre temps on avait acheté des babouches, ce qui est une très mauvaise idée pour se balader. Au début on trouvait ça confortable, mais ça fait très vite des ampoules et on avait l’air plouc, personne ne met de babouches pour marcher car tout le monde sait que ça fait mal aux pieds.

Puis Karim nous a proposé d’aller au diner à l’ambassade (c’était le 13 juillet).

On s’est donc retrouvées dans les jardins de l’ambassade de France avec des vieux et des jeunes coopés qui regrettaient le temps de l’Algérie Française. Normal, c’est très beau ici, on dirait la côte d’Azur sans le béton. Pleins de gens déguisés en 16 arrondissement avec des gosses à noms composés, qui  tiennent des conversations à mourir de rire -ou d’ennui- et se jettent sur le buffet composé essentiellement de jambon et de vin, de fromages et de pain de seigle, qu’on ne peut pas trouver ici -si c’est pas de la provoc-.

depuis les jardins de l'ambassade

Nous avec Karim et ses potes on a pris une assiette et on est allés dans la pelouse…

A la fin de la petite sauterie, les poufiasses nostalgiques des colonies ont raflé tout ce qu’il restait dans de l’alu, et se sont fait raccompagner, et nous on est allés au bal (façon bal d’assas ou de polytechnique) avec des gars fringués 16èmeet des nénettes ultra snobs et à la mode.(Flox et moi on ne correspond pas aux codes). Bon, on a bu des coups alors et on a attendu que ça se passe, Flox est passé à la phase provoc, et moi à la phase dodo sur un muret. Il fallait attendre la fin du couvre-feu

leplan qu on a trouvé au bout d'une semaine

pour que Lamia nous ramène.(je craignais plus pour ma vie en voiture avec Lamia que si j’avais du rentrer à pied dans le couvre feu.)

Vrac

Les gars qui tiennent les murs dehors sont vraiment curieux : Ils nous disent des fois des trucs très gentils, et des fois juste kss kss, mais par contre dès que tu sors, c’est parti « kss kss, bellissima, je suis amoureux… » ou bien une tirade en italien, c’est un peu fatigant à la longue.  ! On a bien essayé de parler russe –enfin moi je bredouillais Da Da- mais ça ne les empêche pas de conclure régulièrement par « Salope ». Et une fois on est tombées sur un gars qui parlait vachement bien russe.

très explicite

Une fois c’était plus lourd encore que d’habitude, alors Flox a fait un bras d’honneur pour signifier qu’elle en avait marre. Le gars s’est fâché et nous a couru après, jusque la maison de Karim chez qui on squatte. Bref , courir en santiags (Flox) et babouches (moi) c’est pas très simple, mais je crois qu’on a battus un record de vitesse pour remonter Didouche. (toutes les rues montent à Alger)

A Alger on peut conduire à 5 ou 6 sur une trois voies. La distance de sécurité n’existe pas, et les gens arrivent toujours à freiner à 5 millimètres des autres voitures.

Mercredi

La famille Mahfouf nous a emmené à la plage :

Karim a dormi j’ai ramassé des coquillages avec M. Mahfouf. Les plages sont bien plus grandes qu’à notre côte d’Azur,et l’eau est plus claire. Y’avait bien un ou deux pots de colle, mais ça allait relativement grâce aux parents.(moi j’aime beaucoup papa Mahfouf, il est kabyle, ça doit aider).

Y’a un hélico militaire qui a survolé la plage, très bas avec des mecs armés et debout dedans, ça fait peur, ça fait un peu Vietnam.* On est rentrées en voiture, (c’est dangereux ici y a pas de priorité à droite par exemple, et pas de marques au sol quand y’en a tout le monde s’en fout) pour aller chez Mimo où y’avait plein de monde, Smaïl, Yacine, et la pote de Karim Djewida drôlement chouette très discrète, Anissa la sœur de Mimo et sa cousine, qui riaient tout le temps. On a super bien mangé des trucs au barbecue, de la salade, du riz, du pain et de la citronnade avec des citrons du jardin.C’est une chouette maison ici, on voit la moitié ouest de la baie d’Alger.

*j’ai été élevée au Larzac, au milieu des babas

Jeudi

Il est question qu’on aille en Kabylie, mais il paraît qu’il y a des risques. On va voir. Ah oui finalement on va à Azur Plage avec Yacine et Mimo Anissa Chem et Lamia.(pourvu que je tombe pas dans la  caisse de Lamia). Ce soir on mange chez les Menaa.(les parents de Reda que j adore mais qui est en France aussi…)

Flox dit bonjour au chien de Mimo...tema les tiags...

Vendredi

Alors on a mangé chez les parents de Redha hier soir qui sont très cool. Bon ça craint un peu, y’a des barbelés autour du jardin, et c’était tendu au moment du retour speed avant le couvre feu. Sinon, c’est super ici, les frères de Redha sont très très bien élevés et font ce que dit la maman. Medhi ressemble terriblement à Redha. La même tête.

Pour la petite histoire j’ai cru voir Redha alors que c’était Medhi dans le tunnel du centre d’Alger sur le trottoir -j’étais sur le point de l’engueuler de pas nous avoir prévenues d’être arrivé-.

Samedi

Là, on a fait du ménage et la chasse aux cafards –j’en ai jamais vu des comme ça, ils volent- enfin, un génocide on a fait. Après sous une chaleur d’enfer on est montées au musée du Bardo fermé finalement, -ben oui c’est samedi- alors on a voulu aller à la maison du peuple fermée au public, et on a pas trouvé le musée de l’artisanat. Pis comme il faisait vraiment très chaud, on a abandonné l’idée d’aller au musée d’archéologie. Bon, du coup on a acheté une pizza -avec une ristourne- à M.Mounir qui est gentil et ne nous a pas branché comme d’autres d’habitude sur nos yeux nos formes nos papiers… On va chercher tout à l’heure Anissa qui doit nous aider à louer une caisse pour aller deux jours en Kabylie .

Hier on est allées chez Lamia avec Karim pour bouffer des spaghettis et du corned beef qui a rendu Flox malade. On a dormi dans la grande maison de Lamia (ça fait douze fois mon appart rue Léon) avec les trois chats les deux chiens. Ce matin dimanche, ils étaient à la bourre au boulot alors ils nous ont largué dans Alger centre, on est rentrées attendre le coup de fil de Rabi3a –la sœur de Rachid- et là ma parole on a speedé comme des fous !

Hop le musée du Bardo, c’est une maison de prince sultan, ou un truc comme ça avec une cour carrée, pleine de mosaïques joliettes, un hamam, une salle d’armes, et des objets du néo ou paléo lithique, bref des silex, des bijoux des poteries et un squelette de femme presque entièrement conservé dans les dunes du Sud.

Hop le musée antique : deux trois machins romains, quelques mosaïques incomplètes,une fontaine et des sculptures comme au Louvre, super bien.

Et la rue Didouche et le parc qui tombe dedans, ses commerces, ses cafés…

Ah oui dans tout ça, le corned beef a fait un effet d’enfer à Flox qui a pas arrêté de gerber. Et moi non plus j’étais pas trop d’attaque avec Marcello qui fait des siennes.* (Il doit sentir qu’il en a plus pour longtemps)

Après ça on en avait pas assez, alors on est allées en taxi à l’est au monument des martyrs où il y a le complexe canadien qui fait la gloire d’Alger, avec trois feuilles de palmier vers le ciel. On ne peut pas monter, des militaires en arme interdisent l’accès. Y’a un super point de vue tout autour, et on est descendues en téléphérique jusqu’au jardin d’essai très beau. Puis Rabi3a nous a emmené à un chouette marché acheter des fruits, et on a goûté chez ses parents qui sont aussi ceux de Rachid -très adorables-.

*Marcello est l’embryon de trois semaines que je trimballe et dont je me dois m’occuper en rentrant d’Alger

Lundi

On a pris le bus pour aller à Tipaza à la gare routière. On était les seules touristes.Tellement c’est beau  et tellement on a fait des photos et on a traîné à la pêcherie à côté du site, on a raté le bus pour rentrer… il a fallu rentrer en stop avec deux gros nazes pas très sympathiques qui nous ont ramené à Alger quand même -Flox a été très autoritaire- bien que je pense que ce n’était pas exactement dans leurs projets de départ.(et je n’avais qu’un pauvre opinel pour nous défendre).

Bref on est arrivées à la bourre à 20h, alors qu’on devait retrouver Karim et Mimo pour aller au resto avec la clique de l’ambassade.-GRR- Je me suis retrouvée coincée entre le chinois et le chaoui, le chinois on dirait un élève de langue zo bien élevé qui sera ambassadeur plus tard, quant au chaoui, c’est un branleur à GTI qui cause que de bagnole et qui va en boîte le samedi. yeah. en plus c’était 800 dinars de la bouffe pas terrible, ! et la belle grande gueule de chaoui a oublié de payer tellement il était pressé. Je suis aigrie.

Mardi

On a MTVé et Blueberryé. On est sauvées, merci Karim pour toutes ces bédés. On range un peu et on a RV avec Rabi3a (la soeurette de Rachid mon pote qui est aux Pyrénées) il faut encore aller à l’Hôtel Djazaïr, trouver des cadeaux exotiques –et ici ils s’en foutent de l’exotisme- et faut speeder pasqu’à 17h30 Mimo et Smaïl passent nous chercher pour aller avec nous à la Casbah, -où on nous a dit de pas aller toutes seules, mais je crois bien que quand on s’est un peu paumées, c’est exactement là où on est allées.

Youpi ! et demain on va à Tizi Ouzou voir un peu la Kabylie.

Le soir Cet après midi, on a fait la rue Didouche dans tous les sens et on a mangé du très bon poisson à la pêcherie en contrebas de la mosquée vers la Grande Poste.Puis on est allées voir Docteur Menaa (la maman de Redha  -sigh-) pour la gerbouille de Flox. Elle nous a filé un café et dit que Caretta et Tapie c’est pas des salauds.(on était pas d’accord mais on est bien élevées pis c’est la maman de Redha). Mimo est passé nous chercher avec un fourgon loué (je sais pas comment y fait moi y z’ont pas voulu me louer de voiture) ah oui, ici tu veux louer une voiture dans une boite de location de voitures c’est pas possible, si tu veux un Nuts,  y’a que les emballages…bon on va aller au marché noir alors…les taxis vides prennent personne, les flics ne savent pas renseigner, les marchands de cartes ne vendent pas de cartes d’Alger…donc avec Mimo la débrouille, et Farid son pote on est allées en reportage photo à la casbah. Il a du dire au mec « tu fais visiter ta maison aux gaourias, là ? »

On dirait la Croix Rousse de Lyon en plus moyenâgeux et en plus pauvre aussi…avec Mimo qui a parlé avec des jeunes, on a pu accéder à une terrasse où deux vieilles femmes accueillantes et un tas de gosses gambadaient.

On pouvait photographier. Mais bon après t’as un peu honte, ça fait « les occidentales pleines de fric qui viennent visiter en aventure ». Cela dit, on y retourne demain pour voir un musée « casbah typique » et peut être celui des arts traditionnels.

Puis Mimo nous a emmené à son club de tennis, où on a mangé de bonnes brochettes et de bonnes frites, et de la bière d’Algérie –bof-.puis on est rentrées et Flox a décoré mon cahier, on regarde d’une oreille Lee Van Cleef s’agiter dans un western à cent balles.

Mercredi

Je suis allée à l’Hôtel Djazaïr toute seule, prendre des photos.

entrée de l'hôtel

Les occidentaux viennent à l’aventure pour signer des papiers dans les hôtels de luxe, dans des fauteuils de cheikh, en buvant du thé à la menthe au jardin hyper entretenu. Puis, je suis passée prendre Flox qui dormait pour aller au musée des arts de la tradition, enfin, comme dans une maison de prince charmant avec harems, favorites –comme j’aurais pu faire-, cour interne des tas de mosaïques, des portes sculptées, des trucs arabes quoi…après quoi on devait aller à la mer, mais Karim nous a encore trainées dans une soirée chiante avec militaires et diplomates cons –je rappelle qu’avec le couvre-feu, on peut pas se barrer quand y’en a marre- Heureusement y’avait de la bonne bouffe…et alors y’avait ce pôv’ JM qui est un sale copé BNS là, (maît’ nageur, je peux pas les blairer) qui est con comme les jeunes pistonnés de l’armée qui peuvent passer une année de glande au consulat, là, et qui trouve que « chez les arabes c’est sale quand même ».

Et ils se rassemblent avec les français, et les seuls contacts qu’ils ont au bled, c’est des gens du consulat, des bi-nationaux, ou des tchis-tchis. Tant pis pour eux, ils risquent pas de connaitre un Mimo, ou une Djewida…

Jeudi

On est allées en taxi à la plage au « club des pins ». Le taxi nous a -à mon avis- arnaqué : ça affichait 95,5 mais on a payé 200 dinars…oui on s’en fout c’est rien quand même.

Vendredi                                                                                                                                                               On a repris l’avion pour Marseille.

Nos parents étaient soulagés qu’on se soit bien marrées.

On est jamais allées en Kabylie y’avait déjà des faux barrages et des histoires sordides d’énervés qui zigouillaient tous les passagers d’une voiture.

A l’heure où je scanne ce petit cahier, je me dis qu’on a jamais repris contact avec Mimo, ni Karim qui nous a hébergé. Ben heureusement qu’ils étaient là.                                Merci Mimo Merci Karim. et merci à tous les autres qui ont été vraiment sympas avec nous à un moment où l’Algérie, c’était pas facile pour les Algériens.

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Metal

Ouais ! je vais voir Motorhead j’ai 17 ans.

Finalement y’a pas Black Sabbath. Moi jm’en fous je voulais voir Lemmy.

et là j ai vu Trust à leur ? 1ère reformation à Charleville dans une salle pas trop grande. Ils ont joué deux heures.

C’est à cette fête d’Arlette que je vais rencontrer les gars d’Evil Power.  Surtout Eric le guitariste de l’époque. C’est LE groupe montant qui deviendra No Return.

Ils écoutent NTM, moi, je trouve ça bidon, mais à force de boire des bières finalement c’est pas si mal. Finalement c’est bien même.

Là je suis à la fête d'Arlette avec mes potes de Persan -Kris Duck Francis et Vince Neil-

Maiden début de la fin, Malmsteen, bon ben y fait de la guitare...

 

Là,  je voulais voir Anthrax, Suicidal bon, j’aime pas trop Mike Muir sauf dans Infectious Grooves.(c’est toujours super bien)

On voulait voir Scott Ian

 

 

 

 

 

 

Parabellum c’est toujours bien, on s’ennuie jamais, c’est tellement bien qu’on y retourne, mais par contre dans la fosse avec GBH c’est du sport. Les gens s’escaladaient en faisant des prises avec les cheveux ou les trous de nez des autres.

Nuclear Assault, ah!  c’est ce qu’on voulait, Candlemass c’est carrément chiant c’est du doom lent lourd, -il faut sauter comme Ozzy- c’est pas l’idée que je me faisais du suédois…on attendait sagement Nuclear alors…

Manowar super macho show, avec le roulage de pelle à une pauvre fille du premier rang, (euhark) là j’attendais le rouquin celtique de Sabbat, qui fait  des odes médiévales à la guitare sèche…pis Loudblast pour faire vive la France.

Coroner c’était super, ils ont joué longtemps Running wild un peu heavy metal…je m’en rappelle plus bien

 

Un mec que j’aimais bien m’avait convaincue d’aller voir le phénomène Jeff Healey, qui fait du Blues sans ses yeux ; il est aveugle c’est pour ça qu’il joue assis. Oui bon c’est pas mal…finalement le mec s’est barré avec une nana perchée sur 1.50 de jambes (c’est presque ma taille).

Alors vive la France là : y a les Bérus qui ont joué des heures avec tout un tas de gars sur scène c’était super  !!!! Et Patrick Rondat le Satriani français j’avais rencontré Pascal Mulot (Rondat’s basse) pour d’éventuels cours de basse, mais il fallait lire la musique, ah bon? même pour faire du rock? Roooh.

Y’avait aussi Squealer, (les Accept français).Ahahah!  Fuck da police and…shut up. Un refrain drôlement anglais.

Le voilà le Satriani, c’était pour la sortie de Surfing with the Alien, c’était exactement  le disque.Vraiment sans surprise, j’étais déçue, surtout, par contre Vaï en concert il fait plein de trucs différents.

Pretty Maids c’était vraiment pour faire plaisir à ma coloc…Et Whitesnake, sigh, c’était à l’époque de Vaï mais même Vaï n’a pas pu sauver le concert, ça a été une soupe à la Bon Jovi ; en plus c’était à l’hippodrome de Vincennes, super loin du métro, pis on s’est paumé dans le bois de Vincennes avec les putes.

On a re Parabellum toujours aussi bien, Motorhead un bon concert, et Megadeth, super son là. -contrairement au Clash of Titans où le son passait juste  à droite-

en plus j’ai hérité – de la sueur du front de Mustaine, (ou ! de la bave) vois la photo comme il est  près

 

 

 

 

 

 

 

-et du mediator du bassiste de 17 piges Dave Elefson (comment ça se fait que c’était pas moi à sa place?)

Voilà Re Motorhead, toujours aussi bien, par contre Evry ça fait chier. On a failli rater le RER.

 

 

Clash of titans : y’avait un son pourri, ils ont fait la balance pendant le concert.

C’est là que Megadeth a joué avec un son que » à droite » tant pis pour ceux qui étaient à gauche. Y’a que Slayer qui a eu un son à peu près correct…les solos de Kerry King passaient très bien, avec un impeccable son. Mais on aurait bien voulu entendre Testament.

AC/DC c’est du classique, mais on ne s’ennuie jamais : il se passe toujours un truc, ça les fait rigoler de jouer, ils sont toujours à fond. pis on a eu des billets de banque AC/DC, y a eu des feux d’artifice et tout.

Et enfin, y a eu tous les concerts idiots du Gibus…

j’ai des détails dans Life is rock.

Y’en a eu plein d’autres dont je ne sais pas où sont les places, et puis elles étaient devenues moches, y’avait plus de dessins ou de pochettes d’albums.

 

peut être que des fils du métal qui vont lire ça ont les mêmes souvenirs…

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Life is life

A la Boucherie Hallal
Quand ils ont « réhabilité le quartier » c’est-à-dire cassé le toit des anciennes arcades et (mal) mis du
goudron sur le trottoir, nos élus démagos ont rajouté une boucherie hallal et un boulanger (hallal aussi?)
en plus de ceux qui s’étaient installés sur le boulevard.
Le boulanger fait du pain très bien (un rebeu de Clichy marrant), le boucher fait de la viande très bonne.
(ceux de la rue d’Avron la font venir de Pologne, d’après les potins de ménagères).
Le proprio, c’est un Juif égyptien qui a employé un algérien sympa. Un peu épais le gars : « t’aurais pas
une cousine à marier ? parce si elle te ressemble… » mais vraiment gentil.
Il sait couper la bidoche, il rajoute les os sans les peser, il te file la menthe le persil la coriandre gratos.
Bref on peut boire des coups avec ces gars là, ils sont très gentils.

Mais voilà que l’épais algérien gentil a tapé sur le système de l’égyptien et il est parti.
Et là, l’égyptien a recruté un marocain fondamentaliste, pas très marrant et nul en coupage de viande.
Déjà, y a des bouts d’os dans le pot au feu, il dégraisse pas le veau, en plus il a bricolé la boutique :
là c’est le bled, comme chez les autres barbus de la rue d’Avron, des boites à sous « pour la
construction du centre culturel musulman de Noisy le Sec » ont fait leur apparition, la viande est en
vrac, avec des tripes et du mouton surtout, les trucs d’épicerie orientale ont disparu au profit d’infâmes
boissons genre Mekka Cola.
Jusque là, je me motivais sur la qualité de la viande, mais l’autre jour j’arrive vers trois heures, la
boucherie était fermée et un écriteau indiquait que la réouverture aurait lieu après la prière.(inch
allahahah)
Excès de vertu pour convaincre les acheteurs potentiels ? pas moi en tous cas.
J’y vais plus.

Devinette simple
A l’ancienne école de Dimitri -porte de Montreuil-, les enfants s’appellent
Ibrahima Koulou Kandura Aïmen Wendy Yanis Sofiane Steven Camille Tidiane Cheikh Tommy et
Kenny (les jumeaux)

A la nouvelle école de Dimitri – en face de Beaubourg-, les enfants s’appellent.
Eléonoe Ethan Romaine Matisse Antonia Honoré Célestine Agathe Victor Adèle Suzanne Thimothéo
Amance Louis Gaspard Jules Aliosha
Ce sont deux écoles municipales de la république…y’en a une qui a plein d’argent et l’autre qui n’a rien
du tout, laquelle est laquelle?.

Artistes

Lilianne Bellembert et Odile Jacquot (elles l’ont signé) ont décoré pour le bicentenaire de la révolution
française la station de métro Bastille, ligne 1. Je me demande sur quels critères elles ont enlevé le
marché en 1989 et si c’est avec la Ratp ou la ville de Paris, en tous cas le résultat est édifiant.
C’est une fresque peinte sur des carreaux de faïence avec des reliefs parfois. Tous les personnages ont
une sale gueule tordue et il manque des bouts du puzzle : y a un gars sans ventre, on voit le haut de
son corps et sa tête, un blanc et des bas de jambes. En tous cas c’est pas très représentatif de ce que
je m’imagine de la prise de la Bastille.

G-Roeland-

En revenant de chez mes cousins de Vitry (le François) je repasse en train à côté du prieuré de
Châtillon sur Marne.
J’y ai passé les quinze jours les plus longs de ma vie.
Pour un séjour linguistique Roeland (c’est le nom) pour néerlandophones belges qui devaient apprendre
le français. Bref des presque-vacances dans les vignes de champagne, où je devais donner cinq heures
de cours de français par jour, à des ados, et où les animateurs nous relayaient pour faire des activités.
Une vraie cata : finalement, fallait encadrer les mômes même dans les animations les plus bidons,
finalement fallait les surveiller tout le temps, aux repas, aux chiottes, aux douches, pour leur interdire
de parler nederlands…et finalement les punir en conséquence : suppression de fêtes, de jeux qu’ils
affectionnaient particulièrement,et même de la boum de fin de colo…du flicage quoi.
Dans une vraie colo, en général, on prend en compte l’individu, on le respecte, on lui permet de faire
des petites conneries pas graves, qui lui feront des bons souvenirs.
C’est le pire boulot que j’ai fait, sans pause , on s’engluait dans le crétinisme deux semaines d’affilée.
Et on a fait tous les trucs de collectivité à l’ancienne, les plus cons du monde : faire un max de bruit
aux fins de repas en hurlant ou en tapant sur la table comme un demeuré, inventer une super chanson
sur le camp, comme « à châtillon c’est super bien », Pq fier les chambres des animateurs (des
monis disent les belges), et avoir un souffre douleur parmi les mômes que -presque- tous les adultes
ridiculisent en permanence…(en général il s’agit du petit gros un peu lourd qui sourit niaisement et qui
n’a pas d’amis) et finir par être désagréable avec lui en sa présence, parce bon, il est con alors on a le
droit de tout, jouer à Action-Vérité avec des questions intelligentes « as tu déjà eu envie de coucher
avec des gens du même sexe que toi? » (avec l’accent belge).
Bon on était quelques uns à éprouver un certain dégoût du fonctionnement bizarre, mais on était
en minorité. Le tout dans le prieuré de Châtillon de Don Bosco, qui sert de lycée privé et qui a servi
d’orphelinat dans les années 60.
Des dortoirs immenses de 1930, des salles de classe avec des plafonds très hauts, aussi une
chapelle,et des statues de curés partout dans le parc (don bosco en personne?) qui tripotent la tête des
petits enfants. Ça fait peur. Y’a pas d’éduc pop en Belgique?
……

ANPE non Pôle emploi

Un jour à l’anpe Boucicaut, un agent en costard m’a dit : Oh là là mais vous êtes tout en noir là, ça va pas du tout, il faut mettre des
couleurs si vous voulez qu’on vous embauche.
?
Puis il m’a proposé un super stage de relooking (comme à la télé où les gens
se font refaire le visage totalement et accompagner dans des boutiques
extravagantes). “Il s’agit d’un stage qui vous apprendra à vous mettre en valeur,à
vous vendre.” ajoute-t-il.
??

Un jour à l’anpe Ste croix de la Bretonnerie, une dame d’un certain âge pleure.
Je lui dis “ben Madame allez courage, faut y croire” et elle “ils m’ont radié
pendant mes vacances, je rentre j’ai plus rien ; comment je vais faire pour
acheter à manger maintenant ? Ils disent qu’ils peuvent me réintégrer dans deux
mois, deux mois? Et en attendant?”

Un jour à l’anpe Boucicaut, l’agentE me propose un énième stage à la con pour
savoir faire un CV.
Un jour on te dit de le faire chronologique, un jour, on te dit de surtout pas le faire
chronologique.
Un jour on te dit de mettre ça et ça en valeur, un jour on te dit “ah mais non faut
pas, faut pas” avec le ton de c’est très grave, y’a mort d’homme.
Alors là j’ai perdu patience : j’irai pas dans un stage de plus, vous pouvez me
radier mais j’irai pas.
Elle m’a pas radié, elle s’est mise à me parler doucement comme à une débile, et
elle a pris mon CV comme il était.

Un jour à l’anpe Stendhal un gars a craqué :
Il s’est mis à hurler comme un possédé “votre site il marche pas !!! alors on est
bien obligé de venir pour faire son actualisation, et vous me dites que c’est pas
possible. Alors vous me radiez c’est ça ???
Mais moi je veux la faire mon actualisation avec du papier s’il le faut ! Allez me
chercher le chef, y’a bien un chef ici? quoi? C’est vous le chef? Eh ben on dirait
pas !” ahah on a tous bien ri. Comme quoi des fois on rigole à l’anpe.

Un jour à l’accueil de l’anpe une fillette mal aimable (23 ans à tout casser) me
crie “ici on traite pas les dossiers d’ass ! C’est pas là qu’il faut venir, j’arrête pas
de le dire ! “
ah pardon et c’est où que faut aller ?
“z’avez qu’à regarder sur le site” celui qui marche pas?
Merci.

Un jour à l’anpe Philippe Auguste, j’ai fait un stage de “savoir faire un entretien”.
On est filmé en situation et faut “se vendre”.
Après, on visionne les vidéos.
Ca craint : on est tous un peu empruntés, certains se dévalorisent, “oh j’ai bossé
un petit peu dans une petite boite…” d’autres n’ont rien fait du tout mais en
parlent comme s’ils avaient accompli un exploit “j’étais vendeur à Darty, je veux
vendre des voitures de luxe en Amérique”.
Et on repart chez nous, beaucoup plus sûrs de nous.

L’anpe ne m’a pas beaucoup aidé à trouver un boulot, heureusemnt qu’il y’a les
indemnités sinon je suis pas sûre qu’on serait inscrits.

SQUARE

Sh’es fucked up

On la croise tout le temps. A traîner son air maussade, ses jambes fil de fer, sa
coupe prolo teinture de belle mère, son mal être et sa déprime affichés.
Elle et un môme, blondinet frêle de 5 ans, déjà limite psychotique, Thomas, qui ne
peut rien faire du tout sans son dragon de mère :
« eh thomas, tu joues ou quoi ? sinon on rentre » ils viennent d’arriver, elle a
immédiatement sorti un ballon et lui fait des passes sans rire comme un robot.
« Viens là je veux pas que tu joues si loin » Thomas est à 5 mètres.
« nan ramasse pas c’est sale, tu vas te salir » Thomas joue avec un bâton du
square.
Puis Thomas shoote en l’air et tente de se sauver pour aller jouer normalement avec
les autres gosses (indépendants depuis leur naissance).
Mais sa mère et sa détresse le rattrapent par la manche et lui ordonnent de ne pas
quitter leur maternelle « protection ».
Cette dame qui ne va vraiment pas fort, pourrit la vie de son gamin de jour en jour, et
chaque seconde d’amour étouffant répand insidieusement le poison de la déprime et
le contamine.
Accroche toi Thomas.

Handicapée !
Leila 6 ans, joue à chat avec ses copines.
Elle braille « ben alors tu m’attrappes ou quoi? Handicapée va! »
Mais à 5 mètres de là, une fillette trisomique est sur un fauteuil roulant.
Je ne sais pas comment ses parents ont pris ça.

Entre nous
Les juifs qui jouent à part
Il y a des petits enfants avec des chaussettes bien blanches, des jupes longues
plissées, des kippas et des bouclettes pour les gars qui jouent au bac à sable.
Ils sont rappelés à l’ordre dès qu’ils discutent ou jouent avec les autres gosses.
« Moshe reviens par ici, ce n’est pas ton seau! »

Un fou
Un jour un gars d’un mètre quatre vingt poursuit Valentin (huit ans) qui hurle et lui
jette des coups de seau -en plastique – sur la tête.
Il dit que Valentin a jeté une poignée de sable à sa toute petite fille de 3 ans.
Et quand je me lève pour le raisonner il menace de me taper dessus.
Heureusement il se casse en disant que c’est un square de merde.
Valente me demande « pourquoi tu l’as pas tapé maman, t’as fait du kung fu non? »

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